Romain Grosjean, le halo du courage

Le 29 novembre 2020, vingt Formule 1 attendent l’extinction des 5 feux rouges qui lancent la course dans la nuit de Bahreïn. La course est sans enjeux au classement des pilotes. Le titre est déjà joué depuis deux semaines. Et pourtant, ce soir-là, la plus belle victoire ne va pas se jouer en haut de la grille.

Romain Grosjean sait qu’il dispute ses dernières courses en F1. La veille, avec sa très modeste Haas, il n’a pas pu faire mieux que l’avant dernier temps. Alors pour son antépénultième course, avant de raccrocher son casque et sa combinaison ignifugée, il a l’ambition légitime de prendre du plaisir.

90 ans avant cette course, le 13 juin 1930, un jeune pilote de l’aéropostale, Henri Guillaumet entre dans son avion Potez 25 depuis Santiago du Chili. Il doit exécuter sa 92eme traversée de la Cordillère des Andes. Sa jeune fiancée suissesse l’attend.

Mais tout bascule après quelques heures de vol. Après avoir vainement tenté de se faufiler à travers la montagne par la voie habituelle, il constate que la météo l’oblige à atterrir. Mais, durant l’atterrissage, la neige qui s’accumule devant ses roues finit par bloquer son avion qui effectue un « pylône » et se retrouve tête en bas. Bloqué par la tempête de neige, il passe les deux premières nuits enveloppé dans son parachute, dans un abri qu’il a creusé dans la neige sous l’aile de son avion retourné. Puis, au matin du 3e jour, alors que le temps s’est calmé, il aperçoit dans le ciel un avion parti à sa recherche. Il tire une fusée de détresse mais l’avion continue sa route sans le voir. De dépit, il décide de partir à pied, après avoir inscrit sur la carlingue de son avion : « N’ayant pas été repéré, je pars vers l’Est. Adieu à tous, ma dernière pensée sera pour ma femme »

Les 5 feux rouges se sont éteints et les 20 monoplaces sont parties mais après quelques secondes, lancée à plus de 200 km/h, la monoplace du Français percutait de plein fouet un rail de sécurité. Sous la violence du choc, la voiture s’est coupée en deux et s’est enflammée. Pendant 28 secondes des milliers de téléspectateurs du monde entier ont les yeux rivés vers leur écran tentant de comprendre fébrilement ce que la réalisation internationale ne diffuse pas.

La violence est inouïe. Les images de Nicky Lauda qui brûle dans sa Ferrari au Nürburgring en 1976. L’accident est d’autant plus terrible que parmi les millions de téléspectateurs sidérés devant ce spectacle, il y a son épouse qui regarde la course avec ses enfants, ses beaux-parents. Une voix se fait entendre, celle de Julien Febreau, le journaliste commentateur de Canal Plus, et son inquiétude se mêle à la nôtre. Julien Febreau qui sait bien faire vivre les courses, qui donne rendez-vous au premier virage après avoir pris le soin de non recommander de monter le volume, doit composer avec ce qu’il sait, ce qu’il craint, ce qu’il espère et ce qu’il redoute. Il sait que l’épouse de Romain regarde, se doute que le fils aîné du pilote dont il est le parrain regarde les derniers exploits de son père sur une F1. Mais il sait que des milliers d’abonnés attendent de lui des explications.

« Après deux, trois, quatre jours de marche, on ne souhaite plus que le sommeil. Je le souhaitais. Mais je me disais : Ma femme, si elle croit que je vis, croit que je marche. Les camarades croient que je marche. Ils ont tous confiance en moi. Et je suis un salaud si je ne marche pas »

Après 60km de marche, Guillaumet est éreinté. Le froid lacère sa peau. Il est à bout. Et lui vient une réflexion sur sa survie. Doit-il abdiquer ? Doit-il dormir au risque de ne pas se réveiller. Mais il se fait violence : « Après deux, trois, quatre jours de marche, on ne souhaite plus que le sommeil. Je le souhaitais. Mais je me disais : Ma femme, si elle croit que je vis, croit que je marche. Les camarades croient que je marche. Ils ont tous confiance en moi. Et je suis un salaud si je ne marche pas. »

Et il marche, mais la lucidité lui faisant défaut, il se trompe de direction. Son périple qui aurait pu ne durer qu’un jour et demie va durer finalement 5 jours de plus. Il sera secouru par des villageois et quand Saint Exupery viendra le chercher il dira à l’auteur du Petit Prince « Ce que j’ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait ». Son amour pour sa femme.

Romain et Marion Grosjean racontent ce sauvetage dans leur livre « La mort en face » (City). Lui aussi ce qui l’a sauvé c’est la pensée de ses enfants pour qui il devait s’extraire de ce qu’il reste de son habitacle. Il est sauvé par le halo, cet arceau en titane placé dans la ligne de mire du pilote qui le protège en cas de retournement ou de chevauchement comme on a pu le voir à Monza cette année. Le halo, Romain Grosjean était plutôt contre quand il a été imposé par la FIA après l’accident qui coûtera la vie à Jules Bianchi, mais il sait aujourd’hui combien il lui doit la vie. Jules Bianchi a quelque part épargné la vie de Romain Grosjean.

Finalement ce qui réunit ces deux êtres d’exception c’est le courage de vivre quand la mort se fait inéluctablement proche. Le refus de céder, la grâce de se battre. Dans un sport où le risque est accepté, les choix de trajectoire engage sa propre vie, l’histoire de Romain Grosjean est une leçon qui montre que la vie, comme dirait Mère Teresa, est un combat auquel il faut faire face.

Dans les coulisses de « Questions pour un champion »

Ce 1er décembre 2020, comme chaque après-midi depuis 33 ans, Questions pour un Champion était sur France 3. La différence ? Je faisais partie des candidats !

