#MamoudouGassama, un super-héros qui tire vers le haut !

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Depuis samedi la France a un nouveau spiderman.

C’est une histoire extraordinaire que le regretté Pierre Bellemare aurait aimé raconter. C’est l’histoire de Mamoudou Gassama, un jeune malien de 22 ans qui a quitté son pays. Pour rejoindre la France il est passé par le Niger, le Burkina Faso et la Libye et arriver dans un centre d’hébergement en septembre dernier. Samedi soir, il n’a qu’un but : regarder la finale de la Champions League et le troisième sacre consécutif des Merengue de Zizou.
Son plan initial va être complètement bouleversé. En levant les yeux, il aperçoit un enfant de 4 ans suspendu dans le vide depuis un balcon du 4ème étage d’un immeuble de la rue Max Dormoy, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Le père du bambin était retenu par une partie de Pokémon Go. Comme la nature de Mamoudou a horreur du vide, en 45 secondes il parvient à escalader les 4 étages via la façade du bâtiment pour sauver l’enfant.
Il aurait pu être un héros anonyme mais un élément va propulser Mamoudou Gassama sur une autre planète quitte à lui donner le vertige.

Son exploit a été filmé et a généré des millions de vues. Il a obtenu sa régularisation immédiatement.

https://twitter.com/EmmanuelMacron/status/1001028433437184000

Emmanuel Macron a tout de suite voulu rencontrer ce spiderman. Sans doute il y voit son alter-ego. Comme lui il était inconnu il y a peu et a dû grimper les échelons a vitesse grand V.  Comme lui il estime être un homme à régner (ariagnée).

Mamoudou Gassama est devenu un héros et un français grâce aux smartphones des badauds qui ont eu la présence d’esprit d’immortaliser le sauvetage d’une vie.

Le pendant de son exploit

Plutôt qu’un conte de Noël en plein mois de mai, certains ont préféré y voir la marque d’un complot. La machination de la théorie  du complot est en marche. Petit florilège vu sur les réseaux sociaux : Pourquoi était-il filmé ? Et si l’enfant était un mannequin ? En sauvant la vie de l’enfant il avait forcément une idée derrière la tête. Il voulait sûrement voler des DVD. Et si ce sauvetage n’était pas qu’un énorme complot orchestré depuis l’Elysée ?

La théorie du complot, toujours créative …

C’est frappant de voir combien la théorie du complot est créative. Certain ont fait l’effort d’imaginer que Gassama serait monté sauver le bébé en se disant qu’il serait filmé, que ça deviendrait viral et le conduirait à rencontrer Emmanuel Macron pour obtenir sa nationalité un emploi et un logement …
Gassama, notre nouveau compatriote va devoir composer avec l’esprit français si enclin à s’enthousiasmer devant le don de soi et à s’agacer devant les destins hors du commun, out of the box.
Comme le colonel Arnaud Beltrame, mais dans une moindre mesure, la France a besoin de héros, venant de Paris ou de Bamako qui les tirent vers le haut, et qui rappellent par leur foi et leurs abdos que toute vie doit être défendue.

Rabiot … et des bas

Adrien Rabiot a donc décidé de renoncer à son statut de réserviste pour la coupe du monde en Russie qui commence dans moins d’un mois. C’est le bad buzz de la semaine.

Le milieu de terrain du PSG a seulement 23 ans fait son entrée remarquée dans la catégorie des joueurs géniaux aussi bien sur le terrain pour s’enflammer qu’hors du terrain pour se griller.

En refusant son statut de réserviste, lui qui pouvait à juste titre espérer une place dans les 23 de Didier Deschamps, il a porté un coup à sa carrière mais aussi à l’indispensable sérénité dont a besoin l’équipe de France pour espérer faire une grande Coupe du monde en Russie. Cette décision insensée n’est malheureusement pas une surprise.

Un événement survenu en Bulgarie ne laissait pas présager un avenir radieux en équipe de France.

