L’oxymore : le 10e art

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Commençons par une … figure de style ?
Nouveau président, nouveau quinquennat, nouveau premier ministre, nouveau gouvernement, nouvelle figure de style.
Vous avez aimé l’anaphore « Moi president  » ? Vous allez adorer l’oxymore à la sauce normande, que l’on doit au nouveau premier ministre Edouard Philippe. Ce dernier lors de la passation de pouvoir à Matignon a déclaré être, en bon normand, radicalement modéré mais avec un esprit de conquête. Radicalement modéré.
Dans un pays comme la France qui est si clivé il faut savoir ajouter dans son discours, et avec parcimonie, des oxymores. L’anaphore interminable de François Hollande « Moi président » avait pour but de convaincre mais son quinquennat a servi à ses adversaires de contredire toutes les itérations de son anaphore. En revanche, l’oxymore d’Edouard Philippe a pour vocation de rassurer sur la conception de l’exercice du pouvoir. C’est même une mise en abîme.
C’est une astuce redoutable cet oxymore ?
Le tout, est de trouver son oxymore. Par exemple Jean-Luc Mélenchon n’est pas vraiment dans la radicale modération, mais il n’est pas pour autant dans l’insoumission domicile, ni dans la fureur douce. Le FN, LR et PS de trouvent plus dans une berezina de conquête.
C’est une astuce redoutablement efficace quand elle est utilisée intelligemment. Étant d’une radicale modération, Edouard Philippe pourra tantôt être radicale et tantôt être modéré. Habile Bill ! Après la modération radicale on pourrait croire à première vue que c’est de la tiédeur mais il sera intéressant de voir comment va t’elle s’appliquer dans ce gouvernement.
Alors ce gouvernement va t’il réussir à être radicalement modéré ?
Cela peut avoir tout l’air d’être une gageure mais en cherchant bien, il est envisageable d’imaginer que Agnès Buzyn, la nouvelle ministre de la santé, propose à ses concitoyens de consommer de l’alcool avec une radicale modération. En revanche si la guêpe Laura Flessel, ministre des sports, veut convaincre le CIO de donner les jeux à Paris, elle devra laisser au vestiaire la radicale modération. Si Gérard Collomb, le nouveau ministre de l’intérieur veut mettre fin aux agissements des jeunes qui se radicalisent sans modération le combat ne pourra pas être modéré mais sans merci. Si Jean-Michel Blanquer, le nouveau ministre de l’éducation veut mettre fin au décrochage scolaire il devra laisser à la récréé la radicale modération. Ainsi va pour tous les autres ministres. J’en arrête là avec les oxymores et les anaphores, j’espère que ce gouvernement ne sera pas dans la figure de style mais dans l’action mais dans une action où les résultats seront radicalement immodérés, et ne leur en voudra pas de tendre vers l’hyperbole !

Le débat qui a touché le foot

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Un choix cornélien
Hier soir, j’étais confronté à un choix cornélien : regarder le débat sur France 2 ou sur TF1. C’est un peu bonnet blanc, blanc bonnet comme disait en 1969 le communiste Jacques Duclos en référence à l’opposition entre Georges Pompidou et Alain Poher. C’est une autre époque.
J’ai regardé avec attention le débat opposant l’AS Monaco et la Juventus de Turin. Ou plutôt l’inverse. En fait c’était tellement compliqué que ne m’en voulez pas si par moment dans cette Carte Blanche je confond. En réalité j’ai fait ce que m’a conseillé un ami, regarder le match en écoutant le débat qui n’en était pas un.
Un vrai débat ?
Les débats présidentiels font parti de notre patrimoine culturelle. C’est très français la culture du débat, la culture de l’engueulade, la culture des discussions animées dans les réunions de famille. Alors hier soir, j’attendais un « monopole du cœur », un « dans les yeux je vous le dis », un « vous avez tout à fait raison Mr le Premier Ministre » ou un « Moi President » … rien de cela. Nous avons eu le droit à un affrontement avec deux heures et demie d’échanges de noms d’oiseaux et d’accusations ad hominem.
Oui, je croyais voir un débat politique et j’ai vu un match de football.
Des ressemblance entre ce débat et un match de football ?
Je ne parle pas d’une grande affiche de ligue des champions, cette coupe européiste, entre le FC Barcelone et le Real Madrid ou la beauté des gestes fait partie du jeu, non là c’était plutôt un match de Coupe de France. En même temps, Marine Le Pen va être ravie puisque avec la déculottée reçue par L’olympique Lyonnais contre l’Ajax Amsterdam et la défaite cuisante de Monaco contre la Juventus, la France du football va peut-être vivre un Frexit dès la semaine prochaine. Cela dit la candidate frontiste n’a absolument pas eu le temps de regarder le match car elle était trop préoccupée par la lecture de ses nombreuses fiches qui lui ont été préparées avec soin par Florian Philippot, qui a d’ailleurs trouvé que la candidate avait été excellente. Emmanuel Macron n’a lui non plus pas pu regarder le débat, rappelons que son équipe préférée est l’Olympique de Marseille, c’est pour ça qu’il devrait être un petit peu plus modeste en affirmant vouloir « porter l’esprit de conquête français »(sic).
Pour qu’il y ait débat il faut qu’il y ait un arbitre, et hier soir les Christophe Jakubyszyn et Nathalie Saint-Cricq auraient bien aimé mettre quelques cartons jaunes mais c’était pas possible. Ils ont du cirer le banc tel des remplaçants en assistant impuissants à l’échange de tacles, de coups et de scuds.
Quelle était la stratégie?
La stratégie des deux candidats étaient clairs et décelable en 3 minutes. Macron avait beaucoup à perdre. Il devait montrer qu’il est présidentiable, rassembler le plus largement possible, se désolidariser du PS. Quant à Marine Le Pen, en tant qu’outsider elle devait rentrer dans le lard de Macron d’entré de jeu en martelant que c’était un Hollande bis. Mais finalement il ne restera pas grand chose de ce débat.
Ce que je me suis dit que le football, le tennis, le catch, le badminton, c’est beaucoup mieux quand c’est fait par des professionnels.