La sélection

Pour participer à Questions pour un champion, un passage obligé : la sélection. Ce qui m’a conduit sur ce plateau ? Un soupçon de curiosité, un goût pour le défi, et aussi de rendre hommage à ma grand-mère maternelle qui regarde maintenant QPUC avec les anges. Mais le chemin vers le buzzer commence par un passage obligé : le formulaire d’inscription

Quelques semaines plus tard, me voilà dans cette grande salle du 15ème arrondissement de Paris muni d’un stylo et d’un sous-main rigide afin de répondre confortablement. En attendant, j’ai jeté un regard circulaire sur les autres candidats. Certains avaient déjà joué et gagné. La sélection s’annonçait relevée… 

On nous appelle à entrer dans la salle d’examen, un souvenir de baccalauréat se rappelle à moi. Interrogation orale : l’examinateur nous a posé une série de questions de culture générale, à laquelle nous répondons sur une feuille. A l’issue de l’exercice, c’est au tour de notre voisin de gauche de corriger notre copie, pendant que l’animateur donne les bonnes réponses. Ceux qui n’ont pas obtenu le score suffisant partent. Nous partîmes cent, mais par le prompt renfort d’un deuxième questionnaire, nous nous vîmes trente en arrivant au port.  À ma grande surprise, me voilà à l’étape suivante. J’étais bien embarqué et heureux que ma mémoire vienne à ma rescousse. Un peu comme Jean Le Cam.

Casting face caméra : nous nous présentons, disons pourquoi nous voulons jouer, quelles sont nos passions. Une fois cet exercice fait, nous pouvons prendre congé des lieux et l’on nous dit qu’on nous recontactera.

J’ai été rappelé quelques mois plus tard. J’étais sélectionné pour participer au jeu ! C’est parti.

Le tournage

Originellement, je devais enregistrer le 30 mars 2020, mais le Covid a mis le monde à l’arrêt, et les jeux TV n’ont pas fait exception. L’émission est tournée dans un immense studio de France Télévision à Saint-Cloud (92) où d’autres jeux sont également tournés comme Slam, Personne n’y avait pensé !, et donc Questions pour un champion.
Mesures de distanciation obligent : nous avions chacun une loge ! En ce qui me concerne, plutôt grande, avec un canapé très confortable. Un écran nous permet de suivre les émissions tournées avant de passer. Six émissions par jour de tournage : un rythme très soutenu, permis par l’équipe qui fait tout pour nous mettre à l’aise et s’adapte aux conditions sanitaires pour nous fournir un accueil chaleureux.  

Mon passage était programmé dans la dernière émission. Pour participer donc au 9512e épisode de Questions pour un champion.

Un petit tour au maquillage, un passage chez le coiffeur, un point stylisme pour décider de la tenue qui correspondra bien au plateau. C’est tout cela une émission de télévision. Un animateur mis dans la lumière par plusieurs techniciens dans l’ombre. Je tiens ici à les remercier pour leur travail et leur grande gentillesse.

Dans l’antichambre…

Je regarde l’émission avant moi. Le candidat va jouer pour la cagnotte. Il a écrasé la concurrence et perd au face à face contre Alain, le premier vainqueur de la cagnotte de l’histoire du jeu en France. On vient me chercher pour que j’aille en plateau. C’est le moment. Impossible de faire machine arrière. Nous descendons un escalier, traversons un immense couloir et arrivons sur le plateau. Un ingénieur du son vient installer les micros, quelques essais et le chef d’édition nous délivre ses ultimes conseils. Entre autres : prenez du plaisir, et osez pour n’avoir aucun regret plus tard.Nous pouvons essayer le fameux buzzer qui confère le droit de pouvoir répondre s’il est déclenché avant les autres candidats, bien évidemment.

Samuel Etienne, « le marathonien du PAF »

Samuel Etienne vient nous saluer brièvement et nous discutons de la partie qui vient de se terminer. Tout de suite, il nous met à l’aise, glisse un petit mot et un encouragement pour chacun.

Nous sommes conduits hors du plateau. Les lumières s’éteignent. Le générique se lance. Alea Jacta Est.

Samuel Etienne m’a interrogé sur ma passion pour la prestidigitation et j’ai été content de parler de l’association Les magiciens du cœur avec laquelle, j’ai pu faire des spectacles de magie il y a quelques années. J’espère pouvoir en refaire, quand les conditions sanitaires le permettront.

Je suis admiratif de son énergie. Sa journée commence aux aurores et chaque matin, il poste une petite vidéo pour souhaiter un bon et lumineux anniversaire aux personnes nées ce jour-là accompagnées d’un petit éphéméride.

Il enchaîne comme anchorman de la matinale de France Info pendant presque 3h de directs et autant de préparation préalablement. Mon expérience de chroniqueur hebdomadaire me pousse au respect face à ce rythme. Puis 6 enregistrements de Questions pour un champion. Pour tenir, son secret c’est le sport. Il a déjà participé à une vingtaine de marathons et des trails.

Place au jeu !

Le jeu n’a pas duré très longtemps pour ce qui me concerne. J’étais face à de redoutables candidats. Ma stratégie était de tenter le tout pour le tout et de répondre le plus vite possible. C’est ce que je fais sur la première question, où je réponds vite et bien. Je ne voulais pas laisser les autres candidats respirer.

Le seul moment où j’étais leader du jeu. (capture d’écran)

Et puis les batailles de buzzer ont commencé, les mains sont devenues un poil plus moites et le trac un peu plus présent. Par exemple, incapable de me rappeler de Mitroglou, l’ancien avent-centre de l’Olympique de Marseille, alors que je suis mordu de foot… ces trois points envolés me coûteront très cher. Je me fais sortir sur une autre question de sport, concernant les couleurs des lignes sur une patinoire de hockey sur glace (qui sont bleues). Un petit cafouillage intervient et la candidate, ancienne championne tire bien son épingle du jeu et attend que je me trompe pour tenter une réponse… exacte. Chance ou savoir, il faut un peu de tout pour gagner et sa victoire est méritée.

