Romain Grosjean, le halo du courage

Le 29 novembre 2020, vingt Formule 1 attendent l’extinction des 5 feux rouges qui lancent la course dans la nuit de Bahreïn. La course est sans enjeux au classement des pilotes. Le titre est déjà joué depuis deux semaines. Et pourtant, ce soir-là, la plus belle victoire ne va pas se jouer en haut de la grille.

Romain Grosjean sait qu’il dispute ses dernières courses en F1. La veille, avec sa très modeste Haas, il n’a pas pu faire mieux que l’avant dernier temps. Alors pour son antépénultième course, avant de raccrocher son casque et sa combinaison ignifugée, il a l’ambition légitime de prendre du plaisir.

90 ans avant cette course, le 13 juin 1930, un jeune pilote de l’aéropostale, Henri Guillaumet entre dans son avion Potez 25 depuis Santiago du Chili. Il doit exécuter sa 92eme traversée de la Cordillère des Andes. Sa jeune fiancée suissesse l’attend.

Mais tout bascule après quelques heures de vol. Après avoir vainement tenté de se faufiler à travers la montagne par la voie habituelle, il constate que la météo l’oblige à atterrir. Mais, durant l’atterrissage, la neige qui s’accumule devant ses roues finit par bloquer son avion qui effectue un « pylône » et se retrouve tête en bas. Bloqué par la tempête de neige, il passe les deux premières nuits enveloppé dans son parachute, dans un abri qu’il a creusé dans la neige sous l’aile de son avion retourné. Puis, au matin du 3e jour, alors que le temps s’est calmé, il aperçoit dans le ciel un avion parti à sa recherche. Il tire une fusée de détresse mais l’avion continue sa route sans le voir. De dépit, il décide de partir à pied, après avoir inscrit sur la carlingue de son avion : « N’ayant pas été repéré, je pars vers l’Est. Adieu à tous, ma dernière pensée sera pour ma femme »

Les 5 feux rouges se sont éteints et les 20 monoplaces sont parties mais après quelques secondes, lancée à plus de 200 km/h, la monoplace du Français percutait de plein fouet un rail de sécurité. Sous la violence du choc, la voiture s’est coupée en deux et s’est enflammée. Pendant 28 secondes des milliers de téléspectateurs du monde entier ont les yeux rivés vers leur écran tentant de comprendre fébrilement ce que la réalisation internationale ne diffuse pas.

La violence est inouïe. Les images de Nicky Lauda qui brûle dans sa Ferrari au Nürburgring en 1976. L’accident est d’autant plus terrible que parmi les millions de téléspectateurs sidérés devant ce spectacle, il y a son épouse qui regarde la course avec ses enfants, ses beaux-parents. Une voix se fait entendre, celle de Julien Febreau, le journaliste commentateur de Canal Plus, et son inquiétude se mêle à la nôtre. Julien Febreau qui sait bien faire vivre les courses, qui donne rendez-vous au premier virage après avoir pris le soin de non recommander de monter le volume, doit composer avec ce qu’il sait, ce qu’il craint, ce qu’il espère et ce qu’il redoute. Il sait que l’épouse de Romain regarde, se doute que le fils aîné du pilote dont il est le parrain regarde les derniers exploits de son père sur une F1. Mais il sait que des milliers d’abonnés attendent de lui des explications.

« Après deux, trois, quatre jours de marche, on ne souhaite plus que le sommeil. Je le souhaitais. Mais je me disais : Ma femme, si elle croit que je vis, croit que je marche. Les camarades croient que je marche. Ils ont tous confiance en moi. Et je suis un salaud si je ne marche pas »

Après 60km de marche, Guillaumet est éreinté. Le froid lacère sa peau. Il est à bout. Et lui vient une réflexion sur sa survie. Doit-il abdiquer ? Doit-il dormir au risque de ne pas se réveiller. Mais il se fait violence : « Après deux, trois, quatre jours de marche, on ne souhaite plus que le sommeil. Je le souhaitais. Mais je me disais : Ma femme, si elle croit que je vis, croit que je marche. Les camarades croient que je marche. Ils ont tous confiance en moi. Et je suis un salaud si je ne marche pas. »

Et il marche, mais la lucidité lui faisant défaut, il se trompe de direction. Son périple qui aurait pu ne durer qu’un jour et demie va durer finalement 5 jours de plus. Il sera secouru par des villageois et quand Saint Exupery viendra le chercher il dira à l’auteur du Petit Prince « Ce que j’ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait ». Son amour pour sa femme.

Romain et Marion Grosjean racontent ce sauvetage dans leur livre « La mort en face » (City). Lui aussi ce qui l’a sauvé c’est la pensée de ses enfants pour qui il devait s’extraire de ce qu’il reste de son habitacle. Il est sauvé par le halo, cet arceau en titane placé dans la ligne de mire du pilote qui le protège en cas de retournement ou de chevauchement comme on a pu le voir à Monza cette année. Le halo, Romain Grosjean était plutôt contre quand il a été imposé par la FIA après l’accident qui coûtera la vie à Jules Bianchi, mais il sait aujourd’hui combien il lui doit la vie. Jules Bianchi a quelque part épargné la vie de Romain Grosjean.

Finalement ce qui réunit ces deux êtres d’exception c’est le courage de vivre quand la mort se fait inéluctablement proche. Le refus de céder, la grâce de se battre. Dans un sport où le risque est accepté, les choix de trajectoire engage sa propre vie, l’histoire de Romain Grosjean est une leçon qui montre que la vie, comme dirait Mère Teresa, est un combat auquel il faut faire face.

Dans les coulisses de « Questions pour un champion »

Ce 1er décembre 2020, comme chaque après-midi depuis 33 ans, Questions pour un Champion était sur France 3. La différence ? Je faisais partie des candidats !

La sélection

Pour participer à Questions pour un champion, un passage obligé : la sélection. Ce qui m’a conduit sur ce plateau ? Un soupçon de curiosité, un goût pour le défi, et aussi de rendre hommage à ma grand-mère maternelle qui regarde maintenant QPUC avec les anges. Mais le chemin vers le buzzer commence par un passage obligé : le formulaire d’inscription

Quelques semaines plus tard, me voilà dans cette grande salle du 15ème arrondissement de Paris muni d’un stylo et d’un sous-main rigide afin de répondre confortablement. En attendant, j’ai jeté un regard circulaire sur les autres candidats. Certains avaient déjà joué et gagné. La sélection s’annonçait relevée… 

On nous appelle à entrer dans la salle d’examen, un souvenir de baccalauréat se rappelle à moi. Interrogation orale : l’examinateur nous a posé une série de questions de culture générale, à laquelle nous répondons sur une feuille. A l’issue de l’exercice, c’est au tour de notre voisin de gauche de corriger notre copie, pendant que l’animateur donne les bonnes réponses. Ceux qui n’ont pas obtenu le score suffisant partent. Nous partîmes cent, mais par le prompt renfort d’un deuxième questionnaire, nous nous vîmes trente en arrivant au port.  À ma grande surprise, me voilà à l’étape suivante. J’étais bien embarqué et heureux que ma mémoire vienne à ma rescousse. Un peu comme Jean Le Cam.

Casting face caméra : nous nous présentons, disons pourquoi nous voulons jouer, quelles sont nos passions. Une fois cet exercice fait, nous pouvons prendre congé des lieux et l’on nous dit qu’on nous recontactera.

J’ai été rappelé quelques mois plus tard. J’étais sélectionné pour participer au jeu ! C’est parti.

Le tournage

Originellement, je devais enregistrer le 30 mars 2020, mais le Covid a mis le monde à l’arrêt, et les jeux TV n’ont pas fait exception. L’émission est tournée dans un immense studio de France Télévision à Saint-Cloud (92) où d’autres jeux sont également tournés comme Slam, Personne n’y avait pensé !, et donc Questions pour un champion.
Mesures de distanciation obligent : nous avions chacun une loge ! En ce qui me concerne, plutôt grande, avec un canapé très confortable. Un écran nous permet de suivre les émissions tournées avant de passer. Six émissions par jour de tournage : un rythme très soutenu, permis par l’équipe qui fait tout pour nous mettre à l’aise et s’adapte aux conditions sanitaires pour nous fournir un accueil chaleureux.  

Mon passage était programmé dans la dernière émission. Pour participer donc au 9512e épisode de Questions pour un champion.

Un petit tour au maquillage, un passage chez le coiffeur, un point stylisme pour décider de la tenue qui correspondra bien au plateau. C’est tout cela une émission de télévision. Un animateur mis dans la lumière par plusieurs techniciens dans l’ombre. Je tiens ici à les remercier pour leur travail et leur grande gentillesse.

Dans l’antichambre…

Je regarde l’émission avant moi. Le candidat va jouer pour la cagnotte. Il a écrasé la concurrence et perd au face à face contre Alain, le premier vainqueur de la cagnotte de l’histoire du jeu en France. On vient me chercher pour que j’aille en plateau. C’est le moment. Impossible de faire machine arrière. Nous descendons un escalier, traversons un immense couloir et arrivons sur le plateau. Un ingénieur du son vient installer les micros, quelques essais et le chef d’édition nous délivre ses ultimes conseils. Entre autres : prenez du plaisir, et osez pour n’avoir aucun regret plus tard.Nous pouvons essayer le fameux buzzer qui confère le droit de pouvoir répondre s’il est déclenché avant les autres candidats, bien évidemment.

Samuel Etienne, « le marathonien du PAF »

Samuel Etienne vient nous saluer brièvement et nous discutons de la partie qui vient de se terminer. Tout de suite, il nous met à l’aise, glisse un petit mot et un encouragement pour chacun.

Nous sommes conduits hors du plateau. Les lumières s’éteignent. Le générique se lance. Alea Jacta Est.

Samuel Etienne m’a interrogé sur ma passion pour la prestidigitation et j’ai été content de parler de l’association Les magiciens du cœur avec laquelle, j’ai pu faire des spectacles de magie il y a quelques années. J’espère pouvoir en refaire, quand les conditions sanitaires le permettront.

Je suis admiratif de son énergie. Sa journée commence aux aurores et chaque matin, il poste une petite vidéo pour souhaiter un bon et lumineux anniversaire aux personnes nées ce jour-là accompagnées d’un petit éphéméride.

Il enchaîne comme anchorman de la matinale de France Info pendant presque 3h de directs et autant de préparation préalablement. Mon expérience de chroniqueur hebdomadaire me pousse au respect face à ce rythme. Puis 6 enregistrements de Questions pour un champion. Pour tenir, son secret c’est le sport. Il a déjà participé à une vingtaine de marathons et des trails.

Place au jeu !

Le jeu n’a pas duré très longtemps pour ce qui me concerne. J’étais face à de redoutables candidats. Ma stratégie était de tenter le tout pour le tout et de répondre le plus vite possible. C’est ce que je fais sur la première question, où je réponds vite et bien. Je ne voulais pas laisser les autres candidats respirer.

Le seul moment où j’étais leader du jeu. (capture d’écran)

Et puis les batailles de buzzer ont commencé, les mains sont devenues un poil plus moites et le trac un peu plus présent. Par exemple, incapable de me rappeler de Mitroglou, l’ancien avent-centre de l’Olympique de Marseille, alors que je suis mordu de foot… ces trois points envolés me coûteront très cher. Je me fais sortir sur une autre question de sport, concernant les couleurs des lignes sur une patinoire de hockey sur glace (qui sont bleues). Un petit cafouillage intervient et la candidate, ancienne championne tire bien son épingle du jeu et attend que je me trompe pour tenter une réponse… exacte. Chance ou savoir, il faut un peu de tout pour gagner et sa victoire est méritée.

Bravo Catherine !

Mon aventure à Questions pour un champion s’arrête donc là. Avec des regrets quand j’ai vu les questionnaires retenus pour le 4 à la suite et des questions sur Bob Marley. C’est le jeu. Un jeu tellement plus facile devant son écran qu’en situation.

Je repars avec une cagnotte de bons souvenirs, une montagne de chocolat et de pâte de fruits offert par un partenaire de l’émission, deux encyclopédies sur les plantes qui guérissent et un smartphone Android. J’espère pouvoir retenter ma chance si l’occasion se présente et ce jour-là ça va buzzer !

Les élus face au COVID19 – Épisode 2

Christophe Labrousse, maire, directeur d’école et militant du lien

« Je vais à la mairie tous les jours, même le dimanche, et lorsque je vais acheter mon pain ou que je me promène en voiture, il m’arrive toujours de rencontrer quelqu’un dans son jardin. Il y a quand même un lien qui se crée. »


Dans un pays qui doute en pleine pandémie, qui demeure dans le brouillard sur le déconfinement, qui attend des responsables politiques des réponses qu’ils ne sont pas forcément en mesure de pouvoir apporter, des personnalités se retroussent les manches pour aller de l’avant, écouter les drames petits et grands et imaginer demain. Christophe Labrousse a deux casquettes : Celle de maire délégué de la nouvelle commune de Melle (Deux-Sèvres) et celle de directeur de l’école privée Saint Dominique Savio qui vient en aide à des élèves en grand échec scolaire et auxquels l’éducation nationale n’a pas su apporter des réponses. Dans cette interview sans concession il revient sur son rôle de maire et de directeur de collège qui « donnent du sens à sa vie » et propose des conseils concrets aux parents démunis face a l’éducation de leurs enfants en temps de confinement.

Comment s’est opérée la prise de conscience par la population du danger de la pandémie ?
Au départ, pour beaucoup ce n’était qu’une histoire qui concernait la Chine ou les grandes villes. Et oui il y a eu quand même toutes les informations à la télévision que les gens ont beaucoup suivies et les interventions du président. À partir de là il y a eu une vraie prise de conscience. Il y a une solidarité qui s’est instaurée entre les habitants. Nous avons donc créé une chaîne avec les maraîchers pour que les gens puissent continuer à manger localement, une prise de conscience avec les grandes surfaces et aussi industrielle avec l’entreprise Solvay qui a décidé de fabriquer du gel hydro alcoolique et d’en distribuer à l’hôpital de Melle, dans nos EHPAD, dans les pharmacies et un peu dans les mairies. Et puis beaucoup de couturières ont commencé à confectionner des masques très tôt.

Les gens sont plus inquiets de l’après que du moment présent

Vous êtes dans un territoire riche du département des Deux-Sèvres, est-ce que l’économie a souffert de cette pandémie ?
Beaucoup. Je suis très inquiet pour les commerçants et les artisans parce que la reprise va être très compliquée. On est dans l’incertitude et les gens sont plus inquiets de l’après que du moment présent. Pour les habitants ça va être compliqué. Est-ce que on va pouvoir retourner facilement ? Est-ce que notre pouvoir d’achat va nous permettre d’acheter des fleurs quand on n’en a envie ou de continuer à manger local très régulièrement ? Le pouvoir d’achat demeure une grosse interrogation pour la suite.

Comment avez-vous vécu le début du confinement ?
Le dimanche 15 mars, c’était le jour des élections et nous étions très inquiet. Nous avons essayé de tout mettre en place pour les gestes barrières. Moi-même à Saint-Léger je suis resté quasiment toute la journée [au bureau de vote], les gens ont vraiment respecté les consignes. Tout s’est arrêté pour nous mardi à midi. Je me suis rendu à la mairie et déjà il y avait beaucoup moins de monde sur les routes et plus personne sur les trottoirs.

Vous avez été réélu ?
Cette fois-ci je ne me suis pas présenté comme tête de liste puisque j’avais beaucoup de travail mais je me suis présenté sur la liste d’un autre qui correspondait à mes aspirations. Nous étions 12 sur 33 à vouloir repartir ensemble. Nous avons obtenu 60,03 % des voix dès le premier tour avec 44,41% de participation. Le problème c’est que nous ne pouvons pas travailler ensemble puisque nous ne pouvons pas élire notre maire et installer le conseil municipal.

Pensez-vous que c’était une bonne idée de maintenir le premier tour des élections municipales ?
C’est très compliqué de répondre. La machine était enclenchée, les réunions étaient faites, tous les papiers été distribués, donc l’annuler au dernier moment était encore un coût supplémentaire. Les gens se trouvaient dans le feu de l’action de l’élection. Aujourd’hui la question se pose de savoir quand aura lieu le deuxième tour dans ces communes qui n’ont pas encore de conseil municipal. Pour les quelques communes qui ont besoin d’un second tour, c’est compliqué !

Vous êtes directeur d’un internat privé hors-contrat, comment maintenir le niveau de vos collégiens qui sont parfois en grand décrochage scolaire ?
Nous travaillons à Savio avec une feuille de route depuis plusieurs années. Quand les enfants arrivent le lundi ils ont tout le travail de la semaine. Quand nous avons appris le jeudi soir que les écoles allaient être fermées dès le lundi, avec l’équipe pédagogique on a travaillé une bonne partie de la nuit pour que les feuilles de route soient prêtes dès le vendredi.

« La pédagogie on peut la faire que lorsque l’on est en direct. »

Comment maintenez vous le lien ?
Les enfants peuvent nous appeler toute la semaine, il y en a qui ont cours sur WhatsApp. On a les parents, les enfants par téléphone la semaine. Moi-même en tant que directeur j’ai appelé les 5e, 4e , 3e pour faire le point avec eux et leur souhaiter aussi de bonnes vacances. Le ministre de l’éducation nationale parle de « continuité pédagogique ». Pour moi on ne peut pas. La pédagogie on peut la faire que lorsque l’on est en direct. Les enseignants sont des pédagogues. On peut parler d’une continuité scolaire, la d’accord, mais une continuité pédagogique, je ne suis absolument pas d’accord, parce que l’enseignant en chair et en os n’est pas présent Et les enfants peuvent avoir besoin de plusieurs explications en fonction de ce qu’ils sont, de ce qu’ils ont compris. Nous ce qui est important à Savio c’est de conserver le lien. Je pense que c’est ce qu’il faut conserver dans toutes les écoles. Cela évitera à des enfants de décrocher.

Les professeurs ne peuvent pas appeler tous les élèves et les parents. Quels conseils pouvez-vous donner aux parents ?
Le conseil est celui que j’applique avec mes enfants. Les équipes pédagogiques et les enseignants de leurs écoles , sans les avoir au téléphone, ont suivi le travail sur pronote. Les professeurs pouvaient leur indiquer ce qu’il y avait de bien dans le devoir ou non. Il y a vraiment eu un lien. . J’ai trouvé ça formidable. Quand les parents sont enseignants et peuvent suivre intellectuellement, ça ne pose pas de problème, mais malheureusement les familles pour lesquelles les parents ne peuvent pas ou n’ont pas l’outil informatique – puisqu’il y en a encore qui n’en ont pas – malheureusement pour ces enfants-là, je crains que le décrochage ne soit inévitable.

C’est le moment ou jamais d’être créatif !

Quand ces enfants vont revenir en classe, que faudra-t-il faire ?
Il faudrait qu’il y ait des équipes qui soient aidées par d’autres personnes, d’autres enseignants, des stagiaires qui pourraient prêter main forte aux professeurs pour prendre du temps avec ces enfants qui justement ont décroché parce que je vois quand je vais rIl faudrait qu’il y ait des équipes qui soient aidées par d’autres personnes, d’autres enseignants, des stagiaires qui pourraient prêter main forte aux professeurs pour prendre du temps avec ces enfants qui justement ont décroché parce que je vois quand je vais recevoir mes élèves, je sais que je vais les recevoir individuellement, pour faire le point pour voir comment ils vont, et on va démarrer dès qu’ils reviennent un cours de vie de classe sur la citoyenneté et sur l’histoire du Coronavirus. Cette année, L’objectif de notre projet pédagogique c’est de les faire travailler sur demain. Qu’est-ce que c’est que génération va pouvoir inventer ? On sait que dans 10 ans il y aura 67 % de nouveaux métiers. C’est le moment ou jamais d’être créatif ! Il faudra les inciter à aller plus loin. Je craignais que cette cinquième semaine les enfants soient touchés moralement. C’est le cas. C’est notre job d’encourager les jeunes.

Est-ce important de parler de la crise sanitaire avec les élèves ?
Oui c’est très important. Dans notre cas il n’y a pas de sujet tabou. Ce sera à nous de dédramatiser ce qui s’est passé quand ils vont revenir et que nous en parlions tous ensemble même si c’est très difficile. J’invite les parents à ne pas hésiter à en parler à leurs enfants. Je leur suggère de regarder plutôt les informations le soir même si ce n’est pas le meilleur moment de la journée, et on s’arrête là.

