Critique du film « La Confession »

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Sous l’Occupation allemande, dans une petite ville française, l’arrivée d’un nouveau prêtre suscite l’intérêt de toutes les femmes… Barny, jeune femme communiste et athée, ne saurait cependant être plus indifférente. Poussée par la curiosité, la jeune sceptique se rend à l’église dans le but de défier cet abbé : Léon Morin. Habituellement si sûre d’elle, Barny va pourtant être déstabilisée par ce jeune prêtre, aussi séduisant qu’intelligent. Intriguée, elle se prend au jeu de leurs échanges, au point de remettre en question ses certitudes les plus profondes. Barny ne succomberait-elle pas au charme du jeune prêtre ?

Quand j’ai appris qu’un film sortait sur le sujet, je n’ai pas hésité une seule seconde même si je dois confesser que j’avais des gros doutes sur le sujet d’un tel film.
Déjà une confession, c’est presque toujours pareil. Le pénitent entre dans un confessionnal, raconte ses péchés, demande pardon, promet de ne pas recommencer, le prêtre l’absout, lui donne une pénitence et emballé c’est pesé. En matière de suspens cinématographique, c’est pas dingue. Et puis si je m’étais fait un avis uniquement sur la bande annonce ou sur l’affiche, j’aurais pu me dire: Encore l’histoire d’un prêtre défroqué troublé par un amour impossible. Pas besoin d’en faire un film il suffit d’ouvrir les journaux à la rubrique fait divers.
Mais un film n’est pas qu’une bande annonce et celui-là est une vrai réussite.
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A l’heure où tout se sait, tout est dit sur la place publique du plus intime au plus sulfureux, le confessionnal est un lieu peu confortable où le secret est la règle et le déballage la condition.
Pour beaucoup la confession est une énième invention ou curiosité de l’Église catholique pour se donner bonne conscience. C’est ce que pense Barny interprété par Marine Vacht, cette jeune communiste belle et rebelle. Elle a beau être résistante, elle ne résistera pas longtemps au charme d’un prêtre solaire, joyeux, qui a l’esprit vif et qui en outre a la particularité d’embrasser très bien, d’embrasser pleinement … son sacerdoce. La rencontre a lieu. Elle est crédible. La caméra de Nicolas Boukhrief est sobre contrairement à nombres de films en période de guerre où les réalisateurs ne lésinent pas sur les explosions et le sang. Le réalisateur a dit à juste titre que pour ceux qui vivaient dans cette période, la guerre c’est d’abord un son. Peu ont vu des explosions mais beaucoup les ont entendues. La suggestion de la violence est beaucoup plus parlante. Parlant de son, la musique est magnifique et les dialogues ciselés accompagnent la narration.

Il faut aller voir ce film !

Dune part parce que c’est pas un film sur le célibat des prêtres mais sur la conversion d’un cœur. Finalement ce qu’on retient de ce film, c’est que c’est parfois notre conception de l’amour qui rend l’amour impossible.
Si certains veulent faire le mauvais procès en disant que c’est un remake. Ce n’est pas le cas. En revanche c’est une réadaptation du livre Léon Morin, prêtre de Beatrix Beck.
Quand j’étais petit, on m’expliquait au catéchisme, que je pouvais aller me confesser les yeux fermés, car les prêtres disposent de la fameuse grâce de l’oubli de la confession. Si je puis me permettre un conseil, allez voir La Confession les yeux grand ouverts car ce film est touché par la grâce, celle qu’ont ces films qu’on est pas prêt d’oublier.

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