Ça s’est passé le 7 octobre dernier, la France dispute en Bulgarie un match décisif en vue des qualifications au Mondial 2018. N’Golo Kanté, se blesse. Rabiot le remplace à une position qu’il n’apprécie guerre et ça se voit. En conférence de presse il justifie son dilettantisme avec cette déclaration lunaire :

« C’était assez dur parce qu’il faisait froid, je n’étais pas chaud. J’avais aussi la peur de me blesser quand on rentre dans des conditions comme ça ».

Imagine-t’on Peter Sagan dire : « J’ai pas pu faire Paris-Roubaix, il y avait trop de pavés » ? Mohamed Ali dire qu’il veut bien boxer mais pas prendre d’uppercuts ? Federer consentir à jouer contre Nadal que si le majorquin ne joue pas lifté sur son revers ? François Gabart faire la route du Rhum uniquement si la météo est clémente ? Non. Si dans le sport l’essentiel est de participer, il est vital dans le haut niveau. Cette leçon Rabiot et consorts devront la méditer.

Quand le coq est trop couvé

Les sportifs sont couvés. Ils ont des personnes qui s’occupent de leur contrats publicitaires, de leurs réseaux sociaux etc… Résultat : ils sont devenus des champions de la langue de bois.

Il faut comprendre aussi que malheureusement le sport est toute leur vie. Rabiot est un contre exemple qui dit ce qu’il pense même s’il ne mesure pas forcément les conséquences de ces choix. A force d’être couvés l’individualisme prend le pas sur l’esprit d’équipe.

Didier Deschamps a eu raison de dire que dans le haut niveau il n’y a pas d’état d’âme.

Le haut niveau en football consiste à accepter que personne n’est irremplaçable mais tout faire pour l’être qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente.

Fauvergue : Latin tamarre

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Jean-Michel Fauvergue, a été au centre d’un bad buzz après une déclaration hasardeuse sur BFM TV.

Chaque attentat amène son lot des solutions imparables pour lutter contre l’islamisme radical. Dimanche soir sur BFM TV, Virginie Calmels, vice-présidente LR débattait avec Jean-Michel Fauvergue député LREM de Seine et Marne et ancien patron du RAID. Arrive un moment complètement lunaire.

 

Il se pourrait que Jean-Michel Fauvergue fasse allusion à une citation va-t-en guerre d’un certain JC : « Si vis pacem, para bellum ». En revanche, elle est de Jules César et non de Jésus Christ.
Rappel historique : Il n’y a pas de prêches en Latin en France. Le concile de Tours a tranché en 813. Les évêques ont du traduire leurs sermons en « langue rustique romane », ou en allemand et aujourd’hui les prêches se prononcent en langue vernaculaire. Ce qui n’empêche pas la liturgie, elle, d’être encore en latin dans certains lieux.
Quod erat demonstrandum.

Errare humanum est

Cette bourde anachronique consternante, a généré un flot de réactions Urbi et Orbi contre Jean Michel Fauvergue. Des réactions en meute.

Certaines biens senties, et même très drôles.

https://twitter.com/j_anciberro/status/995745165880053761

D’autres ont décliné leurs vade retro surtout à l’accusatif, oubliant deux choses : Errare humanum est.

Plus encore que le 13 novembre 2015 au Bataclan, le 9 janvier 2015 à l’hypercacher ou encore le 26 juillet 2016 à Saint Étienne du Rouvray il était en première ligne sans Deus ex machina mais arme de son professionnalisme et de son courage.
Sans remettre en cause l’absurdité de sa phrase, les attaques ad hominem l’étaient tout autant.

Delenda Fauvergue ?

Les catholiques ne veulent pas se faire amalgamer avec des fanatiques c’est naturel, mais il faut avoir à l’esprit que chez certains non-croyants il y a plus d’ignorance que de malveillance. Cette séquence a permis au grand public d’en savoir plus sur le fameux concile de Tours. Ça vaut bien un petit merci.
Réagir peut faire plus de mal qu’agir. Cela peut braquer des personnes qui pourraient montrer de l’intérêt pour la question de Dieu, ce qui n’est pas très ad hoc.
Les anathèmes en français peuvent faire plus de dégâts que des prêches en latin.