Si le 11 mai vous deviez reprendre, est-ce que vous pensez que vous disposerez assez de masques et de gel ?
À partir du 11 mai nous n’aurons que l’équipe pédagogique, pour pouvoir mettre en place le protocole que l’on nous demande. Les enfants ne reviendraient, que le 18 et encore pas tous puisque certains parents m’ont fait part de leurs craintes et préfère garder leurs enfants à la maison, donc j’ai dit que j’entendais cette crainte. J’ai une couturière qui est prête à me préparer des masques et une pharmacie de Niort va nous fournir 5l de gel hydroalcoolique. Il faudra tout remettre en place pour les enfants dans l’internat. Il y aura une désinfection de toute l’école.

Que pensez-vous des cours scolaires sur France 4, la Nation Apprenante ?
Collectivement c’est pas mal, évidemment ça ne va pas dans le fond des choses mais ils ne peuvent pas le faire. Tout ce qui peut être fait pour éviter le décrochage c’est bien. Il y a cette ouverture vers France 4 et chacun y trouvera son compte puisqu’il y en a pour tous les niveaux. Mais encore une fois la pédagogie c’est ce qui manque à la maison puisqu’on est des parents éducateurs et non pas des pédagogues scolaires.

Qu’est-ce qui vous fait tenir dans cette crise ?
C’est mon altruisme. Ma mission c’est d’aider les autres. Écouter les autres et les aider. C’est le sens que j’ai donné à ma vie. Donc il faut être présent à la mairie le matin, répondre aux appels des parents et des enfants dans la journée. C’est vraiment être présent pour les personnes.

A savoir
Le Collège Dominique Savio est un établissement de niveau collège, accueillant des enfants du Cours Moyen à la 3e , constitué de classes à effectifs restreints qui, tout en suivant rigoureusement les programmes de l’Éducation nationale, s’adresse à des élèves en difficulté.
URL : https://ecolesavio.fr/

« Nous sommes en guerre », une série pour s’évader en plein confinement !

Dans une période où les salles de cinéma, les salles de spectacles sont fermées. Que les événements sportifs s’annulent ou se reportent en cascade … certains créatifs irréductibles profitent de ce moment pour continuer à faire vivre la culture sur le web. Ils n’ont pas les moyens de Disney + ou de Netflix mais se servent des contraintes pour en faire une force.

Fricero Films vient de sortir sa nouvelle production Nous sommes en guerre. Stella (Stana Roumillac) est une jeune femme vivant enfermée chez elle, met en doute la « version officielle » des journalistes et des autorités. Le Covid-19 n’existe pas. Le confinement, elle n’en a cure.

<p class="has-normal-font-size" value="<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80">Cette série en six épisodes montre son chemin de conversion, rappelle le scénariste Loïc Landrau. Une mini-série produite en un temps record. Dès le premier épisode, le ton est donné. Nous sommes face à une jeune femme qui doute, qui se renferme et qui peine à trouver la clé dans son existence confinée. Cette série en six épisodes montre son chemin de conversion, rappelle le scénariste Loïc Landrau. Une mini-série produite en un temps record. Dès le premier épisode, le ton est donné. Nous sommes face à une jeune femme qui doute, qui se renferme et qui peine à trouver la clé dans son existence confinée.

Quelques mots des créateurs :

Comment est venu l’idée de cette série Nous sommes en guerre ?
Loïc Landrau : L’idée du titre est venue de cette phrase d’Emmanuel Macron qui nous avait tous saisie à l’époque. Je voulais profiter de ce confinement pour raconter une histoire, analyser ce qu’on vit avec une histoire très forte. Une histoire de conversion. L’avantage est que j’ai un ami de 25 ans, Emmanuel Fricero à qui je peux envoyer mes scenarii et qui peut les réaliser. Ce n’est pas de le cas de tous les scénaristes. Lui-même est confiné dans le sud de la France avec une comédienne. Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose 100% en confinement. C’est un défi technique. Tout est tourné dans l’appartement du réalisateur mais ça reste une vraie fiction avec des personnages qui apparaissent en visioconférence, de l’action …

Loïc Landrau / Journaliste-Présentateur TV

Le personnage principale doute des versions officielles concernant le Coronavirus. C’est le cas de beaucoup de personnes. Pourquoi ces doutes ont la vie dure ?
Effectivement, en tant que journaliste, j’observe que dans les grandes crises, il y a toujours des doutes parce que les gens n’ont pas l’habitude d’accepter le hasard. Pour eux tout ce qui arrive est fomenté. On voit beaucoup de complotistes sur des groupes Facebook notamment qui affirment que la Chine est derrière tout ça.

<p value="<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="12" max-font-size="72" height="80">

Comment on réalise un film dans des conditions aussi spartiates ?
Emmanuel Fricero Cela fait trois semaines entre la réception des scenarii de Loïc, le casting, l’organisation du tournage. Il nous a fallu 3 soirs de tournage et 2 semaines de montage, mixage et la musique originale et l’étalonnage.

Comment tourner en respectant les mesures barrières ?

On est pas sorti de chez nous. On fait avec les moyens du bord. L’objectif était de tourner rapidement, en étant inventif. De faire des contraintes un style et une force dans la mise en scène. Depuis tout jeune, je suis habitué à faire des films en faisant tous les postes. C’est un challenge à chaque fois. J’ai la chance d’avoir une comédienne principale, Stana Roumillac, qui est extrêmement investie, qui propose plusieurs choses. C’est super pour un réalisateur.

L’interview en entier

Avec : Stana Roumillac, Mélody Banquet, Sébastien El Fassi, Morgane Talbot
Une Série Réalisée et Produite par : Emmanuel Fricero
Idée Originale, Scénario et Dialogues : Loïc Landrau
Musique Originale : Franck Ancelin
Étalonnage : Olivier Landry – Malpeza
Production : Fricero Films http://www.fricerofilms.com

Les élus face au Covid19 – Épisode 1

Depuis que la tempête du Covid_19 a déferlé sur la Chine et puis l’Europe et maintenant le monde, les élus ne se ménagent pas pour être avec leurs administrés et faire face avec eux. Alors que le second tour des élections municipales est reporté au 21 juin, la situation ne fait qu’empirer. Si les villes et les villages donnent l’impression d’être à l’arrêt, ce n’est pas leur cas. Quels sont leurs moyens d’agir ? Comment tiennent-ils ? Je vous propose cette petite série avec des élus pour comprendre leur rôle.

Interview de Thibault Fline, Adjoint au Maire de Fontainebleau chargé des affaires sociales, de la petite enfance, des technologies de l’information et de la communication et de l’e-administration.

À quel moment avez-vous pris conscience de l’ampleur de l’épidémie ? 

Comme une majorité de Français, j’ai véritablement commencé à prendre conscience de l’ampleur du phénomène au tout début du mois de mars lorsque l’épidémie a frappé l’Italie et que le Gouvernement italien a décidé de mettre en place un confinement. Jusqu’à cette date, peu de personne, y compris parmi les professionnels du monde médical, prévoyaient un tel scénario en Europe.

Pensez-vous que la décision de maintenir le premier tour des élections municipales était justifiée ?

Avec le recul, il apparait évident que les élections auraient dû être décalées au mois de juin.

Avez-vous l’impression d’avoir les moyens d’agir ?

S’agissant des actions de proximité et de la nécessaire solidarité entre nos concitoyens, oui, un élu local, qu’il soit Maire, adjoint au Maire ou Conseiller municipal, peut agir concrètement et favoriser les choses dans sa commune.  

Comment s’organise votre action ?

Notre action est double.

D’une part, nous assurons la continuité des services publics essentiels au quotidien, soit directement soit en collaboration avec les services de l’État.  Par exemple, nous accueillons l’accueil de tous les enfants des salariés de l’hôpital, tous les jours de la semaine, weekend compris, et nous avons lancé une collecte de matériel pour les soignants auprès des entreprises et des habitants du secteur.

D’autre part, nous développons de nouvelles formes de solidarité pour protéger les plus fragiles et leur apporter de l’aide au quotidien. Nous avons par exemple à Fontainebleau, à l’initiative du Maire, mis en place une livraison de médicaments et de courses à domicile pour les personnes âgées par des fonctionnaires municipaux volontaires. Nous recensons également les commerces qui effectuent des livraisons pour que les habitants puissent pour les soutenir durant cette épreuve tout en restant chez eux. Nous avons aussi créé un groupe Facebook d’entraide qui rassemble déjà plus de 700 personnes et qui permet de mettre en relation des personnes prêtes à aider leurs voisins.

A ces actions s’ajoutent une communication très transparente de la Municipalité sur les réseaux sociaux ou par voie d’affichage au sujet de la situation dans notre commune, l’évolution de la situation dans notre hôpital du sud Seine-et-Marne, et évidemment sur les dispositions légales mises en place pour faire respecter le confinement.

De plus en plus de Français doutent de la capacité du gouvernement à agir contre le Coronavirus, est-ce aussi le cas avec leurs élus locaux ?

Tous les sondages indiquent depuis plusieurs années que les élus locaux, et en premier lieu les Maires, sont les élus en qui les Français ont le plus confiance. Cela s’explique par plusieurs raisons dont la proximité incessante que nous entretenons avec les habitants de nos communes.

Contrairement à ce que certains prétendent, nous n’attendons pas les élections municipales pour répondre aux sollicitations de nos administrés et ils le savent bien.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Ce genre d’épidémie relève, par définition, de compétences qui dépassent le cadre d’une commune. Aussi, nous dépendons évidemment des politiques nationales et de la volonté des autres acteurs institutionnels pour réaliser certaines actions.

Quelle est votre état d’esprit ?

Malgré le lourd bilan de cette épidémie, notamment auprès des plus fragiles, je reste confiant car je crois profondément au talent de notre personnel soignant et à la solidarité des Français pour sortir de cette crise sanitaire.

Est-ce que cette épidémie va changer votre manière de faire de la politique ? En quoi ?

Évidemment. Nous porterons tous un nouveau regard sur les formes de solidarités collectives dont nous redécouvrons aujourd’hui toute l’importance. Cette crise révèle aussi à quel point nous sommes devenus dépendants d’autres puissances étrangères pour des services pourtant essentiels. Une vraie réflexion sera nécessaire demain pour relocaliser certaines productions et assurer l’indépendance stratégique de la France et de l’Europe face à de futures crises du même type.

Un amour de jeunesse, du rire, du rire et encore du rire

Résumé

À vingt ans, Antoine sans un sou en poche, s’est marié avec Maryse… Mais elle l’a quitté du jour au lendemain pour des missions humanitaires en Afrique. Trente ans plus tard, Antoine a fait fortune dans l’internet et vit avec Diane, une romancière d’origine aristocratique. Seul souci, il a complètement oublié Maryse, qui revient d’Afrique pour divorcer… Et qui pourrait à cette occasion lui réclamer la moitié de son patrimoine. Antoine se lance alors dans un mensonge insensé : faire croire à Maryse qu’il est encore plus pauvre qu’elle… Et le pire c’est que ça pourrait marcher.

Critique

Actuellement se joue au Théâtre de la Renaissance, la pièce Un Amour de jeunesse d’Yvan Calbérac. Cette comédie raconte l’histoire d’un nouveau riche qui doit redevenir pauvre pour rester riche. Le pitch est génial. Quand l’argent s’invite dans les histoires d’amour, le ménage a trois volent vite en éclat.Cette comédie est un modèle du genre, dans la lignée de celles de Francis Veber. J’ai cru repérer un hommage à La Cage aux Folles dans la pièce. L’intrigue plantée, les personnages n’ont pas d’autres choix que de s’en sortir par le mensonge et la dissimulation. Seulement voilà, pour se sortir d’un mensonge, il en faut au moins 10. Voir plus.

L’auteur ne tombe pas dans les pièges de la facilité de scénario. Il a l’intelligence de créer des situations qui font rire et réfléchir. Sommes-nous fidèles à nos rêves et à nos convictions ? Est-ce que tout s’achète ?

Stéphane de Groodt, chaplinesque

Les personnages sont portés par des comédiens au diapason. Chaque rôle est double. Stéphane de Groodt montre toute l’étendu de son immense talent. Remarqué pour son habileté à jouer avec les mots, il devient clownesque à la Charlie Chaplin en y mettant du corps à l’ouvrage. Isabelle Gélinas, qui joue sa compagne dans la pièce est absolument géniale. Je l’ai découvert dans la pièce, Le Père avec le très regretté Robert Hirsch dans un autre registre, mais dans cette pièce son jeu est marqué par la drôlerie et l’intelligence. Ce duo fonctionne admirablement.

Et puis il y a les trois autres protagonistes qui gravitent. Olivia Côte, qui campe le rôle de l’amour de jeunesse, est solaire. L’actrice vue dans Scènes de ménage, joue un personnage altermondialiste, forcément vegan et adepte du poly amour (c’est comme l’infidélité mais sans la culpabilité). Sebastien Pierre en avocat caméléon qui essaye de trouver une issue à son client est épatant. La femme de ménage qui tire les ficelles, interprétée par Nelly Clara est d’une grande justesse. C’est une révélation.

Si cette pièce est réussie c’est sûrement parce que du texte où les répliques fusent, à la mise en scène en passant par le jeux des comédiens, tout y est chirurgical et précis. L’invraisemblable devient crédible. L’amour de jeunesse qui revient en boomerang peut faire craindre le pire.

A voir absolument.

Un amour de Jeunesse du mardi au samedi à 21h. Matinées samedi à 16h30.

Au Théâtre de la Renaissance, 20 Boulevard Saint-Martin, Paris 10.

J’ai lu « Le Consentement » de Vanessa Springora

J’ai lu d’une traite le livre #Consentement de Vanessa Springora. Un livre superbement écrit qu’il faut lire. J’ai hésité à le lire, par peur de tomber sur des détails sordides. Mais ce livre heureusement, n’est pas que ça.

Ce livre fait réfléchir sur les fruits nauséabonds de la libération sexuelle qui ont pu entraîner sans coup férir certains dans un relativisme sournois. Mettant sur le même plan l’oppression à l’encontre des homosexuels que celle envers des pedocriminels. Qui soutenait le libertinage et moquait l’Amour fidèle.

Une époque où l’ordre moral était le grand méchant loup et pour qui un pedophile avec une certaine aura et un incontestable talent -sur la forme – était requalifié en amoureux transi …

Une époque où un certain milieu était consentant avec la pedophilie de l’un de ces membres. Lâchée dans ce milieu, une adolescente de 13 ans est la proie d’un prédateur.

Alors oui avant d’être victime du consentement d’un certain milieu, elle a été la victime d’un homme dont elle croyait avec la naïveté de sa jeunesse qu’il pourrait lui apporter l’amour dont elle a été privée…

Selon divers besoins, il est une science.
D’étendre les liens de notre conscience.
Et de rectifier le mal de l’action
Avec la pureté de notre intention.
De ces secrets, madame, on saura vous instruire ;
Vous n’avez seulement qu’à vous laisser conduire.
Vous n’avez seulement qu’à vous laisser conduire.
Contentez mon désir, et n’ayez point d’effroi ;
Je vous réponds de tout, et prends le mal sur moi.
Tartuffe

Alors oui il faut dénoncer les dérives de cette époque bien trop consentante. Vanessa Springora le fait avec intelligence et brio. Comme ici :

C’est que, dans les années soixante-dix, au nom de la libération des mœurs et de la révolution sexuelle, on se doit de défendre la libre jouissance de tous les corps. Empêcher la sexualité juvénile relève donc de l’oppression sociale et cloi- sonner la sexualité entre indivi- dus de même classe d’âge constituerait une forme de ségrégation. l’emprisonnement des désirs, contre toutes les répressions, tels sont les mots d’ordre de Lutter contre cette période, sans que per- sonne y voie à redire, sinon les culs-bénits et quelques tribunaux réactionnaires.

Il faut aussi avoir un regard ajusté sur notre époque qui en avril 2019, n’était pas tendre avec Benoit 16 qui disait rigoureusement la même chose. Mais c’était Benoit XVI … et de fait l’Eglise a aussi dû faire son examen de conscience et prendre des mesures. Et il était temps …

«Ce qui me fait peur ce n’est pas la méchanceté des méchants mais le silence des justes.»

Évidemment, il ne faut pas attribuer à l’époque de la libération sexuelle la paternité de tous les maux. Je ne le ferais pas car je n’ai pas connu cette période. Il y a eu le pire et le meilleur en même temps. Je constate simplement que cette époque a des répercussions sur la nôtre.

Il est à espérer que sans tomber dans la chasse à l’homme ou à la femme, nous sachions pointez du doigt ce qui dans notre époque flétrit les plus vulnérables, ceux qui n’ont pas voix aux chapitre …

Rencontre avec le CM de Louis de Funès

« Mon plus grand désir d’acteur ? C’est de faire des films destinés à faire rire les enfants et les parents à la fois dans ce monde trop triste !»

Ce désir, Louis de Funès né à Courbevoie, trois jours après le déclenchement de la Grande Guerre, l’a plus qu’assouvi.
Toutes les générations, ont ri de son personnage cruel avec les faibles et lâche avec les forts. Disparu en 1983, cet acteur si populaire continue d’exister par les rediffusions de ses plus grands succès à la télévision et aussi sur les réseaux sociaux. Depuis mars 2016, une page Facebook très virale, baptisée Just Louis de Funès propose des montages drolatiques à son million de fans. Son secret : le newsjacking, une manière de rebondir sur l’actualité par des montages incluant des extraits cultes de films avec Louis de Funès et l’actualité. De l’épopée des bleus en 2018 à la composition du gouvernement, ça marche et c’est très viral. Sébastien, l’administrateur de cette page, biologiste moléculaire de formation et admirateur de Louis de Funès s’il en est, a accepté de répondre à mes questions.

Comment est née l’idée et la réalisation de cette page ?
Je passais beaucoup temps sur les réseaux sociaux et j’appréciais énormément ce qui était fait autour de personnages tels que Charlie Chaplin, Albert Einstein et d’autres. Toutes ses personnalités ont pour point commun d’être devenues des archétypes universels. Et Louis de Funès est de cette trempe-là. Mais tout ce que l’on pouvait trouver sur Louis tournait, à mon goût, beaucoup trop autour de l’hommage constant. Ceci est justifié quand il s’agit de Fernandel ou Francis Blanche qui parlent moins aux jeunes générations mais Louis de Funès présente une modernité qui avait besoin d’être dépoussiérée. Comme personne ne le faisait, alors je me suis dit que j’allais le faire moi-même. Et c’est de cette manière que j’ai créé la page en mars 2016.

Combien de temps cela vous prend ? Vous êtes combien ?
Beaucoup de temps car je suis seul à administrer la page. Et par ailleurs, je suis également actif sur Twitter, Instagram et YouTube. C’est une passion donc en fin de compte j’y pense tout le temps.

Votre De Funès préféré ?
Je ne vais pas être très original mais je vais dire La Grande Vadrouille, déjà parce que c’est un chef d’œuvre. Mais aussi car je suis originaire de Beaune, l’un des lieux de tournage du film.

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Quel est votre but avec cette page ?
De continuer à faire vivre Louis de Funès et le faire découvrir à la génération Z. Le comique foudroyant de Louis de Funès matche parfaitement avec notre époque où tout va incroyablement vite.

Comment avez-vous réagi quand vous avez passé le million de fans ?
Le million de fans représente avant tout une quête de légitimité. Autrement dit, cela me renvoie le message que ma manière d’appréhender Louis de Funès est validée par les admirateurs de l’acteur. Donc, en ce sens, c’était extrêmement satisfaisant d’atteindre ce nombre.

Comment vous est venu, l’idée de la vidéo de la coupe du monde ?
C’est le paroxysme de ce que j’ai évoqué précédemment. Ici, l’élément d’actualité est massif : la France qui remporte la coupe du monde de foot 20 ans après son premier titre. Plus concrètement, dès la victoire en quart de finale contre l’Uruguay, j’ai su qu’il fallait que je prépare un montage en cas de victoire finale.