Jean de La Fontaine …si tu nous regardes ?

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Depuis dimanche soir, les français ont décidé de porter Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour. Les anciens avaient-ils prédit cet état de fait ?
Depuis les résultats de dimanche, les instituts de sondage fanfaronnent et s’estiment être les grands vainqueurs de cette élection. Pour ma part, le plus visionnaire aura été ni l’IFOP, ni IPSOS, ni Nostradamus, ni Elisabeth Tessier mais bien … Jean de la Fontaine. Je précise que je ne veux pas faire de comparaison entre les métiers d’analyste électoral, de médium ou de fabuliste. Cependant quand on se replonge dans les fables de la Fontaine on remarque que sa perception de la société est encore d’actualité.
Un exemple de fable ?
Parmi les candidats il y a eu un nombre conséquent de Pierrette qui ont du abandonner leur pot au lait sans découvrir le pot aux roses. Emmanuel Macron a compris que rien ne sert de courir, il faut être en marche. Les électeurs de la droite et du centre puis du PS furent pendant les primaires ces fameuses grenouilles qui se lassant de l’état démocratique se virent affubler un roi pas si pacifique que cela. Enfin, j’ai observé que pour Les verts on a pas toujours besoin d’un plus petit que soi.
Une petite fable dans l’esprit de Jean de La Fontaine pour décrire cette campagne* !
La campagne ayant duré 5 années,
Se trouva fort décousue quand le scrutin fut venue !
Pour LR et PS, pas de bail à louer rue du Faubourg Saint-Honoré.
Sieur Macron, le fils spirituel,
Se voyant bien remporter l’élection présidentielle,
Se fendit d’un interminable bain de foule,
De La Rotonde jusqu’au lieu-dit Whirpool,
Belle manufacture aussi appelé usine,
Laissant républicains et socialistes à leur minable cuisine !
On ne peut pas renoncer à un maroquin,
Lui le seigneur et le roi des strapontins,
Dame Marine, troquât les armoiries du logis FN,
Pour partie à la conquête du fameux bas de laine,
Et tenter de rafler les voix tant espérées
De son rival insoumis … de côté.
L’homme dont les suffrages ne valent pas plus que les sondages.
Si aujourd’hui la France déchante et qu’elle vit un malaise,
Comment en être fort aise ?
Cette fable n’est qu’une modeste démonstration.
Que nous avons les élus que nous méritons.
Quelle est la morale de cette fable ?
La morale c’est qu’une élection n’est pas une canonisation ! Les comportements les plus vils sont exacerbés en campagne.
Mais la politique, n’est pas que tactique et peut aussi être noble mais elle a besoin de tempérance, de recul pour éviter que cette fable ne continue encore et encore … C’est ce qui aura cruellement manqué dans cette élection. De la tempérance et du recul.
*L’auteur remercie Jean de La Fontaine pour son immense talent. Jean si tu nous regarde ?

Les français sont-ils des veaux ?

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Un sondage révèle les préférences de l’animal de compagnie en fonction de ses choix politiques.

