Critique de la pièce « Le Père »

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André n’est plus tout jeune. C’est ce qui pousse Anne, sa fille, à lui proposer de s’installer dans le grand appartement qu’elle occupe avec son mari.
Elle croit ainsi pouvoir aider ce père qu’elle a tant aimé et qui la fait toujours rire.
Mais les choses ne se passent tout à fait comme prévu : celui qui pose ses valises chez elle se révèle être un personnage étonnant, haut en couleur, et pas du tout décidé à renoncer à son indépendance… Elle voudrait bien faire, mais découvre qu’elle n’est pas au bout de ses peines… On n’accepte pas si facilement de devenir, un jour, l’enfant de nos enfants.

En arrivant au théâtre Hébertot, quelque chose me disait que j’allais passer une soirée mémorable.
Tout d’abord pour moi aller au théâtre est toujours une joie. J’étais très loin de m’imaginer que ce spectacle allait être aussi marquant. Oui on en ressort différemment de ce spectacle.
Le sujet traité est à la fois délicat mais aussi commun. Le nom de la maladie n’est pas mentionné mais finalement c’est pas nécessaire. Le coup de force de Florian Zeller est de faire des spectateurs, des acteurs de la pièce.

Nous sommes dans la tête d’André qui perd un peu la tête.
Nous nous attachons à Anne, la fille courage qui elle aussi ne sais plus où donner de la tête. Elle qui doit, de part la maladie de son père doit choisir entre l’amour filiale et l’amour conjugale.
Ce qui est remarquable dans cette pièce c’est que nous vivons au rythme d’un vieillard manipulateur pour qui les vivants, les morts, les lieux,  se confondent. Ce vieillard qui s’invente une vie pour ne pas vraiment vivre la sienne.
On pourrait en dire bien des choses sur cette pièce mais le mieux est de la vivre.

Robert Hirsch est un acteur absolument hors du commun. C’est pour moi le plus grand comédien français. Le voir sur scène est un immense privilège. Il donne toutes ses lettres de noblesse au théâtre. Il vit pour le théâtre. Et pourtant sur scène il disparaît tel un magicien et se métamorphose dans son personnage.
Merci Robert Hirsch d’être ce que vous êtes, un trésor national vivant. Les mots me manquent. Seuls les applaudissements restent … 15 rappels le soir où j’ai vu la pièce.

Isabelle Gélinas est plus vrai que nature. Elle ne joue pas un second rôle. Je trouve l’expression un peu péjorative. Bien au contraire, Gélinas est au service de cette pièce comme son personnage est au service de son père.
C’est aussi grâce à elle que la relation père-fille prend vie.

Les autres acteurs sont au diapason. Rien n’est surjoué, singé, caricaturale. Tout est vécu.

Alors cette comédie de notre temps va marquer toutes les générations.

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