Des projets à venir ?
Concernant Louis de Funès, l’année qui arrive est importante avec l’ouverture du Musée Louis de Funès à Saint-Raphaël le 1 août et les 4 mois consacrés à Louis par la Cinémathèque française à compter du 1er avril 2020. Avec toute cette émulation autour de Louis de Funès, les montages seront plus que jamais au rendez-vous…

Son site internet : justlouisdefunes.fr
Pour en savoir plus sur Louis de Funès, je vous conseille le livre Ne parlez pas trop de moi, les enfants ! (Cherche Midi) par ses enfants Olivier de FUNÈS, Patrick de FUNÈS

Théâtre – Une femme sans préjugés

Je suis allé au théâtre du Nord-Ouest voir la pièce Une femme sans préjugés librement inspirée de la nouvelle de Tchekhov ! Je ne vais pas mettre de gants blancs pour vous dire ce que j’en ai pensé.

Cette pièce est donc une adaptation magistrale par Monique Lancel qui signe également la mise en scène. L’histoire se passe dans le Moscou de la fin du 19e. Maxime Salutov, beau jeune homme fait fondre la belle Hélène Gavrilovna quand il patine. Leur avenir semble heureux, mais un non-dit qui appartient au passé du jeune homme semble pouvoir nuire gravement à cette idylle qui s’apprête. Quelle est donc cette chose si grave ? Pourquoi n’arrive-t-il pas a se dévoiler ? Y parviendra-t-il ? Voyage dans une âme amoureuse et tourmentée.

La force du spectacle repose sur l’harmonie entre la mise en scène, la direction d’acteur et le jeu des comédiens. On oublie rapidement la simplicité du décor pour se plonger dans la pièce. Le travail de la lumière apporte une véritable ambiance à la pièce.

Les comédiens sont tous au diapason de la pièce. Dans cette pièce où le non dit est tout à la fois, le personnage principal et l’intrigue, il est mise en lumière par les nuances de leur interprétation. En clair, ça fonctionne. Rémi Picard incarne un Maxime Salutov fantasque et sombre. Il donne des couleurs à la noirceur du personnage. Il passe de l’un à l’autre avec précision ce qui est très compliqué. Il y est aidé par sa partenaire Roxanne Flochlay qui campe admirablement son pendant. Crucial pour la justesse de la pièce. L‘opposition et l‘attirance mutuelle des deux personnages donnent du relief et de la justesse à la pièce.

Dominique Vasserot et Hélène Robin forment un duo attachant et enjoué sans jamais être surjoué. Bernard Lefebvre a un jeu désarmant d’intelligence et de subtilités.

Cette pièce pose la question de la vérité en amour, du rapport à la liberté dans l’engagement. Une pièce légère et lourde. Claire et obscure tél un nocturne de Chopin où la mélancolie et le romantisme se conjuguent. Foncez-y !

Une femme sans préjugés au Théâtre du Nord-Ouest. 01h20

Avec Roxanne Flochlay, Bernard Lefebvre, Rémi Picard, Hélène Robin, Dominique Vasserot 
Adaptation et mise en scène :  Monique Lancel

13 rue du Faubourg Montmartre 75009 Paris
Capacite: 90 places
Proche: Grands Boulevards

« Sortir », un livre à plusieurs entrées !

Nous sommes en 2019 après Jésus-Christ, les catholiques sont envahis par une crainte légitime de disparition. La crise gravissime et systémique que traverse l’Église, et les révélations en cascades de cas d’abus commis par des clercs ont sérieusement entamé leur moral. Face à ce constat, pour le moins accablant, beaucoup de catholiques estiment que c’est foutu. Tous ? Non !

La journaliste, écrivain Natalia Trouiller publie le livre Sortir, manifeste à l’usage des derniers premiers chrétiens (Éd. Première Partie) qui rappelle que chaque génération chrétienne a dû affronter les mêmes problèmes et les a surmontés.

Le livre s’ouvre sur un diagnostic clinique. Le gnosticisme – hérésie qui prétend que la connaissance sauve aux dépens de la grâce – a fait de l’entrisme chez de nombreux catholiques. L’intelligence et l’âme sont glorifiées. Le corps haï. Exit, la juste cohabitation entre les trois dimensions de la personne humaine. Le dernier n’étant qu’un corset qui étouffe les deux derniers. Natalia Trouiller propose de remettre le corps au cœur de l’Église. Ce livre n’est donc pas qu’un constat mais un abécédaire à plusieurs entrées.

On est loin d’un livre blanc destiné à 5 agrégés de théologie morale pour que l’Église redevienne l’Église. On est loin d’une lettre ouverte aux évêques pour faire le ménage. Il s’agit d’un plaidoyer pour que l’Église se ré-incarne. Comment ? En faisant des paroisses, le nerf de la guerre. Pas la paroisse cool et branchée avec un père ultra charismatique, mais la paroisse locale. Les propositions sont concrètes et diverses. De la plus prioritaire : ouvrir des funérariums dans les paroisses, à la plus originale : une ONG chrétienne chargée de nettoyer des historiques de chacun qui le demande pour ne plus être brocardé par les sacro-saints social justice warrior pour une bêtise qui appartient au passé.
Pourquoi les paroisses ? « C’est le dernier endroit où l’on peut être frère avec des connards », assure Natalia Trouiller. C’est aussi et surtout le lieu du lien, où l’on peut assurer l’évangile à son prochain.

Le livre est bourré d’humour, de références. Le ton est cash mais ce qu’on peut espérer est que chacun pourra piocher dans les actions proposées, celle qui lui correspond le mieux pour donner du corps à ce livre. Ne pas le faire serait profondément … gnostique.

Louis-Marie Picard

Natalia Trouiller « Sortir ! Manifeste à l’usage des premiers chrétiens »  (Première Partir) 17€.

Théâtre – « 12 hommes en colère » Mon verdict !

Le procès vient de s’achever. Les 12 jurés vont devoir statuer sur la culpabilité ou l’innocence d’un jeune homme de 16 ans accusé de parricide au moyen d’un couteau à cran d’arrêt. Tout semble l’accabler. Au départ des délibérations 11 jurés sur 12 sont pour l’envoyer sur la chaise électrique. 1 seul, pourtant ne semble pas convaincu de sa culpabilité.

12 Hommes en colère – Théâtre Hébertot – Paris 17e

Ce chef d’œuvre de Reginald Rose est devenu un classique. Ce huis clos dramatique est étouffant par la lourdeur de la responsabilité qui incombe aux 12 jurés.

Cette pièce dans sa forme est une prouesse à plusieurs titres.

D’abord, il n’est jamais évident -dans une pièce relativement courte – d’identifier les 12 protagonistes. Mais chacun a une personnalité forte. Un visage de l’Amérique. Il y l’ouvrier, l’immigré un brin idéaliste qui fantasme les valeurs du pays de l’oncle Sam. Le fan de baseball qui veut vite expédier la délibération pour filer au stade. Le publicitaire dont la conviction est façonnée par la tendance. Le vieillard qui parle peu mais qui parle juste. Le financier rationnel à la pensée claire. Le père blessé et agressif. Et enfin l’architecte qui a un doute légitime qui va prendre l’office d’empêcheur de délibérer en rond.

Autre prouesse : une pièce non manichéenne. La peine de mort est un prétexte mais n’est pas le centre de la pièce. D’emblée, les jurées savent qu’ils ont la vie d’une personne entre leur main. La verdict sur la culpabilité ou l’absence de culpabilité doit être décidée à l’unanimité, ce qui accentue la tension. Ces 12 hommes si différents n’ont pas d’autre choix que de tomber d’accord. Dans la pièce dans laquelle ils sont cloîtrés -et les spectateurs avec eux- la chaleur étouffante contraste avec la froideur du verdict qu’ils doivent trouver.

Enfin, ce n’est pas le procès de la peine de mort mais d’un adolescent. Chaque juré a sa sincérité, sa conviction et ses doutes. Leur mission est de s’en tenir aux faits. La pièce est d’une étonnante actualité, à notre époque gangrenée par les fausses informations et les théories du complot.

Le message de cette pièce est que la vérité ne se décide pas simplement à l’aune de sa propre sincérité (aussi noble soit-elle) ni par sa propre interprétation mais par une recherche rigoureuse et impartiale du détail qui tue ou qui acquitte.

La mise en scène de Charles Tordjman a le mérite d’être sobre et de servir le texte. Les lumières et l’habillage sonore est malin. Le jeu des comédiens est ajusté. Ils ne cherchent ni à être plus intelligent que leurs personnages ni à les rendre plus héroïques ou plus odieux qu’ils ne le sont. Les 12 comédiens donnent la juste humanité et rendent magistralement justice à leur personnage de juré respectif.

Elie Semoun : Sénanque à l’appel

Le dôme de l’abbaye cistercienne Notre-Dame de Sénanque menace de s’effondrer. Les travaux sont estimés à 800 000 Euros. Pour réunir la somme, les moines ont trouvé un allié de poids en la personne d’Elie Semoun.

Samedi dernier l’humoriste a publié une petite vidéo sur la page facebook de l’abbaye « pas très rigolote mais pas triste non plus » où il invite à faire un don pour cette abbaye.

 

Ce soutien a du sens pour Elie Semoun. En effet, il raconte s’y être rendu pour y faire une retraite. Sollicité par l’abbaye, il n’a pas hésité à user de sa notoriété pour faire un appel au don.

image de l'abbaye

Après Stéphane Bern et son loto du patrimoine, c’est donc une deuxième personnalité qui vient au secours du patrimoine français.

J’ai écouté l’album posthume « Mon pays c’est l’amour » de Johnny Hallyday !

Vendredi 19 octobre 0h01, l’album tant attendu de Johnny Hallyday est donc sorti. Un peu moins de 10 mois après la disparition du taulier, cet album était très attendu.

Retour au source pour Johnny avec un album de 11 titres qui 4 minutes après sa sortie était déjà disque de platine. Johnny a traversé toutes les époques musicales offre à titre posthume un album très rock n’ roll ! Le titre éponyme de l’album Mon pays c’est l’amour nous replonge à l’époque de « Oh les filles » ou « Le fils de personne « . L’époque où ce jeune criait ses peines et ses espoirs et provoquait des émeutes au premier festival du Rock. La chanson commence par cette phrase « Je viens d’un pays où je choisis de naître, un bout de paradis que tu connais peut-être ; Je viens d’un pays sans drapeau ni frontière, ni sans loi où personne ne se perd. » Ce pays c’est l’amour. Ce thème qu’il a chanté dans tellement de chansons, peut-être parce qu’il en a été si privé petit.

L’hymne à l’amour du Rock.

J’en parlerai au diable marque l’ouverture de son album. Dans cette chanson, on découvre un Johnny qui règle ses comptes avec ceux qui l’ont accusé de son vivant – et ça continue – d’être un traître, de flirter avec les limites, un menteur. Il prévient que quand l’heure viendra à sonner il en parlera au diable qui saura l’écouter. Un pacte avec le diable ? Un aveu de satanisme ? Pas sûr. Dans le rock la subversion est la règle. On peut l’interpréter de cette manière, comme un cri qui dirait à ses pourfendeurs : »Puisque vous qui vous prenez pour Dieu à force de me juger, à qui d’autre que le diable pourrais-je m’expliquer sur mes failles. Je l’interprète comme une invitation à ne pas se prendre pour Dieu. Une attitude … à envoyer au diable.

La voix de Johnny est telle qu’on la connaît. Puissante, grave, forte. Et puis vient cet interlude où seule la musique parle et l’on prend conscience que l’absence de Johnny est omniprésente. Quelques violons et puis c’est tout. Une sorte de bande originale à la Philip Glass.

Et puis Johnny Hallyday laisse un dernier hommage à sa chère Amérique. Le pays de ses influences musicales. L’Amérique de William est un hommage aux grands espaces, aux motels sur les bords des high way. La poésie des mots est une illustration de cette Amérique des gens simples qui vivent dans les mobile-homes.

Voilà donc pour la postérité les 11 derniers messages que Johnny voulait délivrer à son public. Pour résumer c’est un album puissant, rock’n roll. Un album de Johnny tout simplement.

Jacques Brel, un ami de haut vol …

Qui n’a jamais voulu rencontrer Jacques Brel ? Facile me direz-vous, il suffit de s’interrompre un instant et laisser ses mots et mélodies vous envahir. Il vous y parlera de Madeleine qui ne viendra pas, de perles de pluies venues d’un pays où il ne pleut pas. Sans doute après il devisera sur les bourgeois qu’il comparera aux cochons ou sur les bonbons qui sont tellement bons. Mais pour comprendre sa quête, il faut prendre de la hauteur et être prêt à voyager. Un ouvrage paru cette année Voir un ami voler (Plon) co-écrit par Jean Liardon et Arnaud Bédat nous fait rentrer dans l’intimité du cockpit du Jojo. Le livre revient sur les dix dernières années de sa vie. Rencontre avec les deux auteurs de ce livre. Deux amis que Brel a réuni.

« Brel disait toujours qu’il faut faire les choses de manières professionnelles sans être un professionnel », glisse Jean Liardon. L’instructeur de l’école Les Ailes à Genève où Jacques Brel a accompli sa formation de pilote au prix d’heures de cours méthodiquement assimilés. En arrivant, il a déjà 500 heures de vol au compteur mais très vite il comprend que voler à vue, ne lui permettra pas d’atteindre son inaccessible étoile. Il lui faut donc être sérieux. Il le sera « dans la chanson, l’aviation, la navigation, et la confection de son dernier album », énumère Arnaud Bédat. « Mais il était aussi un grand déconneur, un espèce de personnage fantastique et drolatique sorti d’un conte de Michel de Ghelderode ».

Étoile de la chanson, il l’est déjà mais depuis deux ans, pour Brel la scène c’est fini. Ses adieux à l’Olympia après « 15 années d’amour » disait-il au moment de quitter la scène marque le premier jour du reste de sa vie. La vie qu’il a toujours voulu mener.

Jean Liardon évoque ses souvenirs avec la précision d’horloger suisse. Logique pour ce citoyen de la ville de Calvin, né Vaudois à Lausanne en 1942. Son amitié pour Brel est perceptible sur son visage.

L’aventure c’est l’aventure.

« Jacques Brel était un ouragan » dixit son accordéoniste Jean Corti qui l’imageait ainsi. Un ouragan qui sait néanmoins se contenir et se concentrer pour faire souffler ses vents de liberté.

Mais alors, comment vit-il les instants avant de s’envoler, lui dont on disait que le trac d’avant scène le faisait vomir ? « C’est pas la même chose, explique Jean Liardon, sur scène vous faites face à 800 personnes. Son trac était de ne pas être à la hauteur, de décevoir. Le public peut-être agressif. Dans un avion, il n’avait pas de public. Il avait une grande concentration… L’inconnu du public était pour lui plus stressante que l’inconnu d’un vol. » L’élève en pilotage se montre très studieux et progresse vite à tel point qu’il passe un échelon en pilotant un Learjet. Mais il n’est pas là pour enfiler des perles -de pluies- car un grand projet, un grand rêve se dessine dans son esprit. Aller en Guadeloupe avec Jojo. Pour Jojo. Le fidèle Jojo. Georges Pasquier de son vrai nom était le secretaire et homme à tout faire de l’artiste. Malade d’un cancer, il voulait qu’avant que son très cher ami soit six pieds sous terre, il puisse entrevoir un bout de paradis depuis le ciel. S’en suit un périple homérique à plusieurs escales : l’Écosse, l’Islande, le Groenland, le Canada, les USA, les Bahamas et la Guadeloupe. Le voyage fut dur mais Jojo était content. Contrat rempli.

L’amitié comme unique horizon

On imagine l’artiste comme un être solitaire qui a besoin de vivre dans sa grotte pour trouver une hypothétique inspiration. Brel, c’est tout le contraire, l’amitié a guidé sa vie. « Jacques était la générosité même », précise Arnaud Bédat, il a payé les cours à l’école Les Ailes de Genève, à quelques-uns de ses camarades de volée, des élèves qui n’avaient pas les moyens ou qui échouaient à leurs examens. » Jean Liardon abonde dans le sens de son co-auteur : « Avec lui impossible de sortir son porte-monnaie ».

Son extrême générosité se vérifie aux antipodes et y laissera une trace indélébile aux Marquises où il s’installe avec Maddly, le dernier amour de sa vie.

« Les enfants du village avaient accès à sa piscine, il leur préparait même souvent une collation», s’enthousiasme Arnaud Bédat. Sur place il fera des voyages sanitaires. Brel en belgian doctor ? « Certains biographes ont peu forcé le trait, mais c’est vrai qu’il aimait faire plaisir », nuance Arnaud Bédat.

Alors bien sûr, l’homme avait ses failles. Il se savait père absent pour ses enfants. « Les filles de Brel ne paraissent pas l’avoir vraiment  compris de son vivant. Alors qu’il propose un voyage en Afrique avec elles, elles lui arguent qu’elles ne veulent pas partir en Afrique dans un jet de millionnaire … » raconte Arnaud Bédat, « il en a été très abattu ».  La beauté de l’homme est souvent dans ses contradictions.

« Une présence réelle »

Et puis vient le dernier voyage, celui que Jacques Brel avec courage a tout fait pour retarder et qui l’obsédait : la mort. C’est Jean Liardon qui l’accompagne, en passager dans l’avion qui le conduit de Genève jusqu’au Bourget, puis direction Bobigny en ambulance où le poète poussera son dernier soupir. Quelques jours après sa mort, Brel fera un ultime cadeau à son ami Jean. Un cadeau surnaturel pour son ami si cartésien. « Le lendemain de sa mort, Jacques m’apparaît. Il y a cette visite, cette rencontre, cette présence réelle qui est complètement incompréhensible pour moi. Il me dit : Je serai toujours là pour toi… » Ultime pied de nez venant de celui qui ne croyait pas en l’au-delà. Mais quand on a que l’amour …

En atterrissant de ce voyage, il en ressort que le don fait au lecteur n’est pas tant le récit d’une amitié mais la volonté de faire de Jacques Brel notre ami. Un ami qui aimait voler … sérieusement.

Journal de la Coupe du monde #3

Troisième édition de ce journal de la Coupe du Monde. Au sommaire : un tacle sur une coupe, une question rituelle et un gros plan sur l’adversaire des bleus : le Pérou. On commence avec un chiffre.
5. 5 réalisations. C’est (pour le moment) le meilleur buteur de cette Coupe du monde. Ça commence par un C mais non ce n’est pas Cristiano Ronaldo. Il s’agit des CSC. Les buts contre son camps. Encore un et le record de CSC qui date depuis 1998 (5 buts) tombera. On parle beaucoup du triplé de Ronaldo contre l’Espagne mais marquer beaucoup c’est ce qu’on lui demande. Alors que le CSC, lui fait moins de vague. Les célébrations sont tout en retenue. Les CSC c’est le but de l’humilité, de l’apprentissage.
Réhabilitons-les buts contre son camps !
S’il y en a autant c’est aussi parce que certaines attaques sont muettes, les passes à l’aveugle trop prévisibles ce qui fait que les attaquants ont perdu leur 6ème sens … du but.
Le tacle de la semaine : Cantona chambre Neymar
Éric Cantona s’est posé la bonne question concernant la nouvelle coupe de cheveux du prodige brésilien. Cantina s’est demandé si ce n’était pas finalement un hommage à une grande nation du football qui n’est pas présente à cette Coupe du monde : l’Italie.
Sur Instagram, le King s’est grimé en Neymar avec en guise de perruque : des spaghettis sur la tête. La photo et la vidéo ont reçu des centaines de milliers de réactions. Ce tacle n’était pas tout à fait gratuit. C’était une opération de com’ pour Eurosport. Même s’il n’a toujours pas gagné la Coupe du Monde, tout le monde parle de sa coupe, qu’il a finalement … coupée.
La question rituelle : Existe-t-il encore des petites équipes ?
La réponse est oui pour ce qui est du palmarès, du niveau de jeu, des joueurs. Mais depuis le début de cette Coupe du monde on observe que les équipes supposées favorites ont toutes les peines du monde à s’imposer avec la manière contre des équipes jugées plus faibles par les experts. C’est le cas pour l’Allemzgne, le Brésil, l’Argentine, la Colombie et la Pologne.
La France aussi a souffert et elle devra faire bien mieux contre le Pérou pour trouver la faille.
Elle devra surtout chercher à jouer de manière harmonieuse, ce qui est la base le jour de la fête de la musique. Ce match sera l’occasion de se qualifier face à une équipe qui a tout à perdre, pour ne pas être recaler à l’Oural comme le dit avec humour l’éditorialiste de l’Équipe Vincent Duluc.
Le Pérou avec une équipe diminuée ne lâchera rien, m’ont dit des membres de l’association des péruviens à Paris.
Ça fait 36 ans qu’ils attendent de pouvoir reparticiper à une coupe du monde quand la défaite contre l’Argentine les privaient de la Coupe Du Monde au Mexique, après un but Ricardo Gareca … l’actuel sélectionneur du Pérou.