Dans la série des sondages improbables qui risquent de nous rendre chèvre, j’appelle le site slate.fr qui révèle que les amateurs de chats sont plus à gauche que les amateurs de chiens. C’est une étude d’une importance capitale à 3 jours du premier tour de l’élection présidentielle. La faune a toujours été mentionnée sinon imagée dans la politique française. J’ai essayé de comprendre en quoi nos opinions politiques ont un rapport avec nos 30 millions d’amis.

Les gens de gauche sont plus amateurs des chats ?

La gauche a une longue histoire avec les animaux. En premier lieu, l’éléphant pour les socialistes. D’ailleurs le qualificatif « d’éléphant » que le PS traîne comme une image d’Epinal vient du congrès d’Epinay. Voyant ces cadres se diriger vers la salle de réunion pour se distribuer les postes, un militant de l’ancienne SFIO aurait déclaré : « voilà les éléphants qui vont se réunir ». C’est la raison historique. Aujourd’hui les mauvaises langues (de chat) avancent que c’est le résultat d’un parti en voie de disparition. Je n’entrerais pas sur ce terrain là. Alors pourquoi les chats plutôt que les chiens ? Je ne saurais répondre.
Je me souviens de Baltique, la chienne labrador noire de François Mitterand, tenue en laisse par Michel Charasse présente à Jarnac aux obsèques de son illustre maître. Peut-être que Mitterand n’était pas de gauche finalement ? En tout cas, l’attrait de la part des gens de droite pour les chiens se comprend totalement. François Fillon le premier, qui aurait sans doute bien aimé que ses soutiens lui soient aussi fidèles que Lassie.
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Le Front National est un parti qui est connu pour son intérêt pour la cause animale 
Notamment grâce à Brigitte Bardot, mais voilà depuis que le doberman de Jean Marie Le Pen a bouffé le chat de sa fille Marine, les tensions sont grandes. L’information n’a jamais pu être vérifiée mais elle a fait le tour des chenils de Saint-Cloud.
En même temps les chiens ne font pas des chats.

Et Dieu dans tout ça ?

Le sondage ne le dit pas. Les cathos de gauches sont forcément des amateurs des poissons-chats. Jésus a demandé à ses disciples d’être prudent comme des serpents et candide comme des colombes mais pour autant évitons les noms d’oiseaux.
On est parfois entre nous entre chiens et chats, on se regarde en chien de faïences.
De toute façon comme disait De Gaule : Les français sont des veaux. Pas tous dévots. Reste à savoir dimanche qui sera à la tête des veaux.

L’art des clips de campagne

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Depuis lundi nous sommes rentrés dans la campagne officielle. Les clips de campagne des 11 candidats sont connus. Qu’ont-ils en commun ?

Les clips officiels sont une tradition dans les campagnes présidentielles. Une image vaut 1000 mots et dans une vidéo, il y a 24 images par seconde. Inutile de vous dire combien ces images doivent être léchées. Ces clips ont un cahier des charges ultra précis. Comme en France on aime faire compliqué quand on peut faire simple, le CSA a mis en place 49 articles pour réglementer ces clips. Et après c’est l’Église qui est dogmatique… Pas de drapeau, pas d’hymne nationale, la durée maximale est de 3 minutes 30, c’est à dire une mission impossible pour François Asselineau dont les discours dépassent allègrement les 3h30.
Le candidat du Frexit annonce la couleur en disant :

« Moi je ne joue pas sur les émotions, je m’adresse à votre intelligence pour que vous compreniez les problèmes de la France. »

On peut clairement douter d’une telle affirmation car à l’écoute de sa récitation de la litanie des articles de la constitution, l’émotion est palpable. Cela dit, l’émotion n’est pas la seule arme pour réaliser un bon clip.
Quels sont les ingrédients pour réaliser un bon clip de campagne ?
Tout d’abord, il faut noircir le tableau. Expliquer que la France est dans un état déplorable et que c’est un scandale. Tout va mal et il est temps que ça change.
Deuxièmement, il faut expliquer que les autres candidats disent des absurdités.
C’est là que vient LE MOMENT important. Rappeler qu’on est candidat à l’élection présidentielle, mais attention pas pour flatter un ego, mais pour le pays.
Très important aussi : L’empathie. Dans son clip aux faux airs de United Colors of Benneton, Benoit Hamon dit :

 « Je vous comprends, je comprends vos inquiétudes, le sentiment de n’être pas écouté … »

Ne pas être écouté, il sait ce que c’est l’ancien frondeur, surtout en ce moment avec les sondages.
En parlant de fronde, Jacques Cheminade, s’est pris pour le roi David et a affirmé qu’être un petit candidat était un avantage et que les grands devraient se méfier de lui. Pourquoi ?

 « Car ils verront comment les David peuvent battre les Goliath ».

Tremblez philistins !