Bravo Catherine !

Mon aventure à Questions pour un champion s’arrête donc là. Avec des regrets quand j’ai vu les questionnaires retenus pour le 4 à la suite et des questions sur Bob Marley. C’est le jeu. Un jeu tellement plus facile devant son écran qu’en situation.

Je repars avec une cagnotte de bons souvenirs, une montagne de chocolat et de pâte de fruits offert par un partenaire de l’émission, deux encyclopédies sur les plantes qui guérissent et un smartphone Android. J’espère pouvoir retenter ma chance si l’occasion se présente et ce jour-là ça va buzzer !

Les élus face au COVID19 – Épisode 2

Christophe Labrousse, maire, directeur d’école et militant du lien

« Je vais à la mairie tous les jours, même le dimanche, et lorsque je vais acheter mon pain ou que je me promène en voiture, il m’arrive toujours de rencontrer quelqu’un dans son jardin. Il y a quand même un lien qui se crée. »


Dans un pays qui doute en pleine pandémie, qui demeure dans le brouillard sur le déconfinement, qui attend des responsables politiques des réponses qu’ils ne sont pas forcément en mesure de pouvoir apporter, des personnalités se retroussent les manches pour aller de l’avant, écouter les drames petits et grands et imaginer demain. Christophe Labrousse a deux casquettes : Celle de maire délégué de la nouvelle commune de Melle (Deux-Sèvres) et celle de directeur de l’école privée Saint Dominique Savio qui vient en aide à des élèves en grand échec scolaire et auxquels l’éducation nationale n’a pas su apporter des réponses. Dans cette interview sans concession il revient sur son rôle de maire et de directeur de collège qui « donnent du sens à sa vie » et propose des conseils concrets aux parents démunis face a l’éducation de leurs enfants en temps de confinement.

Comment s’est opérée la prise de conscience par la population du danger de la pandémie ?
Au départ, pour beaucoup ce n’était qu’une histoire qui concernait la Chine ou les grandes villes. Et oui il y a eu quand même toutes les informations à la télévision que les gens ont beaucoup suivies et les interventions du président. À partir de là il y a eu une vraie prise de conscience. Il y a une solidarité qui s’est instaurée entre les habitants. Nous avons donc créé une chaîne avec les maraîchers pour que les gens puissent continuer à manger localement, une prise de conscience avec les grandes surfaces et aussi industrielle avec l’entreprise Solvay qui a décidé de fabriquer du gel hydro alcoolique et d’en distribuer à l’hôpital de Melle, dans nos EHPAD, dans les pharmacies et un peu dans les mairies. Et puis beaucoup de couturières ont commencé à confectionner des masques très tôt.

Les gens sont plus inquiets de l’après que du moment présent

Vous êtes dans un territoire riche du département des Deux-Sèvres, est-ce que l’économie a souffert de cette pandémie ?
Beaucoup. Je suis très inquiet pour les commerçants et les artisans parce que la reprise va être très compliquée. On est dans l’incertitude et les gens sont plus inquiets de l’après que du moment présent. Pour les habitants ça va être compliqué. Est-ce que on va pouvoir retourner facilement ? Est-ce que notre pouvoir d’achat va nous permettre d’acheter des fleurs quand on n’en a envie ou de continuer à manger local très régulièrement ? Le pouvoir d’achat demeure une grosse interrogation pour la suite.

Comment avez-vous vécu le début du confinement ?
Le dimanche 15 mars, c’était le jour des élections et nous étions très inquiet. Nous avons essayé de tout mettre en place pour les gestes barrières. Moi-même à Saint-Léger je suis resté quasiment toute la journée [au bureau de vote], les gens ont vraiment respecté les consignes. Tout s’est arrêté pour nous mardi à midi. Je me suis rendu à la mairie et déjà il y avait beaucoup moins de monde sur les routes et plus personne sur les trottoirs.

Vous avez été réélu ?
Cette fois-ci je ne me suis pas présenté comme tête de liste puisque j’avais beaucoup de travail mais je me suis présenté sur la liste d’un autre qui correspondait à mes aspirations. Nous étions 12 sur 33 à vouloir repartir ensemble. Nous avons obtenu 60,03 % des voix dès le premier tour avec 44,41% de participation. Le problème c’est que nous ne pouvons pas travailler ensemble puisque nous ne pouvons pas élire notre maire et installer le conseil municipal.

Pensez-vous que c’était une bonne idée de maintenir le premier tour des élections municipales ?
C’est très compliqué de répondre. La machine était enclenchée, les réunions étaient faites, tous les papiers été distribués, donc l’annuler au dernier moment était encore un coût supplémentaire. Les gens se trouvaient dans le feu de l’action de l’élection. Aujourd’hui la question se pose de savoir quand aura lieu le deuxième tour dans ces communes qui n’ont pas encore de conseil municipal. Pour les quelques communes qui ont besoin d’un second tour, c’est compliqué !

Vous êtes directeur d’un internat privé hors-contrat, comment maintenir le niveau de vos collégiens qui sont parfois en grand décrochage scolaire ?
Nous travaillons à Savio avec une feuille de route depuis plusieurs années. Quand les enfants arrivent le lundi ils ont tout le travail de la semaine. Quand nous avons appris le jeudi soir que les écoles allaient être fermées dès le lundi, avec l’équipe pédagogique on a travaillé une bonne partie de la nuit pour que les feuilles de route soient prêtes dès le vendredi.