Journal de la Coupe du monde #2

► : 

Deuxième édition de ce journal de la Coupe du monde. Aujourd’hui le monde entier aura les yeux rivé sur Moscou.

Le hors jeu de la semaine : En Russie on rouvre des dessoûloirs.

Ces lieux insolites sont une survivance de l’époque soviétique. En URSS, l’alcoolisme était sévèrement réprimandé. Beaucoup ont été embarqués de force pour dessoûler à coup de douche d’électrochocs, douches froides, des patients le plus souvent attachés. Fermés depuis, ces lieux ont rouvert mais c’est plus haut de gamme. Le prix ? 200 roubles (soit 2,70€) pour dessoûler. La Russie de Poutine ne veut plus être la vodka du diable.

Le carton rouge : La Roja voit rouge.

Préparation tronquée pour la Roja. Exit Lopetegui son sélectionneur remercié à deux jours de son entrée en lice contre le Portugal. La raison : La fédération espagnole n’a que très modérément appréciée que le Réal Madrid communique sur son arrivée avant le mondial.
Quel contraste avec, Zinedine Zidane son prédécesseur au Réal Madrid, qui lui est parti après avoir gagné.

La Ola de la semaine : France 98 toujours invincible.

Mardi, les bleus de l’équipe de France 98 se sont retrouvés à la Défense Arena 20 ans après le sacre de Saint Denis pour un ultime match contre une sélection des meilleurs joueurs de la Coupe du monde 98.
Score final 3-2 avec un coup franc magnifique de Zizou dont le talent est toujours intact.

Depuis 1998-2000 les français sont en état d’ivresse. Documentaires, émissions …
Du coup j’ai posé la question au journaliste sportif de France Info Jacques Vendroux, si cela ne mettait pas trop de pression à la génération MBappé qui lui n’était pas né en 1998. Réponse

L’indicateur qui permet de s’avoir si la pression est positive, c’est quand les bleus jouent haut et spasiba.

Petite fuite en avant, la Coupe du monde 2026 a été attribuée à un trio : Canada, Etats-Unis et Mexique au détriment du Maroc. Donald Trump profitera de ce temps pour placer son mur et contrer les coups francs mexicains.
Il n’y a plus qu’à espérer pour cette coupe du monde que les râteaux, les roulettes et les crochets créent les plus beaux ponts qu’ils soient petits ou grands.

Journal de la Coupe du monde #1

Dans une semaine sera donné le coup d’envoi de la 21ème Coupe du monde en Russie. ves coulisses, les a cotés, des décryptages et des infos insolites. Une Coupe du monde sans l’Italie, les Pays-Bas ou encore le Chili.

Le hors-jeux de la semaine : Les mexicains Olé olé.

Le hors-jeux de la semaine est une orgie. Le Mexique est au cœur d’un scandale. Avant de partir pour l’Europe, les joueurs de la sélection mexicaine ont organisé une orgie sexuelle qui a duré 24h rapporte une télé mexicaine. Ils ne seront pas sanctionné parce que comme l’indique le secrétaire générale de la fédération mexicaine de football
«Un jour de congé, c’est un jour de congé. Ce sont les risques que l’on prend avec la liberté».
Traduction : Notre équipe a eu un comportement déplorable, mais pour les sanctions c’est trop tard à une semaine de la compétition. Préparation surprenante avant de commencer une Coupe du monde face à la Mannschaft tenante du titre…

Le carton rouge : Messi pas le bienvenue en Israël

L’argentine devait affronter Israël en match de préparation mais la fédération palestinienne a réclamé que Lionel Messi ne soit pas sur la feuille de match, non pas pour donner un coup de main à l’équipe israélienne, mais parce qu’elle considère sa présence comme un « outil politique ». Des militants de la cause palestinienne ont brandit des maillots faussement ensanglantés du virtuose argentin devant le centre d’entraînement de l’Albiceleste basé à Barcelone. Le match a été annulé et la fédération israélienne a déposé une plainte auprès de la FIFA contre la fédération palestinienne pour ce qu’elle considère être « du terrorisme footballistique ».
Que ce monde ne tourne pas rond d’accord, mais de là à empêcher le ballon rond de rouler …

Le supporter de la semaine : Macron à Clairefontaine.

Passage obligé avant une Coupe du monde depuis Jacques Chirac, le chef de l’Etat est venu passer un moment convivial avec l’équipe de France. Supporter de l’OM il est un vrai mordu de foot et y allé de ses conseils. Il leur a dit que
« Une Coupe du monde réussie est une Coupe du monde gagnée ».

Ce qui ne devrait absolument pas mettre la pression aux bleus de Didier Deschamps. Emmanuel Macron rêve d’un destin à la Jacques Chirac qui avait obtenu son  record absolu de popularité (entre 63% et 68%) entre le Mondial 98 et l’Euro 2000, deux victoires des Bleus ! Et pourtant son sport favoris c’était plutôt le sumo. Sport où la France n’a jamais été flamboyante.

Du côté de Vladimir Poutine, sa popularité ne sera pas entachée par la Sbornaya, incapable de gagner depuis 7 matchs et dont la qualité de jeu confine au néant.
*Contrairement à ce que j’ai pu dire par erreur à l’antenne, la Colombie sera bien présente à la Coupe du monde. Je voulais parler du Chili. Je présente mes excuses à Falcao et à toute la sélection colombienne.

#MamoudouGassama, un super-héros qui tire vers le haut !

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Depuis samedi la France a un nouveau spiderman.

C’est une histoire extraordinaire que le regretté Pierre Bellemare aurait aimé raconter. C’est l’histoire de Mamoudou Gassama, un jeune malien de 22 ans qui a quitté son pays. Pour rejoindre la France il est passé par le Niger, le Burkina Faso et la Libye et arriver dans un centre d’hébergement en septembre dernier. Samedi soir, il n’a qu’un but : regarder la finale de la Champions League et le troisième sacre consécutif des Merengue de Zizou.
Son plan initial va être complètement bouleversé. En levant les yeux, il aperçoit un enfant de 4 ans suspendu dans le vide depuis un balcon du 4ème étage d’un immeuble de la rue Max Dormoy, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Le père du bambin était retenu par une partie de Pokémon Go. Comme la nature de Mamoudou a horreur du vide, en 45 secondes il parvient à escalader les 4 étages via la façade du bâtiment pour sauver l’enfant.

Il aurait pu être un héros anonyme mais un élément va propulser Mamoudou Gassama sur une autre planète quitte à lui donner le vertige.

Son exploit a été filmé et a généré des millions de vues. Il a obtenu sa régularisation immédiatement.

https://twitter.com/EmmanuelMacron/status/1001028433437184000

Emmanuel Macron a tout de suite voulu rencontrer ce spiderman. Sans doute il y voit son alter-ego. Comme lui il était inconnu il y a peu et a dû grimper les échelons a vitesse grand V.  Comme lui il estime être un homme à régner (ariagnée).

Mamoudou Gassama est devenu un héros et un français grâce aux smartphones des badauds qui ont eu la présence d’esprit d’immortaliser le sauvetage d’une vie.

Le pendant de son exploit

Plutôt qu’un conte de Noël en plein mois de mai, certains ont préféré y voir la marque d’un complot. La machination de la théorie  du complot est en marche. Petit florilège vu sur les réseaux sociaux : Pourquoi était-il filmé ? Et si l’enfant était un mannequin ? En sauvant la vie de l’enfant il avait forcément une idée derrière la tête. Il voulait sûrement voler des DVD. Et si ce sauvetage n’était pas qu’un énorme complot orchestré depuis l’Elysée ?

La théorie du complot, toujours créative …

C’est frappant de voir combien la théorie du complot est créative. Certain ont fait l’effort d’imaginer que Gassama serait monté sauver le bébé en se disant qu’il serait filmé, que ça deviendrait viral et le conduirait à rencontrer Emmanuel Macron pour obtenir sa nationalité un emploi et un logement …
Gassama, notre nouveau compatriote va devoir composer avec l’esprit français si enclin à s’enthousiasmer devant le don de soi et à s’agacer devant les destins hors du commun, out of the box.
Comme le colonel Arnaud Beltrame, mais dans une moindre mesure, la France a besoin de héros, venant de Paris ou de Bamako qui les tirent vers le haut, et qui rappellent par leur foi et leurs abdos que toute vie doit être défendue.

Fauvergue : Latin tamarre

🎧 

Jean-Michel Fauvergue, a été au centre d’un bad buzz après une déclaration hasardeuse sur BFM TV.

Chaque attentat amène son lot des solutions imparables pour lutter contre l’islamisme radical. Dimanche soir sur BFM TV, Virginie Calmels, vice-présidente LR débattait avec Jean-Michel Fauvergue député LREM de Seine et Marne et ancien patron du RAID. Arrive un moment complètement lunaire.

 

Il se pourrait que Jean-Michel Fauvergue fasse allusion à une citation va-t-en guerre d’un certain JC : « Si vis pacem, para bellum ». En revanche, elle est de Jules César et non de Jésus Christ.
Rappel historique : Il n’y a pas de prêches en Latin en France. Le concile de Tours a tranché en 813. Les évêques ont du traduire leurs sermons en « langue rustique romane », ou en allemand et aujourd’hui les prêches se prononcent en langue vernaculaire. Ce qui n’empêche pas la liturgie, elle, d’être encore en latin dans certains lieux.
Quod erat demonstrandum.

Errare humanum est

Cette bourde anachronique consternante, a généré un flot de réactions Urbi et Orbi contre Jean Michel Fauvergue. Des réactions en meute.

Certaines biens senties, et même très drôles.

https://twitter.com/j_anciberro/status/995745165880053761

D’autres ont décliné leurs vade retro surtout à l’accusatif, oubliant deux choses : Errare humanum est.

Plus encore que le 13 novembre 2015 au Bataclan, le 9 janvier 2015 à l’hypercacher ou encore le 26 juillet 2016 à Saint Étienne du Rouvray il était en première ligne sans Deus ex machina mais arme de son professionnalisme et de son courage.
Sans remettre en cause l’absurdité de sa phrase, les attaques ad hominem l’étaient tout autant.

Delenda Fauvergue ?

Les catholiques ne veulent pas se faire amalgamer avec des fanatiques c’est naturel, mais il faut avoir à l’esprit que chez certains non-croyants il y a plus d’ignorance que de malveillance. Cette séquence a permis au grand public d’en savoir plus sur le fameux concile de Tours. Ça vaut bien un petit merci.
Réagir peut faire plus de mal qu’agir. Cela peut braquer des personnes qui pourraient montrer de l’intérêt pour la question de Dieu, ce qui n’est pas très ad hoc.
Les anathèmes en français peuvent faire plus de dégâts que des prêches en latin.

Pas ce soir, j’ai la migraine …

Il y a un an se tenait le débat entre Marine Le Pen face à Emmanuel Macron. Aujourd’hui nous en savons plus sur ce débat surréaliste qui a tant coûté à Marine Le Pen et sur cette campagne où rien ne s’est passé comme prévu.

 Il y a deux ans, Emmanuel Macron créait En Marche! Il y a un an il devenait Président de la République après le naufrage en direct de Marine Le Pen devant 16 millions de français.. J’avais eu l’occasion d’en faire une chronique le lendemain à ce micro. Depuis de nombreux documentaires ont permis de revenir en long en large et en travers sur les aléas de cette campagne. Le Dynamiteur, Le casse du siècle, Marine Le Pen est elle (vraiment) finie, C’était écrit et j’en passe … beaucoup de documentaires pour raconter des anecdotes qui ont fait le sel de cette campagne.

Les chats noirs

L’anecdote est racontée dans le documentaire de Bruce Toussaint C’était écrit consacré à François Fillon. On raconte qu’alors que le Canard Enchaîné s’apprête à sortir sa bombe l’affaire Pénélope, le candidat de droite est en train de tirer les rois. Saviez-vous quel était le motif de la fève ? Je vous le donne en mille : des chats noirs. Pas de bon augure pour François Fillon. L’illustration que sa campagne allait être un calvaire.

Le piège de Macron

Le matin du débat, les conseillers de Marine Le Pen découvre la candidate frontiste dans un état inquiétant. Elle a une migraine ophtalmique qui l’empêche de tenir le coup. Son équipe de campagne pense même un instant demander à reporter le débat. Trop tard.C’est dans ces conditions qu’elle arrive dans le studio de la Plaine Saint Dénis pour partir au casse-pipe dans le piège créé par Emmanuel Macron.
Quelques jours avant le débat, celui qui était alors candidat En Marche ! réussissait un coup de maître en créant une intox parfaite disant qu’il partirait au bout de 30 minutes si il servait de punching-ball à Marine Le Pen.

Ne brillant pas par sa maîtrise des dossiers, souffrante, elle a choisi de taper d’entrée de jeu sur Macron sans voir le piège qui l’attendait …

Est-ce que l’issue aurait été différente ? Impossible à dire.
L’attester serait de la poudre de perlimpinpin …

Le Média m’a tuer

La polémique de la semaine se passe dans l’université de Tolbiac. Vendredi nous apprenions qu’un jeune étudiant serait mort suite à l’évacuation de la fac par la police. Pourtant … il n’y avait pas mort d’homme.

C’est l’histoire d’un polar sans cadavre, d’une scène de crime sans crime, d’un meurtre sans victime. C’est l’histoire de la fiction qui dépasse la réalité. Vendredi dernier, après l’évacuation de la commune libre de Tolbiac (comme l’appelle les zygotos qui l’occupe) un tweet, puis un article dans le webzine écologiste Reporterre, sur la base de trois témoins, rapportait qu’un étudiant aurait chuté en tentant de s’enfuir. Il serait tombé du haut du toit. Des témoins disent avoir vu le corps inerte de l’étudiant dans une mare de sang. Ils affirment aussi que les services de propreté de la Ville de Paris seraient venu en loucedé pour nettoyer la scène de crime.

L’information est très largement reprise …

Dans un premier temps Marianne, Politisreprennent l’information d’un étudiant gravement blessé. Puis surtout Le Média qui publiera le récit d’une jeune étudiante prénommée Leila qui raconte à visage découvert les conditions de ce qu’elle dit avoir vu. Problèmes Agatha Christiens : Quid de l’identité de la victime ? Quid de son état réel puisqu’il est passé de mort à grièvement blessé ? Quid de l’hôpital où il serait hospitalisé puisque l’APHP a démenti une hospitalisation ?

Notons que Leila expliquera qu’elle était une témoin non oculaire pour finir par avouer rapporter ce que « On » lui avait dit. Comment appelle-t-on un crime sans mort, un blessé grave sans plaies, avec des témoins bidons, et aucune preuve ? Une Fake News !

Qu’est ce que cette histoire dit du traitement de l’information ?

Notre rapport à la recherche de la vérité doit être sans concession. Un meurtre commis par un policier est beaucoup trop grave pour être traité sans un recoupement rigoureux. Libération a fait un vrai travail de Fact Checking pour démonter une par une les inventions des communards libres de Tolbiac. Reporterre a aussi reconnu s’être fait berner. À l’heure où la mode est au lynchage des journalistes, s’impose l’impérieuse nécessité de saluer ceux qui font bien leur travail plutôt que de faire confiance à un pseudo Le Média dont la méthode de Gérard Miller consiste à ne pas se laisser impressionner par « les cris d’orfaie des défenseurs de l’exactitude » jugeant important de dénoncer les violences policières quitte à donner la parole à des étudiants mythomanes.

Benzema, le Boris Vian du football français

Karim Benzema, une fois n’est pas coutume, à fait parler de lui cette semaine dans une interview dans l’édition espagnole de Vanity Fair.

Il fait parler et c’est pas avec cette interview que sa cote va remonter dans le cœur des français. Autant cette saison il est plus muet que Jean Dujardin dans The Artist avec seulement 5 buts pour 8 passes décisives – ce qui est un comble pour un attaquant de sa classe- autant il est un domaine où il ne rate jamais le cadre : les déclarations sans queue ni tête.
Interrogé sur les raisons pour lesquelles il n’est pas retenu dans la liste de Didier Deschamps, il affirme que c’est pour des raisons politiques. Il fait allusion à la déclaration de Manuel Valls qui l’invitait à être exemplaire.
Il assure ne vouloir rien faire pour convaincre Deschamps de le reprendre dans le groupe. Pour l’instant sur le terrain il fait tout ce qu’il faut pour ne pas l’être. En fait Benzema c’est le Boris Vian du football français.

Le Boris Vian du football français

 Quand on lui demande ses raisons qui le conduisent à ne pas chanter La Marseillaise il apporte cette réponse lunaire :
« Si vous écoutez bien, La Marseillaise appelle à faire la guerre. Et ça, ça ne me plait pas »
À l’écouter Le Déserteur devrait être l’hymne nationale. Certes, La Marseillaise n’est pas la chanson la plus peace and love du répertoire musicale français mais en même temps quand tout le stade de Wemblay reprenait La Marseillaise après les attentats du 13 novembre ce chant patriotique avait aussi valeur de solidarité et d’universalité.

Il n’aura pas l’occasion de la chanter cette été en Russie.

Benzema : une chance ou un boulet pour l’équipe de France ?

Paradoxalement l’attitude de Karim Benzema est aussi une chance pour les bleus. Cela montre que même un surdoué du football ayant des qualités au-dessus de la moyenne n’a pas tous les droits. En son temps, Aimé Jacquet s’était passé de Cantona et de Ginola pour faire confiance à des joueurs prometteurs mais sans grande expérience. Ils s’appelaient Zinedine Zidane, Thierry Henry et David Trezeguet.
La suite on la connaît…

 

Hollande se livre …

Écoutez 

François Hollande est de retour avec un ouvrage de 400 pages pour développer « Les leçons du pouvoir ». Un livre de plus ou un livre de trop ?

Depuis 2012 dans les librairies a côté des rayons foi et superstition ; cuisine et régime ; bien-être et poney il y a un gros rayon consacré à François Hollande.
On ne compte plus le nombre pléthorique de livres sur son mandat. Il y a eu ceux auxquels il a contribué à raison d’une heure d’entretien par mois Un président ne devrait pas dire ça et Conversations Privées Avec Le Président ceux dont il est le personnage central Merci pour ce moment. Depuis peu ses anciens conseillers ont chacun à leur tours publié un journal sur la vie au pouvoir La politique est un sport de combat ! Hier, l’ancien président y est allé de son bouquin avec « Les leçons du pouvoir ». L’occasion d’évoquer sa politique et son héritage qu’à la différence de Johnny Hallyday personne ne réclame.

 « Il est irrationnel de ne pas tenir compte de l’irrationalité »

Sur la déchéance de nationalité, il écrit cette phrase révélatrice :

« Aussi solides soient-ils, mes argument deviennent plus inaudibles chaque jour. En politique, je le sais au fond de moi, il est irrationnel de ne pas tenir compte de l’irrationalité. »

Ce qui frappe tout au long du livre, c’est qu’on ne sait plus vraiment si c’est le produit du travail d’un journaliste ou le récit de son action. Un mélange des genres où c’est le premier qui prédomine.

L’impression d’un chef d’orchestre sans baguette, d’un ventilateur sans air. Et puis les leçons du pouvoir sont adressées directement à … Emmanuel Macron.

Son interview dans le 20h d’Anne-Sophie Lapix a beaucoup fait parler.
Interrogé s’il aurait pu battre Emmanuel Macron il a déclaré ceci :

Il ne l’a pas voulu. Les français non plus. Finalement on en vient à cette conclusion implacable : si il n’y avait pas eu Les ambitions d’Emmanuel Macron, l’affaire Leonarda, la déchéance de nationalité, les photos dans Closer, l’affaire Cahuzac, le livre de Valérie Trierweiler et j’en passe, ce quinquennat eut été parfait mais avec des « Si » …

Est-ce que la relecture est une imposture ?

Écoutez ♫ 

Réécriture, relecture et réévaluation …

Cette semaine, le journal Marianne a révélé qu’une interview de la ministre des transports Elisabeth Borne à paraître dans Les Échos, restera finalement à quais. En cause, une interview trop retoquée par les équipes de Matignon pour être publiable. Cette interview sur la réforme hautement sensible de la SNCF a motivé cette intervention de Matignon. Résultat : Cette interview non publiée a beaucoup fait parler à l’instar des trains qui n’arrivent pas à l’heure.
La question qui se pose : Est-ce que la relecture est une imposture ?
Petite enquête dans les grandes rédactions de la presse française sur les usages.