Pas ce soir, j’ai la migraine …

Il y a un an se tenait le débat entre Marine Le Pen face à Emmanuel Macron. Aujourd’hui nous en savons plus sur ce débat surréaliste qui a tant coûté à Marine Le Pen et sur cette campagne où rien ne s’est passé comme prévu.

 Il y a deux ans, Emmanuel Macron créait En Marche! Il y a un an il devenait Président de la République après le naufrage en direct de Marine Le Pen devant 16 millions de français.. J’avais eu l’occasion d’en faire une chronique le lendemain à ce micro. Depuis de nombreux documentaires ont permis de revenir en long en large et en travers sur les aléas de cette campagne. Le Dynamiteur, Le casse du siècle, Marine Le Pen est elle (vraiment) finie, C’était écrit et j’en passe … beaucoup de documentaires pour raconter des anecdotes qui ont fait le sel de cette campagne.

Les chats noirs

L’anecdote est racontée dans le documentaire de Bruce Toussaint C’était écrit consacré à François Fillon. On raconte qu’alors que le Canard Enchaîné s’apprête à sortir sa bombe l’affaire Pénélope, le candidat de droite est en train de tirer les rois. Saviez-vous quel était le motif de la fève ? Je vous le donne en mille : des chats noirs. Pas de bon augure pour François Fillon. L’illustration que sa campagne allait être un calvaire.

Le piège de Macron

Le matin du débat, les conseillers de Marine Le Pen découvre la candidate frontiste dans un état inquiétant. Elle a une migraine ophtalmique qui l’empêche de tenir le coup. Son équipe de campagne pense même un instant demander à reporter le débat. Trop tard.C’est dans ces conditions qu’elle arrive dans le studio de la Plaine Saint Dénis pour partir au casse-pipe dans le piège créé par Emmanuel Macron.
Quelques jours avant le débat, celui qui était alors candidat En Marche ! réussissait un coup de maître en créant une intox parfaite disant qu’il partirait au bout de 30 minutes si il servait de punching-ball à Marine Le Pen.

Ne brillant pas par sa maîtrise des dossiers, souffrante, elle a choisi de taper d’entrée de jeu sur Macron sans voir le piège qui l’attendait …

Est-ce que l’issue aurait été différente ? Impossible à dire.
L’attester serait de la poudre de perlimpinpin …

Le Média m’a tuer

La polémique de la semaine se passe dans l’université de Tolbiac. Vendredi nous apprenions qu’un jeune étudiant serait mort suite à l’évacuation de la fac par la police. Pourtant … il n’y avait pas mort d’homme.

C’est l’histoire d’un polar sans cadavre, d’une scène de crime sans crime, d’un meurtre sans victime. C’est l’histoire de la fiction qui dépasse la réalité. Vendredi dernier, après l’évacuation de la commune libre de Tolbiac (comme l’appelle les zygotos qui l’occupe) un tweet, puis un article dans le webzine écologiste Reporterre, sur la base de trois témoins, rapportait qu’un étudiant aurait chuté en tentant de s’enfuir. Il serait tombé du haut du toit. Des témoins disent avoir vu le corps inerte de l’étudiant dans une mare de sang. Ils affirment aussi que les services de propreté de la Ville de Paris seraient venu en loucedé pour nettoyer la scène de crime.

L’information est très largement reprise …

Dans un premier temps Marianne, Politisreprennent l’information d’un étudiant gravement blessé. Puis surtout Le Média qui publiera le récit d’une jeune étudiante prénommée Leila qui raconte à visage découvert les conditions de ce qu’elle dit avoir vu. Problèmes Agatha Christiens : Quid de l’identité de la victime ? Quid de son état réel puisqu’il est passé de mort à grièvement blessé ? Quid de l’hôpital où il serait hospitalisé puisque l’APHP a démenti une hospitalisation ?