« La pédagogie on peut la faire que lorsque l’on est en direct. »

Comment maintenez vous le lien ?
Les enfants peuvent nous appeler toute la semaine, il y en a qui ont cours sur WhatsApp. On a les parents, les enfants par téléphone la semaine. Moi-même en tant que directeur j’ai appelé les 5e, 4e , 3e pour faire le point avec eux et leur souhaiter aussi de bonnes vacances. Le ministre de l’éducation nationale parle de « continuité pédagogique ». Pour moi on ne peut pas. La pédagogie on peut la faire que lorsque l’on est en direct. Les enseignants sont des pédagogues. On peut parler d’une continuité scolaire, la d’accord, mais une continuité pédagogique, je ne suis absolument pas d’accord, parce que l’enseignant en chair et en os n’est pas présent Et les enfants peuvent avoir besoin de plusieurs explications en fonction de ce qu’ils sont, de ce qu’ils ont compris. Nous ce qui est important à Savio c’est de conserver le lien. Je pense que c’est ce qu’il faut conserver dans toutes les écoles. Cela évitera à des enfants de décrocher.

Les professeurs ne peuvent pas appeler tous les élèves et les parents. Quels conseils pouvez-vous donner aux parents ?
Le conseil est celui que j’applique avec mes enfants. Les équipes pédagogiques et les enseignants de leurs écoles , sans les avoir au téléphone, ont suivi le travail sur pronote. Les professeurs pouvaient leur indiquer ce qu’il y avait de bien dans le devoir ou non. Il y a vraiment eu un lien. . J’ai trouvé ça formidable. Quand les parents sont enseignants et peuvent suivre intellectuellement, ça ne pose pas de problème, mais malheureusement les familles pour lesquelles les parents ne peuvent pas ou n’ont pas l’outil informatique – puisqu’il y en a encore qui n’en ont pas – malheureusement pour ces enfants-là, je crains que le décrochage ne soit inévitable.

C’est le moment ou jamais d’être créatif !

Quand ces enfants vont revenir en classe, que faudra-t-il faire ?
Il faudrait qu’il y ait des équipes qui soient aidées par d’autres personnes, d’autres enseignants, des stagiaires qui pourraient prêter main forte aux professeurs pour prendre du temps avec ces enfants qui justement ont décroché parce que je vois quand je vais rIl faudrait qu’il y ait des équipes qui soient aidées par d’autres personnes, d’autres enseignants, des stagiaires qui pourraient prêter main forte aux professeurs pour prendre du temps avec ces enfants qui justement ont décroché parce que je vois quand je vais recevoir mes élèves, je sais que je vais les recevoir individuellement, pour faire le point pour voir comment ils vont, et on va démarrer dès qu’ils reviennent un cours de vie de classe sur la citoyenneté et sur l’histoire du Coronavirus. Cette année, L’objectif de notre projet pédagogique c’est de les faire travailler sur demain. Qu’est-ce que c’est que génération va pouvoir inventer ? On sait que dans 10 ans il y aura 67 % de nouveaux métiers. C’est le moment ou jamais d’être créatif ! Il faudra les inciter à aller plus loin. Je craignais que cette cinquième semaine les enfants soient touchés moralement. C’est le cas. C’est notre job d’encourager les jeunes.

Est-ce important de parler de la crise sanitaire avec les élèves ?
Oui c’est très important. Dans notre cas il n’y a pas de sujet tabou. Ce sera à nous de dédramatiser ce qui s’est passé quand ils vont revenir et que nous en parlions tous ensemble même si c’est très difficile. J’invite les parents à ne pas hésiter à en parler à leurs enfants. Je leur suggère de regarder plutôt les informations le soir même si ce n’est pas le meilleur moment de la journée, et on s’arrête là.

Si le 11 mai vous deviez reprendre, est-ce que vous pensez que vous disposerez assez de masques et de gel ?
À partir du 11 mai nous n’aurons que l’équipe pédagogique, pour pouvoir mettre en place le protocole que l’on nous demande. Les enfants ne reviendraient, que le 18 et encore pas tous puisque certains parents m’ont fait part de leurs craintes et préfère garder leurs enfants à la maison, donc j’ai dit que j’entendais cette crainte. J’ai une couturière qui est prête à me préparer des masques et une pharmacie de Niort va nous fournir 5l de gel hydroalcoolique. Il faudra tout remettre en place pour les enfants dans l’internat. Il y aura une désinfection de toute l’école.

Que pensez-vous des cours scolaires sur France 4, la Nation Apprenante ?
Collectivement c’est pas mal, évidemment ça ne va pas dans le fond des choses mais ils ne peuvent pas le faire. Tout ce qui peut être fait pour éviter le décrochage c’est bien. Il y a cette ouverture vers France 4 et chacun y trouvera son compte puisqu’il y en a pour tous les niveaux. Mais encore une fois la pédagogie c’est ce qui manque à la maison puisqu’on est des parents éducateurs et non pas des pédagogues scolaires.

Qu’est-ce qui vous fait tenir dans cette crise ?
C’est mon altruisme. Ma mission c’est d’aider les autres. Écouter les autres et les aider. C’est le sens que j’ai donné à ma vie. Donc il faut être présent à la mairie le matin, répondre aux appels des parents et des enfants dans la journée. C’est vraiment être présent pour les personnes.

A savoir
Le Collège Dominique Savio est un établissement de niveau collège, accueillant des enfants du Cours Moyen à la 3e , constitué de classes à effectifs restreints qui, tout en suivant rigoureusement les programmes de l’Éducation nationale, s’adresse à des élèves en difficulté.
URL : https://ecolesavio.fr/

« Nous sommes en guerre », une série pour s’évader en plein confinement !

Dans une période où les salles de cinéma, les salles de spectacles sont fermées. Que les événements sportifs s’annulent ou se reportent en cascade … certains créatifs irréductibles profitent de ce moment pour continuer à faire vivre la culture sur le web. Ils n’ont pas les moyens de Disney + ou de Netflix mais se servent des contraintes pour en faire une force.

Fricero Films vient de sortir sa nouvelle production Nous sommes en guerre. Stella (Stana Roumillac) est une jeune femme vivant enfermée chez elle, met en doute la « version officielle » des journalistes et des autorités. Le Covid-19 n’existe pas. Le confinement, elle n’en a cure.