Comment la presse française procède ?

D’abord un consensus. Entre l’écrit et l’oral il y a une nécessaire réécriture. La plupart des médias français offre à la personne interviewée – si elle le demande- la possibilité d’une relecture, pour ce qui touche à la forme. La ligne jaune explique Luc Bronner, directeur de la rédaction du journal Le Monde c’est « de ne pas modifier le sens de l’entretien ou de ne pas apporter de modification substantielle ». L’enjeu est de s’assurer que l’interview ne devienne pas une tribune. Il s’agit de faire éclater « la vérité du moment pour ne pas perdre la spontanéité », précise Alexis d’Ancezune, chef de service aux éditions locales du Parisien. Il plaide pour que le journaliste soit dans une attitude de « résistance » face au danger d’une interview « qui deviendrait des communiqués de presse et feraient perdre toute crédibilité au journaliste ».

Francis Veber vs Ponce Pilate

Un exemple biblique parlant est Ponce Pilate qui en réponse aux injonctions des chefs des prêtres visant à modifier l’écriteau placé au-dessus de La Croix du Christ répliqua : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit » (Jn 19,22)
L’épisode de l’interview retoquée révèle les doutes de l’exécutif et la volonté affichée de verrouiller l’information
Mais le scénariste Francis Veber, rappelle qu’écrire c’est réécrire.
Pour sortir de cet écueil, il est préférable d’être convaincu de son message à faire passer. Se relire peut s’avérer être indispensable pour apporter de la lisibilité à un dossier de presse. L’exemple à ne pas suivre est l’UNEF qui a rédigé un dossier de presse truffé de fautes d’orthographe comme l’a relevé le Canard Enchaîné.

Le « 10 améliorable »

Autant les étudiants en grève sont nuls en orthographe, autant ils excellent en mathématiques en imaginant un procédé arithmétique révolutionnaire qui s’appelle le 10 améliorable. Pour faire simple, les étudiants ont 10/20 d’office ce qui leur assure le deuxième trimestre, tout en conciliant une vie d’étudiants grévistes sereine.
Est-ce que réécrire les barèmes de notation leur permettra de se dessiner un avenir ?
Un grand merci à Luc Bronner, Jean-Marie Dumont, Alexis d’Ancezune, Natalia Trouiller et Henrik Lindell qui ont accepté de répondre à mes questions. 

Arnaud Beltrame, ce héros

Écouter  

Vendredi dernier la France a une nouvelle fois était la cible du terrorisme. Comme souvent sur les réseaux sociaux, il y a eu le meilleur et le pire…

 On attribue à Andy Warhol la théorie du quart d’heure de célébrité. Le pop artiste aurait dit en mars 1968 (50 ans jour pour jour) :
« À l’avenir chacun aura le droit à 15 minutes de célébrité mondiale ».
L’attaque terroriste de Trèbes en est la dramatique illustration.
L’itinéraire sanglant du terroriste a commencé à 10h13 et les premiers tweets avec #Trebes ont commencé à déferler vers 11h30 alors que la prise d’otage était en cours. Ce que certains Twittos ignorent c’est que lors d’une prise d’otage, les terroristes font de la veille sur Twitter et analysent comment la situation évolue. Tweeter peut avoir de très très lourdes conséquences.

Chaque information postée sur les réseaux sociaux (comme les photos) se mute en capture d’écran dans les conversations cryptés des djihadistes. Un spécialiste du terrorisme demandait instamment : « ne diffusez pas de photos des lieux ni du dispositif de secours. Ceux qui l’ont déjà fait, sachez que vos œuvres sont déjà sur les canaux jihadistes deTelegram (entre autres). Allumez le cerveau et cessez d’émettre.

Et pendant ce temps dans le Super U de Trèbes, une autre histoire se déroulait.

Alors que les réactions les plus vives excitaient toute la toile. Alors que les experts en expertises expertisaient. Alors que les chaînes d’info en continue meublaient sur les quelques informations (pas toujours vérifiées) concernant le profil du terroriste, un huis clos décisif a fait basculer la prise d’otage.
Arnaud Beltrame, colonel de la gendarmerie nationale est entré dans la grande surface pour faire face au terroriste. Il prend la place de l’otage, lui sauvant la vie en sacrifiant la sienne.
C’est son nom qu’on retiendra. C’est sa vie donnée qui fera plus de bruit que toutes les détonations possibles. Arnaud Beltrame a -par son courage- changé la focale de cette attaque islamiste pour en faire un témoignage saisissant du don de soi et a permis à des millions de téléspectateurs d’entendre Mgr Planet rappeler « qu’une vie donnée ne peut pas être perdue ».

Mais les polémique ne se sont pas tues…

Si comme le dit si bien Boris Cyrulnik « La vie est un champ de batailles où naissent les héros qui meurent pour que l’on vive » les réseaux sociaux sont parfois un champs de ruine où les utilisateurs se prennent pour des héros. Quand la France est touchée dans sa chair, elle a tendance à souvent tombé dans l’écueil de la surenchère.
Eugénie Bastié, qu’on a connu plus inspiré, alors qu’Arnaud Beltrame est entre la vie et la mort, s’est essayée à un message navrant et complètement à côté de la plaque qu’elle qualifiera plus tard de débile avant de s’excuser. Trop tard.
Stéphane Poussier, un ancien candidat de la France Insoumise se réjouira de la mort d’Arnaud Beltrame, imputant aux gendarmes « l’assassinat »  de son « ami Remi Fraysse ».
Enfin une militante vegan elle se félicitera de la mort du boucher.
On nage en plein délire et certains médias ne peuvent s’empêcher de relayer ces infos.
Du côté de la « cathosphère » le outing de la GLDF sur l’appartenance d’Arnaud Beltrame à la franc-maçonnerie a semé le trouble chez certains alors qu’on apprenait au même moment sa conversion sur le tard et son mariage religieux prochain.
Sa vie n’appartient qu’à lui et à Dieu, le sens de sa mort est un témoignage pour tous et la complexité des âmes ne peut que nous rappeler que nous ne devons pas nous prendre pour Dieu qui connaît mieux que personne les reins et les cœurs.
Ce que l’on peut dire c’est qu’il a mis en pratique cette phrase de Sainte Thérèse de Lisieux :
« Aimer c’est tout donner et se donner soi-même ».
Aujourd’hui, alors qu’il sera inhumé dans l’intimité familiale, respectons enfin le deuil de sa famille, admirons la dignité de sa femme et ne soyons pas dans une vaine récupération puisque maintenant sa vie est entre les mains de Dieu, mais plutôt dans la communion ce qui est un minimum le Jeudi Saint.

#DeleteFacebook – Le scandale Cambridge Analytica

​Ecoutez ► https://incandescentes.files.wordpress.com/2018/03/unjouruneidee_20180322.mp3

Depuis vendredi Facebook est dans la tourmente après les révélations du New-York Times sur l’affaire Cambridge Analytica. Rappel des faits.

Le scandale est éthique et politique. Cambridge Analytica, est une entreprise de communication stratégique accusée d’avoir volé les données personnelles de 50 millions d’utilisateurs inscrits sur les listes électorales américaines via Facebook pour établir un profil psychologique de l’électeur. C’est ce qu’on appelle la psychographie. Elle l’a fait pour le compte de Donald Trump et ça a eu un impact évident dans la campagne américaine marquée par les Fake News car bien qu’ayant remporté moins de vote qu’Hillary Clinton, Trump a gagné les swing states comme la Floride par 113 000 voies grâce à des spots télévisés très ciblés.

Qui est responsable du scandale ?

Les deux se renvoie la responsabilité. Cambridge Analytica estime qu’ils ont obtenu ces données personnelles de manière légale en utilisant la plateforme de Facebook. Ce qui est juste.

 

Mark Zuckerberg à réagit hier à 21h dans une longue explication. Il confirme qu’il y a bien eu des failles de leur part sur la protection des données. Zuckerberg fait dans le responsable mais pas coupable. Pourtant si un banquier a laissé la porte de votre coffre ouverte, as t-on le droit de se retourner contre son banquier

Facebook, faiseur de prince ?

Facebook est une entreprise commerciale qui sait exister politiquement. Barack Obama en 2008 s’est aussi fait aider par une armée de spécialistes du numérique dont Chris Hughes, cofondateur et porte parole de Facebook et a été promu coordinateur de l’organisation en ligne de la campagne du 44ème président des Etats-Unis.

Quelles sont les conséquences pour Facebook ?

Hier un tweet a fait le buzz. Il est l’œuvre de Brian Acton, le fondateur de WhatsApp qui disait : « C’est l’heure. Supprimons Facebook ». WhatsApp qui a été rachetée par Facebook en 2014 pour la modique somme de 16 milliards de dollars.

Ce n’est pas le seul. Sean Parker, ancien président de Facebook, a avoué qu’il n’avait pas prévu « les conséquences d’un réseau, lorsqu’il grandit à 2 milliards d’utilisateurs (…). Seul Dieu peut savoir ses conséquences sur le cerveau de nos enfants ». (sic)
En décembre, Chamath Palihapitiya, ancien vice-président du réseau social, a carrément fait part de son « immense culpabilité »
C’est vrai que Facebook dont le CA est supérieur au PIB de la Belgique n’a même pas 15 d’existence n’arrive pas à se contrôler. Sa présence a changé l’histoire du numérique et a influé sur l’histoire.
Facebook est devenu un adolescent qui n’arrive plus à se contrôler.

Quel usage doit-on avoir de Facebook ?

Il faut l’utiliser avec intelligence et sagesse*.
L’intelligence c’est de savoir que la tomate est un fruit, la sagesse est de ne pas en mettre dans une salade de fruits.
Ainsi va Facebook, il faut avoir à l’esprit que publier sur Facebook c’est donner de l’argent à Facebook. Certes la plateforme est gratuite mais dans le marketing quand un produit est gratuit, c’est que le produit c’est vous.
Si vous avez besoin d’aimer, de partager, de grandir en amitié. Optez plutôt pour une retraite en foyer de charité ou ailleurs. C’est tendance.
* L’excellent JT de Sylvie https://www.pscp.tv/w/1eaJbpXdaEZKX 

Jean-Marie Le Pen, le côté obscur de la farce

Stephen Hawking était le spécialiste des trous noirs. Jean-Marie Le Pen était qualifié d’astre noire par François Léotard. Le menhir a fait parler de lui sur les réseaux sociaux cette semaine.

Alors que le Front National va (devrait) devenir le Rassemblement National, son fondateur Jean Marie Le Pen a fait parler de lui au moyen d’un clip pittoresque dont lui seul à le secret pour promouvoir le Tome 1 de ses mémoires « Fils de la Nation » aux éditions Muller.
Notamment par les médias. La ficelle est un peu grosse parce qu’il a été invité sur tous les plateaux pour parler de son livre. Les médias prennent aussi ce qu’il leur donne à manger.

Pourquoi ce clip maintenant ?

Pour faire parler de lui au détriment de sa fille. Ce n’est pas évident pour les enfants de célébrités d’assumer l’héritage d’un parent célèbre comme chez les Hallyday par exemple. Chez les Le Pen, c’est tout l’inverse. Le menhir doit maintenant apprendre à vivre dans l’ombre de sa fille.
Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen c’est l’histoire qui recommence.
Chacun a eu son numéro 2 honni. Bruno Mégret pour le père, Florian Philippot pour la fille.
Comme son père elle a eu à gérer un membre de la famille gênant : Marine pour Jean-Marie, Marion pour Marine.
Comme son père, elle a changé le nom du parti.
Comme son père elle ne se fait pas appeler par son vrai prénom : Le sien étant Marion. Son père s’appelait Jean avant de devenir Jean-Marie après son mariage.

Dans ce climat de détestation familiale médiatique, un film propose tout l’inverse.

Il s’agit du film de Dany Boon, La Ch’tite Famille qui a déjà fait 2,5 millions d’entrées. L’histoire d’un décorateur intérieur ultra bobo qui a un succès fulgurant et voit sa famille resurgir du passé alors qu’il avait tout fait pour l’oublier.
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Quand vient l’épreuve il va rapidement se rendre compte que la famille est ce qui compte par dessus tout. Ce film a des longueurs, ce film est populaire, c’est un feel good movie mais ce film est essentiel pour rappeler que la famille ne doit pas être belle seulement au cinéma …
Un grand merci à Gabriel Macé pour sa collaboration et pour son aide inestimable pour cette chronique. 
Suivez le sur Twitter @gab_mace 

Le #Jawad Comedy Club

Écoutez ♫

Cette semaine c’est le procès Jawad qui a beaucoup fait parler.

Jawad Bendaoud est devenu célèbre pour une intervention lunaire sur BFMTV le 18 novembre après l’assaut du RAID contre l’appartement qu’occupait le commando des terrasses Chakib Akrouh, Abdelhamid Abaaoud et la cousine de celui-ci Hasna Ait Boulahcen. Il affirmait ignorait que les occupants étaient des terroristes avant de se faire interpeller toujours en direct sur BFMTV !

Le Jawad Comedy Club

Ce qui frappe avec Jawad c’est à quel point il est confondant de bêtise.
Si vous aimez les oxymores, sachez que Jawad se définit lui-même comme « Calme comme une bombe ».(sic)

Autre exemple

C’est accessoirement à cause de gens « comme ça » que 130 personnes perdront la vie, massacrés aux abords du stade de France, sur des terrasses et bien sûr au Bataclan.

Sentant les portes du pénitencier bientôt se refermer il déclare :

«Je suis fini. Je suis fini. J’avais un projet de faire un nouveau point de vente de cocaïne. Qui va vouloir s’associer avec moi, maintenant ?

Le pauvre homme.

Sans présager de sa culpabilité ce qui n’est pas mon rôle, il est évident que Jawad ne fait pas la différence entre un tribunal et une salle de spectacle. Il a l’impression d’être sur BFM.

Peu importe qu’aucune caméra ne soit présente dans la salle d’audience, il fait le buzz sur Twitter grâce aux chroniqueurs judiciaires qui ont le mérite de retranscrire un discours totalement déphasé.

Jawad, une comptine pour enfant !

Jawad ne cherche pas à se faire passer pour un saint. Il dit avec des arguments tous plus invraisemblables les uns des autres ne pas avoir pu réaliser que c’était des terroristes mais en revanche, il se rappelle en détail de son sandwich dinde-boursin.
La propension de Jawad à chercher à faire rire (parfois à ses dépends) dans un contexte dramatique, fait penser aux comptines pour enfant. Mignonnes au premier abord, mais en creusant un peu plus, ne sont pas si innocentes que cela comme l’a relevé un internaute cette semaine.

https://twitter.com/_Talleyrand_/status/957548988760252416

Il était un petit navire raconte l’histoire d’un bateau qui n’a jamais navigué et dont les membres d’équipage, perdus en mer, finissent par entre-dévorer. À la pêche aux moules c’est une jeune fille qui ne veut plus y aller car les gens de la ville… l’ont violée. Enfin, Une souris verte relate la torture d’un soldat vendéen par les troupes républicaines durant la Révolution française.

 

#ChooseFrance – Ô rat, Ô désespoir

Ecouter ♫ ► 

Un mot clé a fait le buzz cette semaine : #ChooseFrance !

Cette semaine, le président Emmanuel Macron a accueilli à Versailles des chefs de grandes entreprises mondiales pour le sommet #ChooseFrance. Le but louable de ce sommet est d’inciter à investir en France. Un mots-clé a été choisi pour cette grande entreprise de lobbying : #ChooseFrance ! Inutile de vous dire que Molière qui a écrit les plus belles pièces de théâtre du répertoire classique qui les a jouées dans ce fameux château de Versailles a dû se retourner dans sa fosse quand il a entendu cet # ! La même semaine, le premier ministre Edouard Philippe renonce à l’exposition universelle de 2025.

La question qui m’est venue est la suivante: Pouvons-nous choisir la France mais pas le français. Je n’ai pas de réponse. Peut-être, pour que la France rayonne à l’international, il faudrait passer au franglais.
Il y en a par contre qui ont vraiment choisi la France ! 
Ils sont venus, ils sont tous là. Les rats ont quitté les péniches et pour ne pas rester à quai ont investi eux les bas fonds de Paris. Si l’on en croit la vidéo qui a fait le buzz cette semaine montrant des centaines de rats prisonniers d’une poubelle, les rats sont en passe de devenir les plus grands touristes de Paris !

Les rats ne sont plus qu’à l’opéra.

D’aucuns disent que cette présence embarrassante pourrait coûter la réélection d’Anne Hidalgo, d’autres privilégient l’amour plutôt que la mort au rat ! Une pétition a même récolté près de 17 000 signatures pour ne pas les incinérer. Nous attendons même la prochaine tribune dans Le Monde sur le droit d’être importuné dans le métro par des rats car cela pourrait générer de belles rencontres. Déjà que certaines rames ne s’arrêtent plus dans certaines stations en raison des dealers de crack. Peut-être que ces rats qui débarquent ont envie de prendre la relève de Paul Bocuse ayant à l’esprit le génial dessin animé de Pixar Ratatouille !
Entre les rats et le #ChooseFrance il faut faire un choix. J’ai choisis de rendre hommage à Jean de la Fontaine !
Autrefois le Rat de la city
Invita le Rat des champs comme guest,
Comme un gentleman,
D’une façon so bling bling.
 
Sur un carpet de Turquie
Le couvert set up .
Je laisse à penser la life
Que firent ces deux buddies.
 
L’happy meal fut fort honnête,
Rien ne manquait a ;
Mais quelqu’un troubla la party
Pendant qu’ils étaient en plein chill .
 
A la porte de la salle
Ils entendirent uncson underground:
Le Rat de ville is out;
Son buddy le suit.
 
Le bruit est off :
Rats en campagne now;
Et le rat de Down Town de chatter :
Faisons un break
 
– C’est enough, dit le rustique ;
Demain vous viendrez dans mon living :
Ce n’est pas que je me pique
De tous vos meals de Roi ;
 
Mais rien ne vient stopper :
Je mange everything .
Bye ; c’était cool
Que la crainte peut corrompre.

Johnny

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La mort de Johnny Hallyday a donc été un événement national

Cette disparition nous sommes beaucoup à avoir du mal à nous y faire à l’idée. Beaucoup de gens ne savent plus où Smet. C’est pourtant une réalité. Une triste réalité mais « Le Fils de personne » a rejoint le Père. Les hommages de tous les bords ont afflué, déferlé de tous les côtés ! L’onde de choc était immense. Mais cet événement était bizarrement très ecclésiastique.

Un événement ecclésiastique 

Aucunement ! Comme vous le savez l’idole des jeunes avait le génie des lapalissades. Sur le Dakar où il avait fait honneur au désert, avec cette phrase désormais culte :

« Tu te rends compte que si on n’avait pas perdu une heure et quart on serait là depuis une heure et quart ».

Mais ce n’est pas tout. Une autre fois, interrogé sur ses goûts musicaux, il avait expliqué qu’il avait des goûts très ecclésiastiques ! Oui vous avez bien entendu. Pas étonnant que ses obsèques ait été vues par 16 millions de téléspectateurs !Mgr Benoist de Sinety a ouvert son homélie d’une grande profondeur en citant cette chanson :

Avec une seule poignée de terre Il a créé le monde
Et quand il eut créé la terre
Tout en faisant sa ronde
Le seigneur jugeant en somme
Qu’il manquait le minimum
Il créa la femme
Et l’amour qu’elle a donné aux hommes.