Notons que Leila expliquera qu’elle était une témoin non oculaire pour finir par avouer rapporter ce que « On » lui avait dit. Comment appelle-t-on un crime sans mort, un blessé grave sans plaies, avec des témoins bidons, et aucune preuve ? Une Fake News !

Qu’est ce que cette histoire dit du traitement de l’information ?

Notre rapport à la recherche de la vérité doit être sans concession. Un meurtre commis par un policier est beaucoup trop grave pour être traité sans un recoupement rigoureux. Libération a fait un vrai travail de Fact Checking pour démonter une par une les inventions des communards libres de Tolbiac. Reporterre a aussi reconnu s’être fait berner. À l’heure où la mode est au lynchage des journalistes, s’impose l’impérieuse nécessité de saluer ceux qui font bien leur travail plutôt que de faire confiance à un pseudo Le Média dont la méthode de Gérard Miller consiste à ne pas se laisser impressionner par « les cris d’orfaie des défenseurs de l’exactitude » jugeant important de dénoncer les violences policières quitte à donner la parole à des étudiants mythomanes.

Benzema, le Boris Vian du football français

Karim Benzema, une fois n’est pas coutume, à fait parler de lui cette semaine dans une interview dans l’édition espagnole de Vanity Fair.

Il fait parler et c’est pas avec cette interview que sa cote va remonter dans le cœur des français. Autant cette saison il est plus muet que Jean Dujardin dans The Artist avec seulement 5 buts pour 8 passes décisives – ce qui est un comble pour un attaquant de sa classe- autant il est un domaine où il ne rate jamais le cadre : les déclarations sans queue ni tête.
Interrogé sur les raisons pour lesquelles il n’est pas retenu dans la liste de Didier Deschamps, il affirme que c’est pour des raisons politiques. Il fait allusion à la déclaration de Manuel Valls qui l’invitait à être exemplaire.
Il assure ne vouloir rien faire pour convaincre Deschamps de le reprendre dans le groupe. Pour l’instant sur le terrain il fait tout ce qu’il faut pour ne pas l’être. En fait Benzema c’est le Boris Vian du football français.

Le Boris Vian du football français

 Quand on lui demande ses raisons qui le conduisent à ne pas chanter La Marseillaise il apporte cette réponse lunaire :
« Si vous écoutez bien, La Marseillaise appelle à faire la guerre. Et ça, ça ne me plait pas »
À l’écouter Le Déserteur devrait être l’hymne nationale. Certes, La Marseillaise n’est pas la chanson la plus peace and love du répertoire musicale français mais en même temps quand tout le stade de Wemblay reprenait La Marseillaise après les attentats du 13 novembre ce chant patriotique avait aussi valeur de solidarité et d’universalité.
Il n’aura pas l’occasion de la chanter cette été en Russie.

Benzema : une chance ou un boulet pour l’équipe de France ?

Paradoxalement l’attitude de Karim Benzema est aussi une chance pour les bleus. Cela montre que même un surdoué du football ayant des qualités au-dessus de la moyenne n’a pas tous les droits. En son temps, Aimé Jacquet s’était passé de Cantona et de Ginola pour faire confiance à des joueurs prometteurs mais sans grande expérience. Ils s’appelaient Zinedine Zidane, Thierry Henry et David Trezeguet.
La suite on la connaît…

 

Hollande se livre …

Écoutez 

François Hollande est de retour avec un ouvrage de 400 pages pour développer « Les leçons du pouvoir ». Un livre de plus ou un livre de trop ?

Depuis 2012 dans les librairies a côté des rayons foi et superstition ; cuisine et régime ; bien-être et poney il y a un gros rayon consacré à François Hollande.
On ne compte plus le nombre pléthorique de livres sur son mandat. Il y a eu ceux auxquels il a contribué à raison d’une heure d’entretien par mois Un président ne devrait pas dire ça et Conversations Privées Avec Le Président ceux dont il est le personnage central Merci pour ce moment. Depuis peu ses anciens conseillers ont chacun à leur tours publié un journal sur la vie au pouvoir La politique est un sport de combat ! Hier, l’ancien président y est allé de son bouquin avec « Les leçons du pouvoir ». L’occasion d’évoquer sa politique et son héritage qu’à la différence de Johnny Hallyday personne ne réclame.