<p class="has-normal-font-size" value="<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="6" max-font-size="72" height="80">Cette série en six épisodes montre son chemin de conversion, rappelle le scénariste Loïc Landrau. Une mini-série produite en un temps record. Dès le premier épisode, le ton est donné. Nous sommes face à une jeune femme qui doute, qui se renferme et qui peine à trouver la clé dans son existence confinée. Cette série en six épisodes montre son chemin de conversion, rappelle le scénariste Loïc Landrau. Une mini-série produite en un temps record. Dès le premier épisode, le ton est donné. Nous sommes face à une jeune femme qui doute, qui se renferme et qui peine à trouver la clé dans son existence confinée.

Quelques mots des créateurs :

Comment est venu l’idée de cette série Nous sommes en guerre ?
Loïc Landrau : L’idée du titre est venue de cette phrase d’Emmanuel Macron qui nous avait tous saisie à l’époque. Je voulais profiter de ce confinement pour raconter une histoire, analyser ce qu’on vit avec une histoire très forte. Une histoire de conversion. L’avantage est que j’ai un ami de 25 ans, Emmanuel Fricero à qui je peux envoyer mes scenarii et qui peut les réaliser. Ce n’est pas de le cas de tous les scénaristes. Lui-même est confiné dans le sud de la France avec une comédienne. Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose 100% en confinement. C’est un défi technique. Tout est tourné dans l’appartement du réalisateur mais ça reste une vraie fiction avec des personnages qui apparaissent en visioconférence, de l’action …

Loïc Landrau / Journaliste-Présentateur TV

Le personnage principale doute des versions officielles concernant le Coronavirus. C’est le cas de beaucoup de personnes. Pourquoi ces doutes ont la vie dure ?
Effectivement, en tant que journaliste, j’observe que dans les grandes crises, il y a toujours des doutes parce que les gens n’ont pas l’habitude d’accepter le hasard. Pour eux tout ce qui arrive est fomenté. On voit beaucoup de complotistes sur des groupes Facebook notamment qui affirment que la Chine est derrière tout ça.

<p value="<amp-fit-text layout="fixed-height" min-font-size="12" max-font-size="72" height="80">

Comment on réalise un film dans des conditions aussi spartiates ?
Emmanuel Fricero Cela fait trois semaines entre la réception des scenarii de Loïc, le casting, l’organisation du tournage. Il nous a fallu 3 soirs de tournage et 2 semaines de montage, mixage et la musique originale et l’étalonnage.

Comment tourner en respectant les mesures barrières ?

On est pas sorti de chez nous. On fait avec les moyens du bord. L’objectif était de tourner rapidement, en étant inventif. De faire des contraintes un style et une force dans la mise en scène. Depuis tout jeune, je suis habitué à faire des films en faisant tous les postes. C’est un challenge à chaque fois. J’ai la chance d’avoir une comédienne principale, Stana Roumillac, qui est extrêmement investie, qui propose plusieurs choses. C’est super pour un réalisateur.

L’interview en entier

Avec : Stana Roumillac, Mélody Banquet, Sébastien El Fassi, Morgane Talbot
Une Série Réalisée et Produite par : Emmanuel Fricero
Idée Originale, Scénario et Dialogues : Loïc Landrau
Musique Originale : Franck Ancelin
Étalonnage : Olivier Landry – Malpeza
Production : Fricero Films http://www.fricerofilms.com

Les élus face au Covid19 – Épisode 1

Depuis que la tempête du Covid_19 a déferlé sur la Chine et puis l’Europe et maintenant le monde, les élus ne se ménagent pas pour être avec leurs administrés et faire face avec eux. Alors que le second tour des élections municipales est reporté au 21 juin, la situation ne fait qu’empirer. Si les villes et les villages donnent l’impression d’être à l’arrêt, ce n’est pas leur cas. Quels sont leurs moyens d’agir ? Comment tiennent-ils ? Je vous propose cette petite série avec des élus pour comprendre leur rôle.

Interview de Thibault Fline, Adjoint au Maire de Fontainebleau chargé des affaires sociales, de la petite enfance, des technologies de l’information et de la communication et de l’e-administration.

À quel moment avez-vous pris conscience de l’ampleur de l’épidémie ? 

Comme une majorité de Français, j’ai véritablement commencé à prendre conscience de l’ampleur du phénomène au tout début du mois de mars lorsque l’épidémie a frappé l’Italie et que le Gouvernement italien a décidé de mettre en place un confinement. Jusqu’à cette date, peu de personne, y compris parmi les professionnels du monde médical, prévoyaient un tel scénario en Europe.

Pensez-vous que la décision de maintenir le premier tour des élections municipales était justifiée ?

Avec le recul, il apparait évident que les élections auraient dû être décalées au mois de juin.

Avez-vous l’impression d’avoir les moyens d’agir ?

S’agissant des actions de proximité et de la nécessaire solidarité entre nos concitoyens, oui, un élu local, qu’il soit Maire, adjoint au Maire ou Conseiller municipal, peut agir concrètement et favoriser les choses dans sa commune.  

Comment s’organise votre action ?

Notre action est double.

D’une part, nous assurons la continuité des services publics essentiels au quotidien, soit directement soit en collaboration avec les services de l’État.  Par exemple, nous accueillons l’accueil de tous les enfants des salariés de l’hôpital, tous les jours de la semaine, weekend compris, et nous avons lancé une collecte de matériel pour les soignants auprès des entreprises et des habitants du secteur.

D’autre part, nous développons de nouvelles formes de solidarité pour protéger les plus fragiles et leur apporter de l’aide au quotidien. Nous avons par exemple à Fontainebleau, à l’initiative du Maire, mis en place une livraison de médicaments et de courses à domicile pour les personnes âgées par des fonctionnaires municipaux volontaires. Nous recensons également les commerces qui effectuent des livraisons pour que les habitants puissent pour les soutenir durant cette épreuve tout en restant chez eux. Nous avons aussi créé un groupe Facebook d’entraide qui rassemble déjà plus de 700 personnes et qui permet de mettre en relation des personnes prêtes à aider leurs voisins.