La presse chrétienne s’en est mêlée. Gérard Leclerc a fait plus d’éditos en une semaine sur Johnny Hallyday que dans toute sa grande carrière de journaliste. Jean-Pierre Denis va aller jusqu’à écrire qu’il était « notre plus grand missionnaire » ! Je suis tout à fait d’accord avec cette analyse parce que même si Johnny n’a pas vécu en (Claude) moine, qui d’autre que Johnny aurait pu offrir ses goûts ecclésiastiques à une telle échelle ? Une communion populaire mais une communion d’abord. Une communion où l’on a chanté Dieu et puis l’amour « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom … » dit Jésus alors imaginez avec 16 millions …

Et puis il y a eu ce tweet d’Emmanuel Macron rappelant qu’on « a tous quelque chose de Johnny »…

Johnny, je l’ai vu en vrai à trois reprises. La première fois, à la Villa Molitor, j’avais 10 ans et j’étais tombé sur une Harley et son propriétaire. Ignorant tout de Johnny, j’étais plus fasciné par son bolide qu’il m’a très gentiment laissé regarder de près. Quelques années plus tard, et une culture musicale légèrement plus accrue, je l’ai revu au Champs de Mars « Allumer le feu » avec une énergie hallucinante pour ce qui  était sa première dernière tournée. La première d’une longue série. Enfin la troisième fois c’était au théâtre Edouard VII dans une pièce de Tennessee Williams « Le Paradis sur terre » et il y était éblouissant. Aujourd’hui le paradis de Johnny n’est plus scène. Pour ce qui est de la musique elle vivra, tant que vivra le Blues et depuis une semaine on est beaucoup à avoir un coup de Blues.

#PorteTaCroix par Toutatis

Une carte inexistante par Belenos … 

Effectivement, les amoureux d’Astérix et d’Obelix ont eu la surprise en découvrant le nouvel album Astérix et le transitalique de constater qu’une carte manquait ou plutôt brillait par son absence : Celle du Village gaulois irréductible entouré des fameux camps Romains : Laudanum, Babaorum, Petibonum et Aquarium.

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Où est-elle passée par Toutatis ? L’éditeur explique que c’est un choix éditorial Puisque comme l’action se situe en Italie, l’éditeur a jugé bon de mettre une carte de l’Italie. C’est curieux, puisque tout le monde sait qu’en 50 avant JC Toute la Gaule était occupée par les Romains. Toute ? Non ? Un village d’irréductible résiste encore et toujours à l’envahisseur. Curieusement, en enlevant cette carte on a jamais autant parlé… Doit-on entrer en résistance ? Pour une Carte ? Je ne le crois pas. Ceci dit, en 2017 après Jésus-Christ ou en 2067 après Astérix, le village de Ploërmel est au cœur d’une grande polémique sur un sujet dont la France est championne olympique: la laïcité.

Après la décision du conseil d’État de faire retirer la Croix au-dessus de la statue du pape Jean-Paul II, suite à la plainte des libres penseurs du Morbihan, des dizaines de milliers #MontreTaCroix ont surgis sur les réseaux sociaux.

Le 12 février 1904, 500 Ploërmelais avaient manifesté au son du tocsin  lors de l’arrivée en train, de l’armée (1 200 hommes), venue déloger les Frères de l’école La Mennais : l’école fut cernée, mais des officiers refusèrent d’ordonner l’assaut, désobéissant aux ordres reçus ; des Frères furent contraints de s’exiler au Canada ; les religieuses furent également expulsées du couvent des Ursulines du Sacré-Cœur.

Pour revenir à Ploërmel, le fait de se braquer contre une croix et non contre la statue de Jean-Paul II (qui selon eux n’est pas un symbole religieux) à fait éclore des millions de photos sur un espace public digital qui s’appelle Twitter et où les croix ont afflué avec le hashtag #MontreTaCroix !

Une sacrée défaite pour les libres penseurs ? 

Attention ! Révélation : Je peux vous dire aujourd’hui que l’association des libres penseurs est sans aucun doute la meilleure agence de com’ de l’histoire de l’église catholique. Nous pourrions en douter, car il est vrai que pour ce groupuscule, voir une croix dans l’espace public est synonyme de calvaire. L’année dernière, j’avais débattu sur la chaîne France Info avec un membre de l’association de la libre pensée, au sujet des crèches dans l’espace public. Je lui faisais remarquer que si nous enlevions tous les symboles culturels qui sont liés au cultuel, alors il était impératif d’enlever fissa la galette des rois à l’Élysée. C’est la raison pour laquelle je pense qu’il s’agit d’une agence de com’ pour les édifices religieux dans l’espace public plutôt que pour une laïcité drastique.

En revanche ce serait une défaite pour les internautes ayant montré des croix sur leur réseau social en restent là ! Comme le disait Jean Pierre Denis dans son excellent éditorial :

« Tout chrétien se rappelle que le bois de la Passion n’est pas une bannière politique ou un marqueur idéologique, mais l’arbre vif d’un Dieu vivant. »

#MontreTaCroix c’est bien mais porte ta croix c’est mieux. Beaucoup mieux.

Le #PipiGate

Cette semaine, c’est un membre du cabinet du président qui a fait parler de lui à l’Elysée ?

Plus précisément c’est un proche éminent du président qui a pris l’Elysée pour son cabinet. Il a l’œil alerte, Le poil soyeux : il s’appelle Némo, et c’est le chien du chef de l’état. Cette semaine il a fait rire jaune en réduisant à néant tous les codes du protocole en se soulageant sur la mythique cheminée noire du bureau élyséen. Pour couronner le tout : devant les caméras de télévision de LCI qui filmait une réunion de travail entre le président et trois de ses ministres. Il faut savoir que cette info a été reprise par à peu prêt toute la presse nationale et internationale.

Même l’Agence France Presse (c’est pas une blague) en a fait une dépêche qui a fait un débat dans l’agence de l’utilité de révéler au monde une information de ce type.
Ceux qui ont un toutou chez eux vont trouver cela rigolo et amusant mais derrière cette anecdote insignifiante, qui ne mérite même pas le moindre début de commencement de seconde d’antenne ou d’article, j’ai découvert des zones d’ombre.

Des zones d’ombre

Même une affaire d’État. Après une enquête approfondie de ma part. Déjà, intéressons-nous au profil du principal protagoniste : Nemo.
Nemo est un jeune chien qui a aujourd’hui 2 ans. C’est un labrador noir que et en même temps un griffon. Un batard donc.
Nemo a été adopté par le couple Macron dans un refuge de la SPA. Il lui ont donné le nom de Nemo en référence au Capitaine Nemo du roman de Jules Verne. Ce personnage qui est hanté par un passé traumatique. D’ailleurs, Nemo le chien a eu un passé traumatique puisqu’il a été abandonné en 2016 à … Tulle. La ville de Tulle, si situant dans le département de la Corrèze, lui-même situé en France. Qui a été maire de Tulle ? Qui a été le président du Conseil Générale de Corrèze ? Qui a été le président de la République Française ? Cela commence à devenir troublant.

Un chien de sa chienne

Ne soyons pas spéciste au point de considérer les chiens incapablent d’être factieux. Il est vrai que Nemo a refusé de répondre à ma demande d’interview et c’est bien dommage. Son mutisme interroge. Dans quel camps s’est t’il niché ? Pour qui ramène t’il la baballe ? Pour Macron ou pour Hollande ? Plusieurs argument permettent de penser que c’est pour le deuxième.
Je vous ai dit que Nemo avait été abandonné en 2016, et c’est précisément en 2016 qu’Emmanuel Macron a laissé tomber Hollande, lancé son mouvement En Marche ! pour avoir le destin que l’on connaît.
Et puis un autre élément troublant d’ajoute à la liste. C’est vrai qu’avoir un chien à Paris n’est pas une synécure et qu’un président n’a pas beaucoup de temps pour sortir son chien. Mais l’hotel d’Evreux c’est un jardin de 20 000 mètres carrés, pour 7 000 mètres carrés de pelouse. Autrement dit, pourquoi le fait-il dans le bureau du président alors qu’il a tout le loisir de le faire dehors ? Sans aucun doute pour marquer son territoire …
Et enfin l’indice le plus accablant sur le conflit d’intérêt de Nemo avec Hollande, c’est qu’il urine au moment où les caméras filment, au moment où la tension entre l’ancien et actuel président est à son paroxysime après que Macron ait traité son prédécésseur de Zigoto comme le rapporte le JDD.
Peut-être qu’Hollande à gardé pour Macron un chien de sa chienne

#BalanceTonPorc

En pleine affaire Harvey Weinstein le hashtag #BalanceTonPorc a fait surface sur les réseaux sociaux pour libérer la parole des femmes victimes d’agressions sexuelles. Historique des faits

Tout est parti de l’affaire Harvey Weinstein la semaine dernière. Des femmes ont pris la parole pour accuser à visage découvert d’agressions sexuelles et de viol le producteur américain. Puis une litanie d’actrices connues Asia Argento, Léa Seydou ou encore Gwyneth Paltrow. Notons au passage qu’Harvey Weinstein a permis de part son influence à The Artist de remporter 5 oscars. The Artist l’histoire d’une star du cinéma muet qui décide de quitter le cinéma quand le parlant arrive.

Revenons à nos moutons ou plus exactement venons en à nos porcs. Le scandale va rapidement traverser l’Atlantique quand La journaliste Sandra Muller, vendredi dernier en début d’après-midi publie ce tweet volontairement provocateur :

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Elle a enchainé 4 heures plus tard en témoignant et en accusant l’ancien patron d’une chaîne de télévision de l’avoir harcelé sexuellement. A cet instant précis le déferlement est parti pour durer. On y lit des témoignages putrides, nauséabonds de femmes qui dénoncent sous le couvert de l’anonymat ou non des hommes qui les ont agressées en les nommant ou non. Cela a généré forcément un certain malaise …

Pourquoi un malaise si c’est l’occasion de permettre à la parole de se libérer ?

Il y a trois malaises : Le premier malaise c’est de constater à quel point les harcèlements sexuels que subissent les sentinelles de l’invisible sont quotidiens. Le deuxième malaise, comme l’a dit assez justement Raphael Enthoven, c’est que #balancetonporc met au même niveau une incivilité (forcément désagréable) et un viol (criminel). Twitter devient un tribunal qui remplace les procès.
De plus il y a l’invitation à la délation. Bruno Le Maire en a fait les frais. Interrogé par Jean Michel Apathie s’il dénoncerait une personne qu’il savait à coup sûr harceleur, il a dans un premier temps dit que non, jamais au grand jamais. Puis devant le tollé de ce qui a apparu comme de la lâcheté, il a fait une vidéo pour s’excuser, qu’il avait été mal compris et qu’évidemment il dénoncerait sans sourciller. Il était temps, parce que ça s’appelle la non assistance à personne en danger.
Pour finir en feu d’artifice, le troisième malaise nous le devons à la chroniqueuse/humoriste de France Inter Sofia Aram qui en vient à déclarer (accrochez-vous bien) que les « femmes ont été vendu aux hommes par les religieux » et ce qui fait de la religion « la plus grande entreprise de proxénétisme de l’histoire de l’humanité ». La faute à qui ? À Saint Paul forcément qui a dit que Dieu est le chef de l’homme est l’homme le chef de sa femme.

Sofia Aram exploite un hashtag qui devrait libérer les femmes pour s’enfermer un peu plus dans son ignorance religieuse.
En effet Saint Paul a bien dit que nous devions être soumis les uns aux autres.
En effet, on ne peut pas vraiment dire que l’épisode de la femme adultère soit l’apologie du sexisme.
Et la villageoise Sainte Jeanne d’Arc n’est pas précisément une femme soumise.
Certes l’homme est pêcheur, et peut très bien exploiter avec brio les écriture pour harceler une femme. D’une certaine façon, Sofia Aram aussi exploite l’écriture mais sa haine systémique de la religion fait qu’elle se trompe de cible, car je ne suis pas certain que ce qui fait que l’homme peut s’approcher du porc, c’est la lecture des évangiles. On peut chercher ailleurs une cause possible.
Les porcs (l’animal) le sont en raison des conditions dans lesquelles ils sont élevés. Ce qui engendre les attitudes obscènes de certains hommes c’est faire du pouvoir et de l’argent un maître mais cette attitude est aussi symptomatique, comme le dit la journaliste Natalia Trouiller, d’une société où les actrices du porno (pas toujours consentantes) sont glorifiées dans les médias. Comment voulez-vous que des hommes gavés à la maltraitance filmée des femmes ne finissent pas par perdre tout sens commun, s’interroge t’elle ?

En conclusion

Une statistique effroyable derrière lesquelles se cache une réalité chiffrée qui me glace : En 2016, 157 personnes sont mortes, victimes de leur conjoint, petit ami, compagnon, amant, ou ex : 123 femmes et 34 hommes. 95% des femmes qui dénoncent des faits de harcèlement sexuel à leur travail perdent leur emploi Beaucoup d’hommes se sont senti tellement visés par ce hashtag #balancetonporc qu’ils ont peut-être demandé à leur femme de devenir l’ombre de leur ombre, de leur main ou de leur chien. Que sais-je ? Plutôt que d’être excessif, commençons par ne rien faire d’inconvenant, ne pas chercher notre intérêt et ne pas s’emporter. Bref relire Saint Paul. Vous savez, ce saint vénéré par l’Église, « la plus grande entreprise de proxénétisme de l’histoire de l’humanité » [selon Sofia Aram].

 

Le CousCousClan

Le buzz de la semaine nous le devons au Front National. C’est donc un couscous qui a mis le feu au lac

 Pour expliquer le contexte, Florian Philippot, ex-vice président du FN*, a été pris en photo par un membre de son mouvement « Les patriotes » dans un restaurant de couscous de Strasbourg. L’image a été partagée sur les RS et ça été un tollé au Front National entre les deux courants (les identitaires et les souverainistes ). Les premiers s’offusquent que le Vice-président du national mange du couscous.
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Pourquoi un tel bad buzz ?

Un buzz c’est comme un soufflé au fromage qui monte, qui monte et qui doit se manger chaud pour qu’il garde toutes ses saveurs.
Le couscousgate est un révélateur. Le FN, ce partie qui a cherché à sortir de ce moule (semoule) dans lequel il s’estimait enfermé.
Si un libre penseur mangeait une religieuse, se ferait-il conspuer ? Si un communiste mangeait un financier ? Si un lecteur de la Revue Limite se goinfrait d’un croissant  ? Les identitaires considèrent que le couscous n’est pas un plat cacher. Les souverainistes, a contrar

Comment sortir de ce bad buzz ?

Il n’y a pas de bon couscous sans boulettes.
L’assistante de Florian Philippot au Parlement européen. Nice n’était pas encore français que l’Algérie l’était déjà, plaide Amélie de la Rochère, le couscous est donc français depuis plus longtemps que la pissaladière ».
« Le couscous a été amené en France par les pieds-noirs, ça parlera à certains ». Florian Philippot
Nous pouvons apprécier la situation intenable du FN qui pour ne pas perdre la face et un électorat historique, se voit obligé de naturaliser le couscous.
Et en même temps c’est une pirouette pratique. Puisque si on considère que le couscous est français, alors le Jazz est français puisqu’il vient de la Nouvelle Orleans, donc de la Louisiane et comme la Louisiane était française, le jazz est donc français. On peut aller très loin. Le seul problème avec cette vue de l’esprit c’est que dans ce cas les allemands pourrait considérer que la choucroute est à eux …
Sophie Montel :
« Le #couscousgate montre que notre famille politique a encore beaucoup à faire avant la victoire. Merci à ceux qui ont refusé l’obscurantisme. »
Donc manger du couscous permet de refuser l’obscurantisme.

Solférino : À vendre !

Ecoutez ► 

Depuis mercredi 21 juin la vie politique française est sans dessus-dessous

Hier matin, François Bayrou dont je posais la question de son avenir même la semaine dernière a expliqué qu’il souhaitait quitter le gouvernement. Il a précisé que ce n’était en rien une démission mais un choix de liberté.
Sans doute sera t’il plus utile au gouvernement depuis sa mairie de Pau que depuis la Place Vendôme !
Exit aussi Sylvie Goulard, ministre des armées et Marielle de Sarnez ministre des affaires européennes. Cette dernière quitte le gouvernement où elle a pu faire ses preuves plus pour les affaires que pour l’Europe, mais dirigera avec joie le groupe MoDem au palais Bourbon.
L’après-midi le groupe Les Républicains s’est disloqué en deux groupes sous l’impulsion de Thierry Solère qui en pleine canicule a jeté un froid à droite en décidant de créer un groupe appelé : Les Républicains constructifs, UDI et indépendants. C’est bien connu, à droite même en pleine fête de la musique, l’harmonie c’est pour les autres. Peut-être qu’au lieu de créer deux groupes Les Républicains auraient pu installer des paravents comme le suggère la nouvelle député de la huitième circonscription de Lyon Anissa Khedher, pour tous ceux qui se sentent en sureffectif. Ce qui est valable pour l’éducation nationale peux l’être aussi pour la basse assemblée.
Et enfin le soir, le nouveau gouvernement a été nommé concluant ainsi une folle journée politique. *
Une annonce du Boncoin propose de rénover Solférino.

Le Parti socialiste quant à lui voudrait vendre son siège du 10 rue de Solférino. Historique ?

Après s’être fait marcher dessus aux dernières élections, les socialistes canal historique vont peut-être devoir se séparer de leur siège de la rue de Solférino. Pour l’instant, cette option n’est pas encore arrêtée, il n’y a pas encore de promesse de vente, mais pour renflouer les caisses il devra passer par là et se trouver un nouveau premier secrétaire.
Samedi 24 juin, nous commémorerons la bataille de Solférino qui a commencé il y a 158 ans le 24 juin 1859 et dont il ne reste plus que 29 survivants (députés socialistes). Un Parti laminé par celui d’un ancien banquier devenu Président de la république. Allez savoir pourquoi un ancien locataire de la rue de Solférino reconverti en conseiller en com’ pour les tournois de foot de Corrèze expliquait en 20112 que son ennemi c’est … la finance.

https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2FCornilfjep%2Fvideos%2F10155708047625695%2F&show_text=0&width=222

Alors si parmi mes lecteurs certains sont intéressés pour se porter acquéreur du 10 rue de Solférino dans le 7e arrondissement de Paris, sachez qu’il vous faudra débourser la somme modique de 50M d’euros. C’est une estimation mais comme vous le savez François Mitterrand avait déclaré en son temps qu’après lui il n’y aura que des comptables, le problème pour le PS c’est que personne ne s’estime être comptable de la situation.
*Contrairement à ce qu’a indiqué le secrétaire générale de l’Elysée, Laura Flessel reste bien ministre des sports

A big field to moissonnate

C’est la vidéo dont tout le monde parle depuis 48 heures ! La reprise de Claude Tassin « Un grand champ à moissonner » est en train de s’offrir un lifting. Curieux à l’époque de Glorious, de Grégory Turpin, des Dei Amoris Cantores ou autres Guetteurs de voir un tel engouement pour ce chant ! L’explication d’un succès planétaire !

Une chanson massacrante massacrée

Deux chaises, une guitariste, un homme allongé sur le sol avec un instrument qui pourrait être une guitare volée dans une crèche, deux automates faisant défiler des panneaux avec un air grave et une chanteuse avec une voix improbable. Voilà les ingrédients de ce buzz lyonnais au départ et peut-être bientôt mondial.
Oui à première vue on pourrait croire que cette vidéo est « le pire clip de l’histoire », dixit son producteur We Believe. Il y a eu une époque (et la nôtre connaît ça et là quelques réminiscences) où les chants de sorties des messes dominicales faisait fuir, où les chants de communion ne rimait pas avec unisson. Bref une époque où les chants à la messe étaient la 15e étape du chemin de croix.

Une chanson à double face

Il serait aisé de s’arrêter à l’aspect délirant de la mélodie, à la futilité des paroles, à la gesticulation des musiciens (qui se considèrent comme tel) mais ce serait passé à côté de l’essentielle car cette vidéo a une autre versant, elle a un but qui se décèle à mesure que cette vidéo arrive à son terme. Ce but est de soutenir les Chrétiens d’Orient. Car oui la génération des digital natives passe un temps fou sur les réseaux sociaux, obnubilée par des vidéos tantôt violentes, tantôt marrantes, la plupart du temps inutiles. Le but de cette vidéo n’est pas de susciter des réactions mais une action. Une action simple : Faire un don pour les Chrétiens d’Orient 
Car oui il y a différentes manières de s’engager et même le ridicule en plus de ne pas tuer peut être le moteur d’une opération de solidarité jamais vue. On connaissait le Ice Bucket Challenge qui consistait à se versait un sot de glaçons sur la tête pour mobiliser contre la sclérose latérale amyotrophique, le moissonning est en passe de devenir la nouvelle façon tendance de montrer sa solidarité.

