Critique de « Créanciers » de August Strindberg

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Dans le salon d’un hôtel d’une station balnéaire, deux étrangers discutent à bâtons rompus depuis plusieurs jours. Le plus jeune est un peintre qui s’est disputé avec sa femme et attend, inquiet, son retour; tandis que l’autre, un homme de lettres et d’expérience, est simplement de passage. Au fil du temps et de la conversation, le peintre se livre de plus en plus à son nouvel ami, jusqu’à évoquer ses problèmes les plus intimes…

Si en ce moment vous voulez prendre un peu de hauteur de vue, rendez-vous au théâtre Michel Galabru pour voir Créanciers de August Strindberg par la troupe Lève toi et joue.

Dans cette pièce, tous les sentiments humains croisent le fer. La manipulation se conjugent avec le cynisme et le doute demande des comptes avec l’amour. La liberté est la condition d’un amour vrai et d’un amour sain. Le danger est de mettre l’autre sur un piedestal par lâcheté et ne plus être soi-même. Ce texte écrit en 1888 est universelle et touche tout le monde quel que soit notre situation. Pour parler de ce sujet si intime, il fallait un texte poignant et accessible. C’est le cas.
Pour le servir, il fallait une mise en scène qui serve le texte. Tommy O’Bin parvient à rendre cette situation de vie … vivante. La mise en scène est d’une grande intelligence car elle n’étouffe pas les dialogues. Même si on peut regretter qu’il manque certaines respirations qui permettrait de pouvoir tout intégrer, le rythme est juste. La volonté de mettre en scène dans des décors modernes est très justifiée. La suavité de la musique de Cyril Grapin nous porte dans une athmosphère dramatique et légère… à l’image de cette pièce. On est loin des mise en scène à la Olivier Py, narcissique et méprisant le spectateur. Le théâtre est avant tout de la représentation.

Emmanuel Strauss a un charisme fou, la voix rauque et posée et le regard pénétrant. Il envoute la salle dès sa première replique. Il ne joue pas un manipulateur, il est la manipulation.
Stefan Panaïtesco arrive à mettre des nuances dans son jeu de sculpteur sculpté. C’est pas facile d’être le manipulé, la victime et si au tout début on peut se dire qu’il n’a pas l’age du rôle, cette reflexion ne dure pas longtemps et c’est tout à son mérite. Enfin Noémie Stevens apporte une véritable fraicheur à la pièce et en même temps de la dureté.

Vous l’aurez compris, foncez voir cette pièce où le sujet est universelle et tellement personnelle car en allant voir « Créanciers » vous en aurez pour votre argent …

Créanciers de August Strindberg
Mise en Scène : Tommy O’Bin
Emmanuel Strauss, Stefan Panaïtesco, Noémie Stevens
Musique : Cyril Grapin
1,8,15,22 et 29 octobre 21h30
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