 « Il est irrationnel de ne pas tenir compte de l’irrationalité »

Sur la déchéance de nationalité, il écrit cette phrase révélatrice :

« Aussi solides soient-ils, mes argument deviennent plus inaudibles chaque jour. En politique, je le sais au fond de moi, il est irrationnel de ne pas tenir compte de l’irrationalité. »

Ce qui frappe tout au long du livre, c’est qu’on ne sait plus vraiment si c’est le produit du travail d’un journaliste ou le récit de son action. Un mélange des genres où c’est le premier qui prédomine.

L’impression d’un chef d’orchestre sans baguette, d’un ventilateur sans air. Et puis les leçons du pouvoir sont adressées directement à … Emmanuel Macron.

Son interview dans le 20h d’Anne-Sophie Lapix a beaucoup fait parler.
Interrogé s’il aurait pu battre Emmanuel Macron il a déclaré ceci :
Il ne l’a pas voulu. Les français non plus. Finalement on en vient à cette conclusion implacable : si il n’y avait pas eu Les ambitions d’Emmanuel Macron, l’affaire Leonarda, la déchéance de nationalité, les photos dans Closer, l’affaire Cahuzac, le livre de Valérie Trierweiler et j’en passe, ce quinquennat eut été parfait mais avec des « Si » …

Coup de théâtre à l’Élysée

Lundi 5 mars prochain, cela fera 65 ans que le compositeur Sergueï Prokofiev est décédé, et ce jeudi 1er sera donné son célèbre conte musical Pierre et le Loup … à l’Elysée.
Selon BFMTV, ce soir des enfants malades et pupilles de la nation entendront cette œuvre si célèbre. L’initiative est de Brigitte Macron. C’est la garde républicaine qui interprétera les principaux personnages. Pour qui le rôle du narrateur ? Je vous le donne en 1000 … Emmanuel Macron !

Pierre et le loup : le conte musical !

L’histoire de Pierre et le Loup raconte l’histoire du petit Pierre qui vit avec son grand père. Il s’ennuie ferme et a pour amis un chat, un canard et un oiseau. Malgré les injonctions de son grand-père de ne pas sortir du jardin pour se protéger du loup, ce jeune impétueux va courageusement venir en aide à son ami le canard qu’un loup à jeun qui cherchait aventure et que la faim en ces lieux attirait avait englouti ! L’histoire est simple mais elle est culte et elle a éveillé l’oreille musicale de millions d’enfants.

N’est-ce pas bien surprenant pour Emmanuel Macron que de faire un spectacle à l’Elysée ?

Au château on explique qu’Emmanuel Macron prend sa part dans la transmission du patrimoine.
Emmanuel Macron a toutes les cartes en main pour être un grand interprète. D’abord il sait parfaitement endosser le costume. L’été dernier il s’était déguisé en joueur de l’OM, puis en aviateur, puis en sous-marinier et enfin il avait enfilé des gants de boxe pour défendre la candidature de Paris 2024. Tout ça c’est de la communication mais c’est déjà du théâtre. Comme disait Roseline Margat, l’ancienne directrice du Cours Simon : « À partir du moment où vous êtes sur scène devant un auditoire et que vous racontez quelque chose, c’est déjà du théâtre sans le savoir ».

 

Le théâtre et l’Élysée ne font qu’un ?