Quelques bonus

Et sur KTO …

Les trois Bayrou

Réécoutez ​

Le coup de fil de François Bayrou a un journaliste de Radio France fait polémique depuis quelques jours mais j’ai décidé de prendre sa défense. Explications

J’ai voulu prendre la défense de l’homme privé, du citoyen et du ministre de la justice et garde des sceaux François Bayrou. Vous allez me dire que c’est un peu téméraire comme opération mais sa situation l’exige. Oui vous l’avez compris, il existe trois François Bayrou et ce n’est pas moi qui le dit mais lui-même ou peut-être eux-mêmes c’est difficile à savoir et c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de prendre sa défense, dussé-je être sur écoute.
Alors oui, François Bayrou à trois casquettes. Il y a donc François Bayrou l’homme privé, le François Bayrou qui par sa fonction de Garde des Sceaux en fait un François Bayrou homme public et enfin le troisième François Bayrou citoyen. Ces trois casquettes coexistent ou qui cohabitent (chacun se fera son avis) dans la plus parfaite indépendance, et c’est François Bayrou, garde des sceaux et ministre de la justice qui le garanti. En revanche le François Bayrou citoyen lui n’est pas ministre de la justice et peut donc tout à fait appeler un journaliste quand ce dernier à l’outrecuidance d’enquêter avec un poil trop de ténacité sur des soupçons d’emplois fictifs dont aurait bénéficier le MoDem. Tout cela je le dis au conditionnel parce que comme vous le savez c’est à la justice de faire son travail. Enfin il y a le François Bayrou citoyen qui a pour vocation de dénoncer, de vitupérer, ou de condamner les pratiques les plus indignes de la Ve République pour la moraliser. Reste à savoir si la guerre entre les trois aura ou n’aura pas lieu.

Quelles sont les avantages/ inconvénients d’avoir trois casquettes ?

Jean-Pierre Chevènement disait qu’un ministre ferme sa gueule ou démissionne. L’avantage de Bayrou citoyen est qu’il peut l’ouvrir sans que François Bayrou ministre n’ait à démissionner.
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En fait c’est surtout sa manière à lui d’être un peu un triptyque de Jérôme Bosh et son jardin des délices c’est la politique. pour l’instant ce qu’il a le plus planté, c’est sa communication de crise.

Un rapport avec le bac philo qui commence aujourd’hui ?

L’année dernière le sujet de Philo pour la série ES était : Savons-nous toujours ce que nous désirons. Est ce que François Bayrou sait ce que les autres François Bayrou désirent ? Le François Bayrou citoyen rêve de rester ministre mais le François Bayrou lui veut conserver sa place ! Le Bayrou homme privé, le maire de Pau est quant à lui très à fleur de peau.

Les nouveaux mots du dico

 

Réécoutez ►

La langue française fait l’actualité

Chaque année nous y avons le droit, les nouveaux mots du Robert. Et cette année ils sont au nombre de 150 à venir orner le dictionnaire. Permettez-moi une petite digression, en rappelant que normalement un dictionnaire comprend un mot et une définition mais depuis 48h le président américain Donald Trump tient en haleine la planète entière avec un mot orphelin de sa définition « Covfefe » qu’il a écrit dans un tweet. Ils sont venus ils sont tous là et même du sud de l’Italie, avec le mot ciabatta qui est sorti de son pétrin pour faire son entrée dans le dico ; le cromesqui venu de Pologne, ou encore le terme uberisation qui vient imprimer sa marque ! Notons enfin que dans la catégorie nom propre, Véronique Sanson a fait une entrée fracassante dans Robert. Pardon. Dans LE Rober.

Le dictionnaire doit coller à l’air du temps

 C’est son but affiché. Mais de mon point de vue, à l’heure où les petits Français lisent et écrivent comme des vaches espagnoles, alors que la mafia des locutions comme « ils croivent », « des fois », « malgré que » etc … envahissent les récréations, force est de constater que les nouveaux mots qui enrichissent notre dictionnaire annuellement ne fait pas beaucoup avancer le niveau de français chez … les français. En réalité, pour que le dictionnaire soit dans l’air du temps, il devrait contenir des fautes d’orthographe.

La langue française demeure une langue difficile d’accès ?

C’est une évidence. L’accord du participe passé avec le verbe avoir a du sang sur les mains. Pour la petite histoire, Voltaire disait :

« Clément Marot a ramené deux choses d’Italie : la vérole et l’accord du participe passé… Je pense que c’est le deuxième qui a fait le plus de ravages ! « 

Alors oui la langue française est compliquée, mais c’est de notre responsabilité dans un premier temps de la chérir, de l’embellir, de la communiquer en France et à l’étranger pour enfin la faire aimer. Je l’écris avec humilité parce que j’ai encore des efforts à faire, mais comme le dit le génial magicien Bebel :

« Quand l’effort est fait, l’effet est fort ».

Enfin dans un deuxième temps nous pourrons y ajouter des mots venus de l’étranger ou pourquoi pas mélanger deux mots déjà existants et ce serait degueulicieux. Ce mot n’existe pas encore, mais qui sait peut-être qu’un jour il aura sa définition, et remplacera le mot djihadisme qui a fait son entrée dans le dictionnaire en 2017 et malheureusement pas uniquement dans le dictionnaire.

Comment foirer un hommage ?

Écouter ► 

Pas facile de faire une Carte Blanche quand l’actualité est dramatique

 C’est même excessivement difficile particulièrement cette semaine. Quand l’actualité est marquée par un attentat comme celui de Manchester, il est impossible d’expliquer la lâcheté par des mots. D’une certaine façon, quand les maux abondent les mots nous manquent. Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, afin que les mots en viennent aisément. C’est donner beaucoup de pouvoir aux mots capable tantôt de consoler, tantôt faire rire, tantôt laissez … coi !

Comme Donald Trump à Yad Vashem …

 Donald Trump vient de visiter le mémorial Yad Vashem et écrit sur le livre d’or
« C’est un grand honneur d’être ici avec tous mes amis. Tellement incroyable, je n’oublierai jamais ! » (sic) !
Là-dessus, tout le monde s’est interrogé sur la véracité de ce message d’une très grande vacuité pour ne pas dire d’un décalage abyssale entre la pesanteur de ce lieu de mémoire et l’l’inanité de son massage. Et pourtant non ! C’était bien de Donald Trump. C’était bien du Donald Trump. Le 45e président des États-Unis d’Amérique. Alors c’est vrai que son message sur le livre d’or de Yad Vashem est consternant quand on le compare avec celui de Barack Obama. Mais écrire un discours comme celui de Jean-Paul 2 est totalement impossible pour Donald Trump.
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Pourquoi ?

Donald Trump est un homme d’affaire et la littérature c’est pas vraiment son truc et surtout il faut que son message fasse moins de 140 caractères pour tenir dans un tweet. Il faut savoir que le compte Twitter du président américain a plus de pouvoir que son administration et le FBI réunis. Pour ma part, je trouve qu’on lui fait un mauvais procès à Donald Trump. C’est vrai qu’il est fragilisé en ce moment pour les scandales avec le FBI et aussi pour sa position très dure avec les latinos, mais de vous à moi il y a bien pire en France avec Richard Ferrand, ministre de la solidarité entre les territoires qui a légèrement dénigré les bretons ! En effet, il aurait estimé qu’en Centre-Bretagne trouver un jeune, volontaire, pour travailler cinq mois, qui sait lire et écrire correctement, aller sur internet … c’est une tannée. Il a été contraint de choisir son fils qui était au chômage mais qui avait pour avantage de ne pas être breton. C’est certain que les bretons sont plus menhirs qu’internet. La cité des télécoms de Pleumeur-Bodou (22) ne sert qu’à décorer. Pour la cohésion des territoires on a fait mieux. En élément de langage aussi. Même s’il s’est rétracté c’était trop tard.
Pour conclure les mots ont un sens. Il y en a des 1000 et des cents, mais n’oublions pas que parfois se faire est le meilleur des discours pour ne pas paraître indécent !

L’oxymore : le 10e art

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Commençons par une … figure de style ?
Nouveau président, nouveau quinquennat, nouveau premier ministre, nouveau gouvernement, nouvelle figure de style.
Vous avez aimé l’anaphore « Moi president  » ? Vous allez adorer l’oxymore à la sauce normande, que l’on doit au nouveau premier ministre Edouard Philippe. Ce dernier lors de la passation de pouvoir à Matignon a déclaré être, en bon normand, radicalement modéré mais avec un esprit de conquête. Radicalement modéré.
Dans un pays comme la France qui est si clivé il faut savoir ajouter dans son discours, et avec parcimonie, des oxymores. L’anaphore interminable de François Hollande « Moi président » avait pour but de convaincre mais son quinquennat a servi à ses adversaires de contredire toutes les itérations de son anaphore. En revanche, l’oxymore d’Edouard Philippe a pour vocation de rassurer sur la conception de l’exercice du pouvoir. C’est même une mise en abîme.
C’est une astuce redoutable cet oxymore ?
Le tout, est de trouver son oxymore. Par exemple Jean-Luc Mélenchon n’est pas vraiment dans la radicale modération, mais il n’est pas pour autant dans l’insoumission domicile, ni dans la fureur douce. Le FN, LR et PS de trouvent plus dans une berezina de conquête.
C’est une astuce redoutablement efficace quand elle est utilisée intelligemment. Étant d’une radicale modération, Edouard Philippe pourra tantôt être radicale et tantôt être modéré. Habile Bill ! Après la modération radicale on pourrait croire à première vue que c’est de la tiédeur mais il sera intéressant de voir comment va t’elle s’appliquer dans ce gouvernement.
Alors ce gouvernement va t’il réussir à être radicalement modéré ?
Cela peut avoir tout l’air d’être une gageure mais en cherchant bien, il est envisageable d’imaginer que Agnès Buzyn, la nouvelle ministre de la santé, propose à ses concitoyens de consommer de l’alcool avec une radicale modération. En revanche si la guêpe Laura Flessel, ministre des sports, veut convaincre le CIO de donner les jeux à Paris, elle devra laisser au vestiaire la radicale modération. Si Gérard Collomb, le nouveau ministre de l’intérieur veut mettre fin aux agissements des jeunes qui se radicalisent sans modération le combat ne pourra pas être modéré mais sans merci. Si Jean-Michel Blanquer, le nouveau ministre de l’éducation veut mettre fin au décrochage scolaire il devra laisser à la récréé la radicale modération. Ainsi va pour tous les autres ministres. J’en arrête là avec les oxymores et les anaphores, j’espère que ce gouvernement ne sera pas dans la figure de style mais dans l’action mais dans une action où les résultats seront radicalement immodérés, et ne leur en voudra pas de tendre vers l’hyperbole !

Le débat qui a touché le foot

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Un choix cornélien
Hier soir, j’étais confronté à un choix cornélien : regarder le débat sur France 2 ou sur TF1. C’est un peu bonnet blanc, blanc bonnet comme disait en 1969 le communiste Jacques Duclos en référence à l’opposition entre Georges Pompidou et Alain Poher. C’est une autre époque.
J’ai regardé avec attention le débat opposant l’AS Monaco et la Juventus de Turin. Ou plutôt l’inverse. En fait c’était tellement compliqué que ne m’en voulez pas si par moment dans cette Carte Blanche je confond. En réalité j’ai fait ce que m’a conseillé un ami, regarder le match en écoutant le débat qui n’en était pas un.
Un vrai débat ?
Les débats présidentiels font parti de notre patrimoine culturelle. C’est très français la culture du débat, la culture de l’engueulade, la culture des discussions animées dans les réunions de famille. Alors hier soir, j’attendais un « monopole du cœur », un « dans les yeux je vous le dis », un « vous avez tout à fait raison Mr le Premier Ministre » ou un « Moi President » … rien de cela. Nous avons eu le droit à un affrontement avec deux heures et demie d’échanges de noms d’oiseaux et d’accusations ad hominem.
Oui, je croyais voir un débat politique et j’ai vu un match de football.
Des ressemblance entre ce débat et un match de football ?
Je ne parle pas d’une grande affiche de ligue des champions, cette coupe européiste, entre le FC Barcelone et le Real Madrid ou la beauté des gestes fait partie du jeu, non là c’était plutôt un match de Coupe de France. En même temps, Marine Le Pen va être ravie puisque avec la déculottée reçue par L’olympique Lyonnais contre l’Ajax Amsterdam et la défaite cuisante de Monaco contre la Juventus, la France du football va peut-être vivre un Frexit dès la semaine prochaine. Cela dit la candidate frontiste n’a absolument pas eu le temps de regarder le match car elle était trop préoccupée par la lecture de ses nombreuses fiches qui lui ont été préparées avec soin par Florian Philippot, qui a d’ailleurs trouvé que la candidate avait été excellente. Emmanuel Macron n’a lui non plus pas pu regarder le débat, rappelons que son équipe préférée est l’Olympique de Marseille, c’est pour ça qu’il devrait être un petit peu plus modeste en affirmant vouloir « porter l’esprit de conquête français »(sic).
Pour qu’il y ait débat il faut qu’il y ait un arbitre, et hier soir les Christophe Jakubyszyn et Nathalie Saint-Cricq auraient bien aimé mettre quelques cartons jaunes mais c’était pas possible. Ils ont du cirer le banc tel des remplaçants en assistant impuissants à l’échange de tacles, de coups et de scuds.
Quelle était la stratégie?
La stratégie des deux candidats étaient clairs et décelable en 3 minutes. Macron avait beaucoup à perdre. Il devait montrer qu’il est présidentiable, rassembler le plus largement possible, se désolidariser du PS. Quant à Marine Le Pen, en tant qu’outsider elle devait rentrer dans le lard de Macron d’entré de jeu en martelant que c’était un Hollande bis. Mais finalement il ne restera pas grand chose de ce débat.
Ce que je me suis dit que le football, le tennis, le catch, le badminton, c’est beaucoup mieux quand c’est fait par des professionnels.

Jean de La Fontaine …si tu nous regardes ?

Ecoutez ▼

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Depuis dimanche soir, les français ont décidé de porter Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour. Les anciens avaient-ils prédit cet état de fait ?
Depuis les résultats de dimanche, les instituts de sondage fanfaronnent et s’estiment être les grands vainqueurs de cette élection. Pour ma part, le plus visionnaire aura été ni l’IFOP, ni IPSOS, ni Nostradamus, ni Elisabeth Tessier mais bien … Jean de la Fontaine. Je précise que je ne veux pas faire de comparaison entre les métiers d’analyste électoral, de médium ou de fabuliste. Cependant quand on se replonge dans les fables de la Fontaine on remarque que sa perception de la société est encore d’actualité.
Un exemple de fable ?
Parmi les candidats il y a eu un nombre conséquent de Pierrette qui ont du abandonner leur pot au lait sans découvrir le pot aux roses. Emmanuel Macron a compris que rien ne sert de courir, il faut être en marche. Les électeurs de la droite et du centre puis du PS furent pendant les primaires ces fameuses grenouilles qui se lassant de l’état démocratique se virent affubler un roi pas si pacifique que cela. Enfin, j’ai observé que pour Les verts on a pas toujours besoin d’un plus petit que soi.
Une petite fable dans l’esprit de Jean de La Fontaine pour décrire cette campagne* !
La campagne ayant duré 5 années,
Se trouva fort décousue quand le scrutin fut venue !
Pour LR et PS, pas de bail à louer rue du Faubourg Saint-Honoré.
Sieur Macron, le fils spirituel,
Se voyant bien remporter l’élection présidentielle,
Se fendit d’un interminable bain de foule,
De La Rotonde jusqu’au lieu-dit Whirpool,
Belle manufacture aussi appelé usine,
Laissant républicains et socialistes à leur minable cuisine !
On ne peut pas renoncer à un maroquin,
Lui le seigneur et le roi des strapontins,
Dame Marine, troquât les armoiries du logis FN,
Pour partie à la conquête du fameux bas de laine,
Et tenter de rafler les voix tant espérées
De son rival insoumis … de côté.
L’homme dont les suffrages ne valent pas plus que les sondages.
Si aujourd’hui la France déchante et qu’elle vit un malaise,
Comment en être fort aise ?
Cette fable n’est qu’une modeste démonstration.
Que nous avons les élus que nous méritons.
Quelle est la morale de cette fable ?
La morale c’est qu’une élection n’est pas une canonisation ! Les comportements les plus vils sont exacerbés en campagne.
Mais la politique, n’est pas que tactique et peut aussi être noble mais elle a besoin de tempérance, de recul pour éviter que cette fable ne continue encore et encore … C’est ce qui aura cruellement manqué dans cette élection. De la tempérance et du recul.
*L’auteur remercie Jean de La Fontaine pour son immense talent. Jean si tu nous regarde ?

Les français sont-ils des veaux ?

Réécoutez : 

Un sondage révèle les préférences de l’animal de compagnie en fonction de ses choix politiques.

Dans la série des sondages improbables qui risquent de nous rendre chèvre, j’appelle le site slate.fr qui révèle que les amateurs de chats sont plus à gauche que les amateurs de chiens. C’est une étude d’une importance capitale à 3 jours du premier tour de l’élection présidentielle. La faune a toujours été mentionnée sinon imagée dans la politique française. J’ai essayé de comprendre en quoi nos opinions politiques ont un rapport avec nos 30 millions d’amis.

Les gens de gauche sont plus amateurs des chats ?

La gauche a une longue histoire avec les animaux. En premier lieu, l’éléphant pour les socialistes. D’ailleurs le qualificatif « d’éléphant » que le PS traîne comme une image d’Epinal vient du congrès d’Epinay. Voyant ces cadres se diriger vers la salle de réunion pour se distribuer les postes, un militant de l’ancienne SFIO aurait déclaré : « voilà les éléphants qui vont se réunir ». C’est la raison historique. Aujourd’hui les mauvaises langues (de chat) avancent que c’est le résultat d’un parti en voie de disparition. Je n’entrerais pas sur ce terrain là. Alors pourquoi les chats plutôt que les chiens ? Je ne saurais répondre.
Je me souviens de Baltique, la chienne labrador noire de François Mitterand, tenue en laisse par Michel Charasse présente à Jarnac aux obsèques de son illustre maître. Peut-être que Mitterand n’était pas de gauche finalement ? En tout cas, l’attrait de la part des gens de droite pour les chiens se comprend totalement. François Fillon le premier, qui aurait sans doute bien aimé que ses soutiens lui soient aussi fidèles que Lassie.
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Le Front National est un parti qui est connu pour son intérêt pour la cause animale 
Notamment grâce à Brigitte Bardot, mais voilà depuis que le doberman de Jean Marie Le Pen a bouffé le chat de sa fille Marine, les tensions sont grandes. L’information n’a jamais pu être vérifiée mais elle a fait le tour des chenils de Saint-Cloud.
En même temps les chiens ne font pas des chats.

Et Dieu dans tout ça ?

Le sondage ne le dit pas. Les cathos de gauches sont forcément des amateurs des poissons-chats. Jésus a demandé à ses disciples d’être prudent comme des serpents et candide comme des colombes mais pour autant évitons les noms d’oiseaux.
On est parfois entre nous entre chiens et chats, on se regarde en chien de faïences.
De toute façon comme disait De Gaule : Les français sont des veaux. Pas tous dévots. Reste à savoir dimanche qui sera à la tête des veaux.

