La culture, le bonnet d’âne de la démocratie

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17 jours nous séparent du premier tour et pourtant il y a un sujet qui n’est presque jamais évoqué dans cette campagne : la culture.
Mardi soir, j’ai regardé très attentivement le grand débat sur BFMTV et CNews avec les 11 candidats et les sujets abordés étaient pêle-mêle : l’emploi, l’Europe mais un sujet à fait faux bond, à l’instar de la cravate de Philippe Poutou : la culture.
La culture c’est un peu comme la tombe du soldat inconnu sur la place, ou plutôt sous la place de l’Étoile. Elle est au centre, mais on tourne autour. On la regarde distraitement mais le plus souvent on passe à côté. Elle est honorée qu’une fois dans l’année… le 32 février. Dans le débat politique il y a des sujets tabous, des sujets abscons et aussi des sujets absents et la culture en est l’illustration parfaite. Les candidats ont des choses à dire sur ce sujet mais pour en parler ils affirment des phrases toutes faites d’une grande banalité qui paraissent alléchantes au premier abord comme : « démocratiser la culture », « faire de la culture notre socle commun », « ouvrir la culture au plus grand nombre » et j’en passe. Des phrases différentes pour dire la même chose, c’est à dire pas grand chose.
D’où vient cette absence de la culture dans le débat ?
Peut-être parce que justement la culture n’a pas pour vocation première de cliver. Le clivage permet de se démarquer et donc d’exister dans une campagne. Pourtant la culture fait débat.
Est-ce qu’Asselineau peut nous sortir un article de la Constitution Européenne pour nous parler de culture ?
Macron doit il des droits d’auteur à Hollande ? François Hollande étant le président qui aura le plus fait pour l’industrie du livre à force de se livrer lui-même aux journalistes.
On associe parfois un peu trop rapidement la culture à l’éducation. Certes l’éducation permet d’obtenir un certain niveau de culture générale comme de savoir que Picasso n’est pas qu’un modèle de voiture.
Et puis la vraie raison, c’est que le débat est très souvent orienté autour du quotidien, du pouvoir d’achat, et de la sécurité et inexorablement la culture devient un sujet secondaire pour les candidats.
Est-ce que finalement, la culture n’est pas un sujet secondaire ?
Si la culture était secondaire il n’y aurait pas 67 millions de touristes en France tous les ans.
Si la culture était secondaire, Daech n’aurait pas détruit la ville de Palmyre.
Si la culture était secondaire, les nazis n’auraient pas brûlé autant de tableaux de grands maîtres jugés par eux comme de la sous-culture. Je ne vais pas continuer plus loin l’anaphore mais c’est dire que la culture dérange les esprits les plus fermés.
Lionel Jospin disait à très juste titre que la culture est l’âme de la démocratie. J’espère que d’ici là, la démocratie va retrouver son âme.

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