A ces actions s’ajoutent une communication très transparente de la Municipalité sur les réseaux sociaux ou par voie d’affichage au sujet de la situation dans notre commune, l’évolution de la situation dans notre hôpital du sud Seine-et-Marne, et évidemment sur les dispositions légales mises en place pour faire respecter le confinement.

De plus en plus de Français doutent de la capacité du gouvernement à agir contre le Coronavirus, est-ce aussi le cas avec leurs élus locaux ?

Tous les sondages indiquent depuis plusieurs années que les élus locaux, et en premier lieu les Maires, sont les élus en qui les Français ont le plus confiance. Cela s’explique par plusieurs raisons dont la proximité incessante que nous entretenons avec les habitants de nos communes.

Contrairement à ce que certains prétendent, nous n’attendons pas les élections municipales pour répondre aux sollicitations de nos administrés et ils le savent bien.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Ce genre d’épidémie relève, par définition, de compétences qui dépassent le cadre d’une commune. Aussi, nous dépendons évidemment des politiques nationales et de la volonté des autres acteurs institutionnels pour réaliser certaines actions.

Quelle est votre état d’esprit ?

Malgré le lourd bilan de cette épidémie, notamment auprès des plus fragiles, je reste confiant car je crois profondément au talent de notre personnel soignant et à la solidarité des Français pour sortir de cette crise sanitaire.

Est-ce que cette épidémie va changer votre manière de faire de la politique ? En quoi ?

Évidemment. Nous porterons tous un nouveau regard sur les formes de solidarités collectives dont nous redécouvrons aujourd’hui toute l’importance. Cette crise révèle aussi à quel point nous sommes devenus dépendants d’autres puissances étrangères pour des services pourtant essentiels. Une vraie réflexion sera nécessaire demain pour relocaliser certaines productions et assurer l’indépendance stratégique de la France et de l’Europe face à de futures crises du même type.

Un amour de jeunesse, du rire, du rire et encore du rire

Résumé

À vingt ans, Antoine sans un sou en poche, s’est marié avec Maryse… Mais elle l’a quitté du jour au lendemain pour des missions humanitaires en Afrique. Trente ans plus tard, Antoine a fait fortune dans l’internet et vit avec Diane, une romancière d’origine aristocratique. Seul souci, il a complètement oublié Maryse, qui revient d’Afrique pour divorcer… Et qui pourrait à cette occasion lui réclamer la moitié de son patrimoine. Antoine se lance alors dans un mensonge insensé : faire croire à Maryse qu’il est encore plus pauvre qu’elle… Et le pire c’est que ça pourrait marcher.

Critique

Actuellement se joue au Théâtre de la Renaissance, la pièce Un Amour de jeunesse d’Yvan Calbérac. Cette comédie raconte l’histoire d’un nouveau riche qui doit redevenir pauvre pour rester riche. Le pitch est génial. Quand l’argent s’invite dans les histoires d’amour, le ménage a trois volent vite en éclat.Cette comédie est un modèle du genre, dans la lignée de celles de Francis Veber. J’ai cru repérer un hommage à La Cage aux Folles dans la pièce. L’intrigue plantée, les personnages n’ont pas d’autres choix que de s’en sortir par le mensonge et la dissimulation. Seulement voilà, pour se sortir d’un mensonge, il en faut au moins 10. Voir plus.

L’auteur ne tombe pas dans les pièges de la facilité de scénario. Il a l’intelligence de créer des situations qui font rire et réfléchir. Sommes-nous fidèles à nos rêves et à nos convictions ? Est-ce que tout s’achète ?

Stéphane de Groodt, chaplinesque

Les personnages sont portés par des comédiens au diapason. Chaque rôle est double. Stéphane de Groodt montre toute l’étendu de son immense talent. Remarqué pour son habileté à jouer avec les mots, il devient clownesque à la Charlie Chaplin en y mettant du corps à l’ouvrage. Isabelle Gélinas, qui joue sa compagne dans la pièce est absolument géniale. Je l’ai découvert dans la pièce, Le Père avec le très regretté Robert Hirsch dans un autre registre, mais dans cette pièce son jeu est marqué par la drôlerie et l’intelligence. Ce duo fonctionne admirablement.

Et puis il y a les trois autres protagonistes qui gravitent. Olivia Côte, qui campe le rôle de l’amour de jeunesse, est solaire. L’actrice vue dans Scènes de ménage, joue un personnage altermondialiste, forcément vegan et adepte du poly amour (c’est comme l’infidélité mais sans la culpabilité). Sebastien Pierre en avocat caméléon qui essaye de trouver une issue à son client est épatant. La femme de ménage qui tire les ficelles, interprétée par Nelly Clara est d’une grande justesse. C’est une révélation.

Si cette pièce est réussie c’est sûrement parce que du texte où les répliques fusent, à la mise en scène en passant par le jeux des comédiens, tout y est chirurgical et précis. L’invraisemblable devient crédible. L’amour de jeunesse qui revient en boomerang peut faire craindre le pire.

A voir absolument.

Un amour de Jeunesse du mardi au samedi à 21h. Matinées samedi à 16h30.

Au Théâtre de la Renaissance, 20 Boulevard Saint-Martin, Paris 10.

J’ai lu « Le Consentement » de Vanessa Springora

J’ai lu d’une traite le livre #Consentement de Vanessa Springora. Un livre superbement écrit qu’il faut lire. J’ai hésité à le lire, par peur de tomber sur des détails sordides. Mais ce livre heureusement, n’est pas que ça.

Ce livre fait réfléchir sur les fruits nauséabonds de la libération sexuelle qui ont pu entraîner sans coup férir certains dans un relativisme sournois. Mettant sur le même plan l’oppression à l’encontre des homosexuels que celle envers des pedocriminels. Qui soutenait le libertinage et moquait l’Amour fidèle.