La culture, le bonnet d’âne de la démocratie

Réécoutez ▼
17 jours nous séparent du premier tour et pourtant il y a un sujet qui n’est presque jamais évoqué dans cette campagne : la culture.
Mardi soir, j’ai regardé très attentivement le grand débat sur BFMTV et CNews avec les 11 candidats et les sujets abordés étaient pêle-mêle : l’emploi, l’Europe mais un sujet à fait faux bond, à l’instar de la cravate de Philippe Poutou : la culture.
La culture c’est un peu comme la tombe du soldat inconnu sur la place, ou plutôt sous la place de l’Étoile. Elle est au centre, mais on tourne autour. On la regarde distraitement mais le plus souvent on passe à côté. Elle est honorée qu’une fois dans l’année… le 32 février. Dans le débat politique il y a des sujets tabous, des sujets abscons et aussi des sujets absents et la culture en est l’illustration parfaite. Les candidats ont des choses à dire sur ce sujet mais pour en parler ils affirment des phrases toutes faites d’une grande banalité qui paraissent alléchantes au premier abord comme : « démocratiser la culture », « faire de la culture notre socle commun », « ouvrir la culture au plus grand nombre » et j’en passe. Des phrases différentes pour dire la même chose, c’est à dire pas grand chose.
D’où vient cette absence de la culture dans le débat ?
Peut-être parce que justement la culture n’a pas pour vocation première de cliver. Le clivage permet de se démarquer et donc d’exister dans une campagne. Pourtant la culture fait débat.
Est-ce qu’Asselineau peut nous sortir un article de la Constitution Européenne pour nous parler de culture ?
Macron doit il des droits d’auteur à Hollande ? François Hollande étant le président qui aura le plus fait pour l’industrie du livre à force de se livrer lui-même aux journalistes.
On associe parfois un peu trop rapidement la culture à l’éducation. Certes l’éducation permet d’obtenir un certain niveau de culture générale comme de savoir que Picasso n’est pas qu’un modèle de voiture.
Et puis la vraie raison, c’est que le débat est très souvent orienté autour du quotidien, du pouvoir d’achat, et de la sécurité et inexorablement la culture devient un sujet secondaire pour les candidats.
Est-ce que finalement, la culture n’est pas un sujet secondaire ?
Si la culture était secondaire il n’y aurait pas 67 millions de touristes en France tous les ans.
Si la culture était secondaire, Daech n’aurait pas détruit la ville de Palmyre.
Si la culture était secondaire, les nazis n’auraient pas brûlé autant de tableaux de grands maîtres jugés par eux comme de la sous-culture. Je ne vais pas continuer plus loin l’anaphore mais c’est dire que la culture dérange les esprits les plus fermés.
Lionel Jospin disait à très juste titre que la culture est l’âme de la démocratie. J’espère que d’ici là, la démocratie va retrouver son âme.

Sommes-nous sur écoute ?

Réécoutez :

Sommes-nous victimes d’un complot ?

 Cette question revient un peu comme un coucou depuis très longtemps. Chaque événement (du plus grave au plus farfelu) est l’occasion de crier au complot. Et cette semaine, le député FN du Gard Gilbert Collard a affirmé être selon lui la cible d’un grand complot même sa certitude d’être sur écoute.
Invité par Guillaume Durand sur Radio Classique, l’avocat a affirmé ceci :
« Moi je suis sur écoute, je le sais, parce que mon téléphone de temps en temps se déclenche tout seul et me dit, c’est incroyable mais vrai, il me dit : « Répétez ce que vous venez de dire ». Bon. Je vois pas comment le téléphone pourrait se déclencher tout seul »
Il y a un vrai scandale derrière ce que pense révéler Gilbert Collard, c’est la nullité des espions qui l’écoute ! Vous vous rendez-compte ? Non seulement ils se sont fait griller comme des juniors mais en plus ils lui demandent de répéter ce qu’ils n’ont pas entendu.
Nos service de renseignements sont en passe d’être la risée du monde. Sauf si, il n’était pas sur écoute.

Sur écoute ou pas sur écoute ? Telle est la question …

En réalité … pas au sens où il le dit.
La vraie raison c’est que Gilbert Collard, a peut-être appris par cœur le code de procédure pénale mais certainement pas la notice de son iPhone ! La fameuse phrase : « Répétez ce que vous venez de dire » n’est vraisemblablement pas l’œuvre d’un pied nickelé qui s’adonnerait à l’espionnage politique, mais bien du programme Siri qui permet de lancer des recherches dans le téléphone grâce à la dictée vocale. On comprend qu’être suivi par un cabinet noir fasse peur à un député, du FN qui plus est. Mais que Gilbert Collard se rassure, il n’est pas dans ce cas précis victime d’écoutes en haut lieu. Après, libre à lui de porter plainte. Il pourrait aussi porter plainte contre son pouce qui a révélé au monde l’intégralité de ses mots de passe en postant sur le réseau social Twitter une capture d’écran de tous ses identifiants.

Pourtant les écoutes et les complots existent ?

Dire que les complots n’existent pas c’est un leurre, et d’une certaine façon Gilbert Collard a raison : car comme l’a révélé Edward Snowden, la NSA et les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) nous écoutent toute la journée. Même Radio Notre Dame nous écoute dans la nuit, c’est pour dire. Je suis sûr que certains sont en en train de lire cet article.
Mais c’est tellement plus romantique, kafkaïen d’être le type qui dérange plutôt que d’assumer qu’on a fait une bourde ou qu’on a dit une énormité.
Alors pour conclure, les cabinets noirs existent-ils ? Probablement. Il y a t’il des écoutes politiques ? Évidemment.
Après c’est pas parce qu’il y a des embouteillages, une météo pourrie ou plus de café dans la machine qu’il y a complot. C’est juste la dure loi de Murphy qui s’impose à chacun.
Ce qui serait bien c’est que nous soyons tous sur écoute, par les hommes politiques.

Le parti des indécis

Réécouter : 

Alors que selon un sondage Odoxa 54% des électeurs ne savent pas encore pour qui ils vont voter. Inquiétant ?

Inquiétant et prévisible. Aujourd’hui c’est la journée mondiale de la météorologie le climat actuel est lourd, pesant, et il y a de l’orage dans l’air. Mais un proverbe chinois dit en substance que pour voir loin il faut prendre de la hauteur. Je me suis donc efforcé de comprendre comment conforter les Français dans leur choix. C’est intéressant de voir que dans cette élection il y aura 11 candidats, ce qui est beaucoup. Il y a de plus en plus d’émissions, de débat, de réseaux sociaux pour suivre toute la journée un candidat. C’est plus une campagne, c’est une filature. Et pourtant, il reste ce chiffre ahurissant de 56% des électeurs qui ne savent toujours pas pour qui voter.
Du choix dans cette élection ?
Et pourtant il y a de tout ma petite dame. Du libéral, de l’anti-libéral, du trotskiste, du
frondeur, de l’insoumis, du anti-européen, du anti-système, du anti-social, Dupont Aignant … Il y a comme dirait le slogan de feu Le Quid : Tout sur tout et un peu plus que tout.
Mais rappelez-vous qu’en 2002 il y avait 16 candidats et pourtant il y a eu 30% d’abstention.
Comment expliquer qu’on parle d’une forte abstention alors qu’il y a beaucoup de choix ?
Il faut voir aussi que les propositions sont parfois des lieux communs. Benoit Hamon propose un futur désirable et Emmanuel Macron aspire à ce que le travail paie. Philippe Poutou et Nathalie Arthaud veulent interdire les licenciements, augmenter le SMIC, et taxer les riches pour donner aux prolétaires. Ils ont tellement le même programme qu’il leur est impossible de faire une candidature commune.
Dans la maison gauche, il est souvent question d’indivision c’est bien connu et par conséquence de division.
Emmanuel Macron donne l’impression d’être d’accord avec tout le monde, alors que c’est le journal Le Monde qui est d’accord avec Macron. *
Pour Marine Le Pen, ses propositions sont connues de tous et se résument ainsi : Comme ça n’a pas marché avec les autres ça va cartonner avec moi.
Dans cette campagne il y a beaucoup d’affaires qui ont pollué la campagne et parfois les compagnes des candidats. Il y a aussi beaucoup de bruit. Nicolas Dupont Aignan, qui fait le buzz en décidant de quitter le plateau de TF1 au nom dit-il « de millions de français ». La vidéo de son passage à été vue 13 millions de fois. Le candidat de Debout la France fait donc parler de lui quand il décide de la boucler. Pas sur pour autant qu’il ait autant de voix que de vues. On ne peut pas tout avoir. C’est un peu comme Jean Luc Mélenchon qui a fait marrer tout le monde en arbitrant le grand débat de TF1 avec des formules piquantes, qui a été reconnu par beaucoup comme l’un des meilleurs mais qui ne décolle pas sensiblement dans les sondages.
En terme de succès d’audience, Benoit Hamon a réussit un coup de maître en remplissant Bercy et surtout en arrivant à faire faire une minute de silence à tous ses partisans en hommage aux victimes de Toulouse, de Charlie, de l’Hyper Casher, de Saint Etienne du Rouvray, de Nice, du Bataclan, et des terrasses de Paris. Comme quoi un silence peut avoir plus de poids que du bruit.

Sortir de l’indécision

La vraie question est comment ne pas faire de l’indécision un choix.
Dans cette campagne, les indécis sont souvent considéré comme une réserve naturelle non protégée où tout le monde peut piocher.
Mais je crois que la politique est l’affaire de tous. J’aime cette phrase de John Kennedy :
« Ne vous demander pas ce que le pays peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour votre pays. »
Finalement je pense qu’un élément de la réponse repose sur le fait qu’aujourd’hui il faut prendre de la hauteur et continuer à s’engager. Il y a 160 ans jour pour jour M. Otis inaugurait son premier ascenseur. À quel étage s’est-il arrêté ? L’histoire ne le dis pas. Espèrons que les débats de bas étages d’aujourd’hui vont cesser
*Ceci était une phrase anti système qu’adopterait avec délectation Marie Le Pen 

Les candidats au tableau !


Réécoutez : 

Difficile de s’y retrouver dans cette campagne présidentielle ?

Entre les affaires autours de Marine Le Pen, la mise en examen de François Fillon, la campagne d’Emmanuel Macron qui ressemble à s’y méprendre à une auberge espagnole, Jacques Cheminade qui est toujours en attente d’avoir ses 500 parrainages et qui nous promet la lune … les électeurs sont comme dirait Sophie Nouaille En Quête de sens. C’est navrant. Heureusement C8 la chaîne du groupe Bolloré est là pour nous permettre d’approfondir un petit peu la vie politique. Dimanche, elle va diffuser Présidentielle : candidats au tableau une émission où les candidats seront interrogés par les plus redoutables intervieweurs qui soit : des petits écoliers. Et c’est pas du gâteau.

Ce jeune électorat n’est pas une réserve de voix pourtant ?

Ce n’est absolument pas une réserve de voix puisqu’ils accompliront leur devoir civique pas avant minimum 10 ans. En même temps comme dans tous les cas, il n’y aura qu’un candidat ou qu’une candidate (Nathalie Arthaud a ses 500 parrainages) qui sortira vainqueur de cette élection, les autres ont raison de commencer à faire campagne très tôt pour cette réserve de voix de l’avenir ! Et puis à défaut d’être élu président de la république, ils pourront toujours tenté de se présenter pour l’élection du délégué de classe.

Quelles questions vont être posées ?

Des questions sur leurs préoccupations vous allez me dire. Allez vous rétablir les frites tous les midis à la cantine ? Êtes vous pour ou contre la détention du Journal de Mickey dans une salle de classe ? Est-ce que dire : »Haut les mains, peau de lapin, la maîtresse en maillot de bain » constitue un droit au blasphème ? Mais parfois l’actualité questionne de plus en plus nos charmants bambins.
A quand un revenu universel en Carambar ou en schokobons ? Un élève mis au coin peut-il être élu délégué de classe ? Manuel va t’il partager enfin son 4h avec Benoit ? Doit-on se rendre chez le proviseur quand on est première de la classe ? Il y a un extrait savoureux qui circule sur internet ou un enfant demande à Emmanuel Macron de lui expliquer quelle est la différence entre la droite et la gauche.
Réponse du candidat de En Marche ! :

https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2FC8TV%2Fvideos%2F10155191508694752%2F&show_text=0&width=400

C’est un jeu d’enfant. C’est bien parce que c’est pas du tout caricatural.
Voilà les enfants, maintenant que tout le monde a compris la différence entre la droite et la gauche, on va pouvoir sonner la fin de la récréation. Et n’oubliez pas de dire à vos parents d’aller voter.
Sacha Guitry disait :

« On parle beaucoup trop aux enfants du passé et pas assez de l’avenir. »

Cette émission, a beau être un énorme coup de com’, elle nous rappelle que dans cette campagne, les adultes sont logés à la même enseigne que les enfants. En fait cette émission elle est à l’image de cette élection : très primaire ou les cancres ont le dernier mot.

Critique du film « La Confession »

 

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Sous l’Occupation allemande, dans une petite ville française, l’arrivée d’un nouveau prêtre suscite l’intérêt de toutes les femmes… Barny, jeune femme communiste et athée, ne saurait cependant être plus indifférente. Poussée par la curiosité, la jeune sceptique se rend à l’église dans le but de défier cet abbé : Léon Morin. Habituellement si sûre d’elle, Barny va pourtant être déstabilisée par ce jeune prêtre, aussi séduisant qu’intelligent. Intriguée, elle se prend au jeu de leurs échanges, au point de remettre en question ses certitudes les plus profondes. Barny ne succomberait-elle pas au charme du jeune prêtre ?

Quand j’ai appris qu’un film sortait sur le sujet, je n’ai pas hésité une seule seconde même si je dois confesser que j’avais des gros doutes sur le sujet d’un tel film.
Déjà une confession, c’est presque toujours pareil. Le pénitent entre dans un confessionnal, raconte ses péchés, demande pardon, promet de ne pas recommencer, le prêtre l’absout, lui donne une pénitence et emballé c’est pesé. En matière de suspens cinématographique, c’est pas dingue. Et puis si je m’étais fait un avis uniquement sur la bande annonce ou sur l’affiche, j’aurais pu me dire: Encore l’histoire d’un prêtre défroqué troublé par un amour impossible. Pas besoin d’en faire un film il suffit d’ouvrir les journaux à la rubrique fait divers.
Mais un film n’est pas qu’une bande annonce et celui-là est une vrai réussite.
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A l’heure où tout se sait, tout est dit sur la place publique du plus intime au plus sulfureux, le confessionnal est un lieu peu confortable où le secret est la règle et le déballage la condition.
Pour beaucoup la confession est une énième invention ou curiosité de l’Église catholique pour se donner bonne conscience. C’est ce que pense Barny interprété par Marine Vacht, cette jeune communiste belle et rebelle. Elle a beau être résistante, elle ne résistera pas longtemps au charme d’un prêtre solaire, joyeux, qui a l’esprit vif et qui en outre a la particularité d’embrasser très bien, d’embrasser pleinement … son sacerdoce. La rencontre a lieu. Elle est crédible. La caméra de Nicolas Boukhrief est sobre contrairement à nombres de films en période de guerre où les réalisateurs ne lésinent pas sur les explosions et le sang. Le réalisateur a dit à juste titre que pour ceux qui vivaient dans cette période, la guerre c’est d’abord un son. Peu ont vu des explosions mais beaucoup les ont entendues. La suggestion de la violence est beaucoup plus parlante. Parlant de son, la musique est magnifique et les dialogues ciselés accompagnent la narration.

Il faut aller voir ce film !

Dune part parce que c’est pas un film sur le célibat des prêtres mais sur la conversion d’un cœur. Finalement ce qu’on retient de ce film, c’est que c’est parfois notre conception de l’amour qui rend l’amour impossible.
Si certains veulent faire le mauvais procès en disant que c’est un remake. Ce n’est pas le cas. En revanche c’est une réadaptation du livre Léon Morin, prêtre de Beatrix Beck.
Quand j’étais petit, on m’expliquait au catéchisme, que je pouvais aller me confesser les yeux fermés, car les prêtres disposent de la fameuse grâce de l’oubli de la confession. Si je puis me permettre un conseil, allez voir La Confession les yeux grand ouverts car ce film est touché par la grâce, celle qu’ont ces films qu’on est pas prêt d’oublier.

Paris is not Paris ?

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La dernière sortie de Donald Trump : « Paris n’est plus Paris » a t’il dit. Provocation ?

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Discours de Trump devant les conservateurs : Paris n’est plus Paris

Effectivement cette dernière sortie du président américain a beaucoup fait réagir. Pour contextualiser : Donal Trump explique qu’un de ses amis proches, prénommé Jim, lui a dit qu’il ne retournait plus à Paris, puisque bien qu’aimant la ville Lumière et y allant tous les ans, il trouve que Paris n’est plus Paris.
Cette déclaration m’a stupéfiée ! Il m’a fallu du temps pour encaisser le choc. Que le président américain ose se moquer de la plus belle ville du monde, c’est un peu fort de café. Au début j’ai pensé qu’il voulait parler de Paris Hilton ou de la politique urbaine de Paris au Texas, qu’il s’était trompé d’enveloppes comme aux Oscars à Hollywood dimanche soir pour La La Land mais non il parlait bien de Paris, Île de France.

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Est-ce que Paris a changé ?

Pas besoin d’avoir lu Métronome de Lorànt Deutsch pour voir que Paris a changé de fond en comble entre Camulogène et Anne Hidalgo. Bon c’est vrai que l’urbanisme n’était pas la priorité de Camulogène. Mais c’est vrai que Paris a changé. Déjà, le PSG met des raclées à toutes les équipes qui se mettent sur sa route. C’est un bouleversement. Paris est devenu une No Go Zone pour toutes les équipes de Ligue 1. Une chose aussi qui a changé, c’est qu’avant comme disait Michel Audiard « Conduire dans Paris c’est une question de vocabulaire » et bien maintenant suite à la fermeture des voies sur berge marcher dans Paris sera aussi une question de vocabulaire et vous pourrez entendre dans ce lieu paisible les parisiens vous gratifier de « Avance he patate » et toutes ces expressions qui font le charme de l’agglomération parisienne.

Comment Paris va s’en remettre ?

Rassurez-vous nous avons au sommet de l’Etat un président qui ne se laisse pas faire et qui est toujours prompt à défendre la capitale. En déplacement à Disney Land le chef de l’Etat a fait une proposition qui montre que même si il a été le président le plus impopulaire de la Ve il sait incarner la France.

Inviter un américain à Disneyland il fallait y penser. Il devrait aussi inviter son hôte américain à goûter le restaurant gastronomique Mc Donalds. La seule manière pour faire aimer Paris aux américains et de leur donner ce qu’ils ont déjà chez eux. Pour conclure si Paris a changé c’est dans l’histoire qui l’a changé. Il y a 73 ans on disait

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mais depuis avant hier Paris est … trumpisé !

Un Bebel hommage

Réécoutez

Vendredi prochain, c’est la 42e cérémonie des César qui rassemble la grande famille du cinéma français. Vous allez la regarder cette cérémonie ?

Je ne la manque sous aucun prétexte parce que c’est l’occasion de rendre hommage au 7e art et ceux qui le font, qu’il soit acteur, scénariste, producteur, technicien … Mais je peux déjà vous annoncer ce qu’il va se passer à la salle Pleyel vendredi soir.

Que va t’il se passer ?

Déjà, humour de canal oblige il y aura beaucoup de sketch, et mon sketch préféré c’est celui ou un intermittent du spectacle vitupère la ministre de la culture (parce que oui il y a une ministre de la culture) assise dans l’assistance. Je suis toujours bluffé par la performance d’acteur du locataire de la rue de Valois qui oscille entre un regard compatissant et un sourire convenu. C’est toujours un grand moment. Et puis il y a toujours le lauréat qui n’a rien préparé parce qu’il ne s’y attendait vraiment absolument pas du tout, les remerciements etc.

Et puis cette année, L’académie des César va honorer Jean Paul Belmondo. Mérité ?

Il était temps que l’académie des César rende un hommage à Bebel. Quand on regarde sa filmographie on se rend compte que grâce à l’homme de Rio le cinéma français a eu l’itinéraire d’un enfant gâté. Il est Magnifique parce qu’il a réussi à rendre populaire le cinéma d’auteur. Et puis c’est un immense Professionnel, capable de changer de rôle Aussi vite que François de Rugy trahissant son engagement à la primaire à gauche pour rejoindre En Marche!. À la foi Flic ou voyou, prêtre, l’Alpagueur il a bourré les salles de cinéma pendant près de 60 ans. C’est grâce a des acteurs comme Jean Paul Belmondo que le cinéma français ne sera jamais … à bout de souffle.

Justement qu’est ce qui fait un bon film ?

Henri-Georges Clouzot disait que pour faire un bon film, il faut trois choses : premièrement : une bonne histoire, deuxièmement une bonne histoire et troisièmement une bonne histoire. Mais je crois que en plus de l’histoire il faut un bon duo d’acteur. On se rappelle des duos mythiques comme de Funès et Bourvil, Belmondo-Delon, Poiret et Serrault, le Titanic et son iceberg … mais dans la catégorie meilleur espoir des grands duos du cinéma français il y a mon chouchou : Bayrou et Macron ! Tout les deux pourraient-être des titres de films de Jean-Paul Belmondo, ils sont les mariés de l’an 2017 entre le Marginal ou le Solitaire qui a vu en Macron l’As des as alors qu’il n’est à vrai dire que l’héritier …  Il manque une chute à cette carte blanche. En tout cas si Macron chute dans les sondages, il pourra prendre exemple sur Belmondo qui est rappelons-le l’expert des cascades !