Un amour de jeunesse, du rire, du rire et encore du rire

Résumé

À vingt ans, Antoine sans un sou en poche, s’est marié avec Maryse… Mais elle l’a quitté du jour au lendemain pour des missions humanitaires en Afrique. Trente ans plus tard, Antoine a fait fortune dans l’internet et vit avec Diane, une romancière d’origine aristocratique. Seul souci, il a complètement oublié Maryse, qui revient d’Afrique pour divorcer… Et qui pourrait à cette occasion lui réclamer la moitié de son patrimoine. Antoine se lance alors dans un mensonge insensé : faire croire à Maryse qu’il est encore plus pauvre qu’elle… Et le pire c’est que ça pourrait marcher.

Critique

Actuellement se joue au Théâtre de la Renaissance, la pièce Un Amour de jeunesse d’Yvan Calbérac. Cette comédie raconte l’histoire d’un nouveau riche qui doit redevenir pauvre pour rester riche. Le pitch est génial. Quand l’argent s’invite dans les histoires d’amour, le ménage a trois volent vite en éclat.Cette comédie est un modèle du genre, dans la lignée de celles de Francis Veber. J’ai cru repérer un hommage à La Cage aux Folles dans la pièce. L’intrigue plantée, les personnages n’ont pas d’autres choix que de s’en sortir par le mensonge et la dissimulation. Seulement voilà, pour se sortir d’un mensonge, il en faut au moins 10. Voir plus.

L’auteur ne tombe pas dans les pièges de la facilité de scénario. Il a l’intelligence de créer des situations qui font rire et réfléchir. Sommes-nous fidèles à nos rêves et à nos convictions ? Est-ce que tout s’achète ?

Stéphane de Groodt, chaplinesque

Les personnages sont portés par des comédiens au diapason. Chaque rôle est double. Stéphane de Groodt montre toute l’étendu de son immense talent. Remarqué pour son habileté à jouer avec les mots, il devient clownesque à la Charlie Chaplin en y mettant du corps à l’ouvrage. Isabelle Gélinas, qui joue sa compagne dans la pièce est absolument géniale. Je l’ai découvert dans la pièce, Le Père avec le très regretté Robert Hirsch dans un autre registre, mais dans cette pièce son jeu est marqué par la drôlerie et l’intelligence. Ce duo fonctionne admirablement.

Et puis il y a les trois autres protagonistes qui gravitent. Olivia Côte, qui campe le rôle de l’amour de jeunesse, est solaire. L’actrice vue dans Scènes de ménage, joue un personnage altermondialiste, forcément vegan et adepte du poly amour (c’est comme l’infidélité mais sans la culpabilité). Sebastien Pierre en avocat caméléon qui essaye de trouver une issue à son client est épatant. La femme de ménage qui tire les ficelles, interprétée par Nelly Clara est d’une grande justesse. C’est une révélation.

Si cette pièce est réussie c’est sûrement parce que du texte où les répliques fusent, à la mise en scène en passant par le jeux des comédiens, tout y est chirurgical et précis. L’invraisemblable devient crédible. L’amour de jeunesse qui revient en boomerang peut faire craindre le pire.

A voir absolument.

Un amour de Jeunesse du mardi au samedi à 21h. Matinées samedi à 16h30.

Au Théâtre de la Renaissance, 20 Boulevard Saint-Martin, Paris 10.

Le théâtre … ma maison.

Franchement de vous a moi.

Si on vous propose comme maison un lieu sombre, avec un grand rideau et tout les soirs des voisins un peu voyeurs qui viennent observer ce qui se passe dans le but de rire ou de pleurer de vos aventures.
Si dans ce même logement, en guise de lumière, vous avez des projecteurs qui s’éteignent et se rallument entre chaque péripétie de votre vie. Sans compter qu’à la fin de la soirée vous entendez  les spectateurs frapper des mains pour que vous vous prosterniez devant eux… Je pense que vous vous diriez que c’est un lieu de fou.

Et pourtant … C’est ma maison.

Cette maison on y prend plaisir à y vivre même si ce n’est pas vraiment notre vie. Le bail n’est jamais très long et l’espace ne comprend qu’une seule pièce.

Et pourtant… C’est ma maison.

Dans cette maison, sans intimité vous ne vous déplacez pas comme bon vous semble. En effet chaque pas a été pensé par quelqu’un qui vous dirige. Le sujet de vos discussions, il faut que ça se sache; et lorsque vous murmurer c’est pour être entendu.

Et pourtant… C’est ma maison.

Le seul avantage me diriez-vous c’est d’être payé pour y vivre. Sauf que nous vivons pas, nous jouons.
Alors si la vie est un jeu, jouons-le au théâtre.
Si nous devons tuer détester, détestons au théâtre.
Si nous devons tuer, tuons au théâtre.
Si nous devons pleurer, pleurons au théâtre.
S’il faut se perdre dans un personnage pour que d’autres se retrouvent en lui, le jeu en vaut la chandelle.

En revanche pour aimer, se comprendre, se parler, se pardonner où se respecter; appliquons-le dans le théâtre de notre vie.

Rideau