Une époque où l’ordre moral était le grand méchant loup et pour qui un pedophile avec une certaine aura et un incontestable talent -sur la forme – était requalifié en amoureux transi …

Une époque où un certain milieu était consentant avec la pedophilie de l’un de ces membres. Lâchée dans ce milieu, une adolescente de 13 ans est la proie d’un prédateur.

Alors oui avant d’être victime du consentement d’un certain milieu, elle a été la victime d’un homme dont elle croyait avec la naïveté de sa jeunesse qu’il pourrait lui apporter l’amour dont elle a été privée…

Selon divers besoins, il est une science.
D’étendre les liens de notre conscience.
Et de rectifier le mal de l’action
Avec la pureté de notre intention.
De ces secrets, madame, on saura vous instruire ;
Vous n’avez seulement qu’à vous laisser conduire.
Vous n’avez seulement qu’à vous laisser conduire.
Contentez mon désir, et n’ayez point d’effroi ;
Je vous réponds de tout, et prends le mal sur moi.
Tartuffe

Alors oui il faut dénoncer les dérives de cette époque bien trop consentante. Vanessa Springora le fait avec intelligence et brio. Comme ici :

C’est que, dans les années soixante-dix, au nom de la libération des mœurs et de la révolution sexuelle, on se doit de défendre la libre jouissance de tous les corps. Empêcher la sexualité juvénile relève donc de l’oppression sociale et cloi- sonner la sexualité entre indivi- dus de même classe d’âge constituerait une forme de ségrégation. l’emprisonnement des désirs, contre toutes les répressions, tels sont les mots d’ordre de Lutter contre cette période, sans que per- sonne y voie à redire, sinon les culs-bénits et quelques tribunaux réactionnaires.

Il faut aussi avoir un regard ajusté sur notre époque qui en avril 2019, n’était pas tendre avec Benoit 16 qui disait rigoureusement la même chose. Mais c’était Benoit XVI … et de fait l’Eglise a aussi dû faire son examen de conscience et prendre des mesures. Et il était temps …

«Ce qui me fait peur ce n’est pas la méchanceté des méchants mais le silence des justes.»

Évidemment, il ne faut pas attribuer à l’époque de la libération sexuelle la paternité de tous les maux. Je ne le ferais pas car je n’ai pas connu cette période. Il y a eu le pire et le meilleur en même temps. Je constate simplement que cette époque a des répercussions sur la nôtre.

Il est à espérer que sans tomber dans la chasse à l’homme ou à la femme, nous sachions pointez du doigt ce qui dans notre époque flétrit les plus vulnérables, ceux qui n’ont pas voix aux chapitre …

Rencontre avec le CM de Louis de Funès

« Mon plus grand désir d’acteur ? C’est de faire des films destinés à faire rire les enfants et les parents à la fois dans ce monde trop triste !»

Ce désir, Louis de Funès né à Courbevoie, trois jours après le déclenchement de la Grande Guerre, l’a plus qu’assouvi.
Toutes les générations, ont ri de son personnage cruel avec les faibles et lâche avec les forts. Disparu en 1983, cet acteur si populaire continue d’exister par les rediffusions de ses plus grands succès à la télévision et aussi sur les réseaux sociaux. Depuis mars 2016, une page Facebook très virale, baptisée Just Louis de Funès propose des montages drolatiques à son million de fans. Son secret : le newsjacking, une manière de rebondir sur l’actualité par des montages incluant des extraits cultes de films avec Louis de Funès et l’actualité. De l’épopée des bleus en 2018 à la composition du gouvernement, ça marche et c’est très viral. Sébastien, l’administrateur de cette page, biologiste moléculaire de formation et admirateur de Louis de Funès s’il en est, a accepté de répondre à mes questions.

Comment est née l’idée et la réalisation de cette page ?
Je passais beaucoup temps sur les réseaux sociaux et j’appréciais énormément ce qui était fait autour de personnages tels que Charlie Chaplin, Albert Einstein et d’autres. Toutes ses personnalités ont pour point commun d’être devenues des archétypes universels. Et Louis de Funès est de cette trempe-là. Mais tout ce que l’on pouvait trouver sur Louis tournait, à mon goût, beaucoup trop autour de l’hommage constant. Ceci est justifié quand il s’agit de Fernandel ou Francis Blanche qui parlent moins aux jeunes générations mais Louis de Funès présente une modernité qui avait besoin d’être dépoussiérée. Comme personne ne le faisait, alors je me suis dit que j’allais le faire moi-même. Et c’est de cette manière que j’ai créé la page en mars 2016.

Combien de temps cela vous prend ? Vous êtes combien ?
Beaucoup de temps car je suis seul à administrer la page. Et par ailleurs, je suis également actif sur Twitter, Instagram et YouTube. C’est une passion donc en fin de compte j’y pense tout le temps.

Votre De Funès préféré ?
Je ne vais pas être très original mais je vais dire La Grande Vadrouille, déjà parce que c’est un chef d’œuvre. Mais aussi car je suis originaire de Beaune, l’un des lieux de tournage du film.

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Quel est votre but avec cette page ?
De continuer à faire vivre Louis de Funès et le faire découvrir à la génération Z. Le comique foudroyant de Louis de Funès matche parfaitement avec notre époque où tout va incroyablement vite.

Comment avez-vous réagi quand vous avez passé le million de fans ?
Le million de fans représente avant tout une quête de légitimité. Autrement dit, cela me renvoie le message que ma manière d’appréhender Louis de Funès est validée par les admirateurs de l’acteur. Donc, en ce sens, c’était extrêmement satisfaisant d’atteindre ce nombre.

Comment vous est venu, l’idée de la vidéo de la coupe du monde ?
C’est le paroxysme de ce que j’ai évoqué précédemment. Ici, l’élément d’actualité est massif : la France qui remporte la coupe du monde de foot 20 ans après son premier titre. Plus concrètement, dès la victoire en quart de finale contre l’Uruguay, j’ai su qu’il fallait que je prépare un montage en cas de victoire finale.