 C’est même une grande histoire d’amour. On se rappelle de grandes pièces du théâtre classique qui y ont été revisitées . Il ne faut jurer de rien l’histoire d’une inversion de courbe du chômage promise qui n’arrivera pas. Fin des partis avec Emmanuel Macron. La guerre en Irak n’aura pas lieu avec Jacques Chirac.
En fait le rôle le plus difficile à jouer pour un président c’est souvent celui … de président.
J’ajoute qu’Emmanuel Macron a fait des émules puisque la semaine prochaine, la secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, et les deux ex-ministres Roselyne Bachelot et Myriam El Khomri, seront sur scène pour une représentation des « Monologues du vagin » la célèbre pièce d’Eve Ansler à la veille de la journée du droit des femmes.
PS : Je sais que normalement l’usage veut que l’on éteigne son téléphone portable pendant les représentations, mais je lance un appel : chers spectateurs, si vous pouviez filmer secrètement ces représentations, ce serait un coup de théâtre assez réussi.

Est-ce que la relecture est une imposture ?

Écoutez ♫ 

Réécriture, relecture et réévaluation …

Cette semaine, le journal Marianne a révélé qu’une interview de la ministre des transports Elisabeth Borne à paraître dans Les Échos, restera finalement à quais. En cause, une interview trop retoquée par les équipes de Matignon pour être publiable. Cette interview sur la réforme hautement sensible de la SNCF a motivé cette intervention de Matignon. Résultat : Cette interview non publiée a beaucoup fait parler à l’instar des trains qui n’arrivent pas à l’heure.
La question qui se pose : Est-ce que la relecture est une imposture ?
Petite enquête dans les grandes rédactions de la presse française sur les usages.

Comment la presse française procède ?

D’abord un consensus. Entre l’écrit et l’oral il y a une nécessaire réécriture. La plupart des médias français offre à la personne interviewée – si elle le demande- la possibilité d’une relecture, pour ce qui touche à la forme. La ligne jaune explique Luc Bronner, directeur de la rédaction du journal Le Monde c’est « de ne pas modifier le sens de l’entretien ou de ne pas apporter de modification substantielle ». L’enjeu est de s’assurer que l’interview ne devienne pas une tribune. Il s’agit de faire éclater « la vérité du moment pour ne pas perdre la spontanéité », précise Alexis d’Ancezune, chef de service aux éditions locales du Parisien. Il plaide pour que le journaliste soit dans une attitude de « résistance » face au danger d’une interview « qui deviendrait des communiqués de presse et feraient perdre toute crédibilité au journaliste ».

Francis Veber vs Ponce Pilate

Un exemple biblique parlant est Ponce Pilate qui en réponse aux injonctions des chefs des prêtres visant à modifier l’écriteau placé au-dessus de La Croix du Christ répliqua : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit » (Jn 19,22)
L’épisode de l’interview retoquée révèle les doutes de l’exécutif et la volonté affichée de verrouiller l’information
Mais le scénariste Francis Veber, rappelle qu’écrire c’est réécrire.
Pour sortir de cet écueil, il est préférable d’être convaincu de son message à faire passer. Se relire peut s’avérer être indispensable pour apporter de la lisibilité à un dossier de presse. L’exemple à ne pas suivre est l’UNEF qui a rédigé un dossier de presse truffé de fautes d’orthographe comme l’a relevé le Canard Enchaîné.

Le « 10 améliorable »

Autant les étudiants en grève sont nuls en orthographe, autant ils excellent en mathématiques en imaginant un procédé arithmétique révolutionnaire qui s’appelle le 10 améliorable. Pour faire simple, les étudiants ont 10/20 d’office ce qui leur assure le deuxième trimestre, tout en conciliant une vie d’étudiants grévistes sereine.
Est-ce que réécrire les barèmes de notation leur permettra de se dessiner un avenir ?
Un grand merci à Luc Bronner, Jean-Marie Dumont, Alexis d’Ancezune, Natalia Trouiller et Henrik Lindell qui ont accepté de répondre à mes questions. 