Des projets à venir ?
Concernant Louis de Funès, l’année qui arrive est importante avec l’ouverture du Musée Louis de Funès à Saint-Raphaël le 1 août et les 4 mois consacrés à Louis par la Cinémathèque française à compter du 1er avril 2020. Avec toute cette émulation autour de Louis de Funès, les montages seront plus que jamais au rendez-vous…

Son site internet : justlouisdefunes.fr
Pour en savoir plus sur Louis de Funès, je vous conseille le livre Ne parlez pas trop de moi, les enfants ! (Cherche Midi) par ses enfants Olivier de FUNÈS, Patrick de FUNÈS

Théâtre – Une femme sans préjugés

Je suis allé au théâtre du Nord-Ouest voir la pièce Une femme sans préjugés librement inspirée de la nouvelle de Tchekhov ! Je ne vais pas mettre de gants blancs pour vous dire ce que j’en ai pensé.

Cette pièce est donc une adaptation magistrale par Monique Lancel qui signe également la mise en scène. L’histoire se passe dans le Moscou de la fin du 19e. Maxime Salutov, beau jeune homme fait fondre la belle Hélène Gavrilovna quand il patine. Leur avenir semble heureux, mais un non-dit qui appartient au passé du jeune homme semble pouvoir nuire gravement à cette idylle qui s’apprête. Quelle est donc cette chose si grave ? Pourquoi n’arrive-t-il pas a se dévoiler ? Y parviendra-t-il ? Voyage dans une âme amoureuse et tourmentée.

La force du spectacle repose sur l’harmonie entre la mise en scène, la direction d’acteur et le jeu des comédiens. On oublie rapidement la simplicité du décor pour se plonger dans la pièce. Le travail de la lumière apporte une véritable ambiance à la pièce.

Les comédiens sont tous au diapason de la pièce. Dans cette pièce où le non dit est tout à la fois, le personnage principal et l’intrigue, il est mise en lumière par les nuances de leur interprétation. En clair, ça fonctionne. Rémi Picard incarne un Maxime Salutov fantasque et sombre. Il donne des couleurs à la noirceur du personnage. Il passe de l’un à l’autre avec précision ce qui est très compliqué. Il y est aidé par sa partenaire Roxanne Flochlay qui campe admirablement son pendant. Crucial pour la justesse de la pièce. L‘opposition et l‘attirance mutuelle des deux personnages donnent du relief et de la justesse à la pièce.

Dominique Vasserot et Hélène Robin forment un duo attachant et enjoué sans jamais être surjoué. Bernard Lefebvre a un jeu désarmant d’intelligence et de subtilités.

Cette pièce pose la question de la vérité en amour, du rapport à la liberté dans l’engagement. Une pièce légère et lourde. Claire et obscure tél un nocturne de Chopin où la mélancolie et le romantisme se conjuguent. Foncez-y !

Une femme sans préjugés au Théâtre du Nord-Ouest. 01h20

Avec Roxanne Flochlay, Bernard Lefebvre, Rémi Picard, Hélène Robin, Dominique Vasserot 
Adaptation et mise en scène :  Monique Lancel

13 rue du Faubourg Montmartre 75009 Paris
Capacite: 90 places
Proche: Grands Boulevards

« Sortir », un livre à plusieurs entrées !

Nous sommes en 2019 après Jésus-Christ, les catholiques sont envahis par une crainte légitime de disparition. La crise gravissime et systémique que traverse l’Église, et les révélations en cascades de cas d’abus commis par des clercs ont sérieusement entamé leur moral. Face à ce constat, pour le moins accablant, beaucoup de catholiques estiment que c’est foutu. Tous ? Non !

La journaliste, écrivain Natalia Trouiller publie le livre Sortir, manifeste à l’usage des derniers premiers chrétiens (Éd. Première Partie) qui rappelle que chaque génération chrétienne a dû affronter les mêmes problèmes et les a surmontés.

Le livre s’ouvre sur un diagnostic clinique. Le gnosticisme – hérésie qui prétend que la connaissance sauve aux dépens de la grâce – a fait de l’entrisme chez de nombreux catholiques. L’intelligence et l’âme sont glorifiées. Le corps haï. Exit, la juste cohabitation entre les trois dimensions de la personne humaine. Le dernier n’étant qu’un corset qui étouffe les deux derniers. Natalia Trouiller propose de remettre le corps au cœur de l’Église. Ce livre n’est donc pas qu’un constat mais un abécédaire à plusieurs entrées.

On est loin d’un livre blanc destiné à 5 agrégés de théologie morale pour que l’Église redevienne l’Église. On est loin d’une lettre ouverte aux évêques pour faire le ménage. Il s’agit d’un plaidoyer pour que l’Église se ré-incarne. Comment ? En faisant des paroisses, le nerf de la guerre. Pas la paroisse cool et branchée avec un père ultra charismatique, mais la paroisse locale. Les propositions sont concrètes et diverses. De la plus prioritaire : ouvrir des funérariums dans les paroisses, à la plus originale : une ONG chrétienne chargée de nettoyer des historiques de chacun qui le demande pour ne plus être brocardé par les sacro-saints social justice warrior pour une bêtise qui appartient au passé.
Pourquoi les paroisses ? « C’est le dernier endroit où l’on peut être frère avec des connards », assure Natalia Trouiller. C’est aussi et surtout le lieu du lien, où l’on peut assurer l’évangile à son prochain.

Le livre est bourré d’humour, de références. Le ton est cash mais ce qu’on peut espérer est que chacun pourra piocher dans les actions proposées, celle qui lui correspond le mieux pour donner du corps à ce livre. Ne pas le faire serait profondément … gnostique.

Louis-Marie Picard

Natalia Trouiller « Sortir ! Manifeste à l’usage des premiers chrétiens »  (Première Partir) 17€.