Arnaud Beltrame, ce héros

Écouter  

Vendredi dernier la France a une nouvelle fois était la cible du terrorisme. Comme souvent sur les réseaux sociaux, il y a eu le meilleur et le pire…

 On attribue à Andy Warhol la théorie du quart d’heure de célébrité. Le pop artiste aurait dit en mars 1968 (50 ans jour pour jour) :
« À l’avenir chacun aura le droit à 15 minutes de célébrité mondiale ».
L’attaque terroriste de Trèbes en est la dramatique illustration.
L’itinéraire sanglant du terroriste a commencé à 10h13 et les premiers tweets avec #Trebes ont commencé à déferler vers 11h30 alors que la prise d’otage était en cours. Ce que certains Twittos ignorent c’est que lors d’une prise d’otage, les terroristes font de la veille sur Twitter et analysent comment la situation évolue. Tweeter peut avoir de très très lourdes conséquences.

Chaque information postée sur les réseaux sociaux (comme les photos) se mute en capture d’écran dans les conversations cryptés des djihadistes. Un spécialiste du terrorisme demandait instamment : « ne diffusez pas de photos des lieux ni du dispositif de secours. Ceux qui l’ont déjà fait, sachez que vos œuvres sont déjà sur les canaux jihadistes deTelegram (entre autres). Allumez le cerveau et cessez d’émettre.

Et pendant ce temps dans le Super U de Trèbes, une autre histoire se déroulait.

Alors que les réactions les plus vives excitaient toute la toile. Alors que les experts en expertises expertisaient. Alors que les chaînes d’info en continue meublaient sur les quelques informations (pas toujours vérifiées) concernant le profil du terroriste, un huis clos décisif a fait basculer la prise d’otage.
Arnaud Beltrame, colonel de la gendarmerie nationale est entré dans la grande surface pour faire face au terroriste. Il prend la place de l’otage, lui sauvant la vie en sacrifiant la sienne.
C’est son nom qu’on retiendra. C’est sa vie donnée qui fera plus de bruit que toutes les détonations possibles. Arnaud Beltrame a -par son courage- changé la focale de cette attaque islamiste pour en faire un témoignage saisissant du don de soi et a permis à des millions de téléspectateurs d’entendre Mgr Planet rappeler « qu’une vie donnée ne peut pas être perdue ».

Mais les polémique ne se sont pas tues…

Si comme le dit si bien Boris Cyrulnik « La vie est un champ de batailles où naissent les héros qui meurent pour que l’on vive » les réseaux sociaux sont parfois un champs de ruine où les utilisateurs se prennent pour des héros. Quand la France est touchée dans sa chair, elle a tendance à souvent tombé dans l’écueil de la surenchère.
Eugénie Bastié, qu’on a connu plus inspiré, alors qu’Arnaud Beltrame est entre la vie et la mort, s’est essayée à un message navrant et complètement à côté de la plaque qu’elle qualifiera plus tard de débile avant de s’excuser. Trop tard.
Stéphane Poussier, un ancien candidat de la France Insoumise se réjouira de la mort d’Arnaud Beltrame, imputant aux gendarmes « l’assassinat »  de son « ami Remi Fraysse ».
Enfin une militante vegan elle se félicitera de la mort du boucher.
On nage en plein délire et certains médias ne peuvent s’empêcher de relayer ces infos.
Du côté de la « cathosphère » le outing de la GLDF sur l’appartenance d’Arnaud Beltrame à la franc-maçonnerie a semé le trouble chez certains alors qu’on apprenait au même moment sa conversion sur le tard et son mariage religieux prochain.
Sa vie n’appartient qu’à lui et à Dieu, le sens de sa mort est un témoignage pour tous et la complexité des âmes ne peut que nous rappeler que nous ne devons pas nous prendre pour Dieu qui connaît mieux que personne les reins et les cœurs.
Ce que l’on peut dire c’est qu’il a mis en pratique cette phrase de Sainte Thérèse de Lisieux :
« Aimer c’est tout donner et se donner soi-même ».
Aujourd’hui, alors qu’il sera inhumé dans l’intimité familiale, respectons enfin le deuil de sa famille, admirons la dignité de sa femme et ne soyons pas dans une vaine récupération puisque maintenant sa vie est entre les mains de Dieu, mais plutôt dans la communion ce qui est un minimum le Jeudi Saint.