Quel est le but de ces clips ?

Pour être visible, pour être audible et dans le cas de Philippe Poutou en parodiant son passage dans l’émission de Laurent Ruquier On est pas couché, son but est manifestement d’être primé au prochain festival Juste Pour Rire.
Enfin il y a Jean-Luc Mélenchon. Finit le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas mais il se positionne comme le candidat de la paix. En revanche, il a assuré que si l’un de ses 4 principaux opposants était élu président, les français allaient cracher du sang. Heureusement qu’il finit par un peu de poésie.

 « Allez viennent les jours heureux et le goût du bonheur »

Qu’il est fleur bleu rouge ce Jean-Luc …

La culture, le bonnet d’âne de la démocratie

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17 jours nous séparent du premier tour et pourtant il y a un sujet qui n’est presque jamais évoqué dans cette campagne : la culture.
Mardi soir, j’ai regardé très attentivement le grand débat sur BFMTV et CNews avec les 11 candidats et les sujets abordés étaient pêle-mêle : l’emploi, l’Europe mais un sujet à fait faux bond, à l’instar de la cravate de Philippe Poutou : la culture.
La culture c’est un peu comme la tombe du soldat inconnu sur la place, ou plutôt sous la place de l’Étoile. Elle est au centre, mais on tourne autour. On la regarde distraitement mais le plus souvent on passe à côté. Elle est honorée qu’une fois dans l’année… le 32 février. Dans le débat politique il y a des sujets tabous, des sujets abscons et aussi des sujets absents et la culture en est l’illustration parfaite. Les candidats ont des choses à dire sur ce sujet mais pour en parler ils affirment des phrases toutes faites d’une grande banalité qui paraissent alléchantes au premier abord comme : « démocratiser la culture », « faire de la culture notre socle commun », « ouvrir la culture au plus grand nombre » et j’en passe. Des phrases différentes pour dire la même chose, c’est à dire pas grand chose.
D’où vient cette absence de la culture dans le débat ?
Peut-être parce que justement la culture n’a pas pour vocation première de cliver. Le clivage permet de se démarquer et donc d’exister dans une campagne. Pourtant la culture fait débat.
Est-ce qu’Asselineau peut nous sortir un article de la Constitution Européenne pour nous parler de culture ?
Macron doit il des droits d’auteur à Hollande ? François Hollande étant le président qui aura le plus fait pour l’industrie du livre à force de se livrer lui-même aux journalistes.
On associe parfois un peu trop rapidement la culture à l’éducation. Certes l’éducation permet d’obtenir un certain niveau de culture générale comme de savoir que Picasso n’est pas qu’un modèle de voiture.
Et puis la vraie raison, c’est que le débat est très souvent orienté autour du quotidien, du pouvoir d’achat, et de la sécurité et inexorablement la culture devient un sujet secondaire pour les candidats.
Est-ce que finalement, la culture n’est pas un sujet secondaire ?
Si la culture était secondaire il n’y aurait pas 67 millions de touristes en France tous les ans.
Si la culture était secondaire, Daech n’aurait pas détruit la ville de Palmyre.
Si la culture était secondaire, les nazis n’auraient pas brûlé autant de tableaux de grands maîtres jugés par eux comme de la sous-culture. Je ne vais pas continuer plus loin l’anaphore mais c’est dire que la culture dérange les esprits les plus fermés.
Lionel Jospin disait à très juste titre que la culture est l’âme de la démocratie. J’espère que d’ici là, la démocratie va retrouver son âme.

Sommes-nous sur écoute ?

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Sommes-nous victimes d’un complot ?

 Cette question revient un peu comme un coucou depuis très longtemps. Chaque événement (du plus grave au plus farfelu) est l’occasion de crier au complot. Et cette semaine, le député FN du Gard Gilbert Collard a affirmé être selon lui la cible d’un grand complot même sa certitude d’être sur écoute.
Invité par Guillaume Durand sur Radio Classique, l’avocat a affirmé ceci :
« Moi je suis sur écoute, je le sais, parce que mon téléphone de temps en temps se déclenche tout seul et me dit, c’est incroyable mais vrai, il me dit : « Répétez ce que vous venez de dire ». Bon. Je vois pas comment le téléphone pourrait se déclencher tout seul »
Il y a un vrai scandale derrière ce que pense révéler Gilbert Collard, c’est la nullité des espions qui l’écoute ! Vous vous rendez-compte ? Non seulement ils se sont fait griller comme des juniors mais en plus ils lui demandent de répéter ce qu’ils n’ont pas entendu.
Nos service de renseignements sont en passe d’être la risée du monde. Sauf si, il n’était pas sur écoute.

Sur écoute ou pas sur écoute ? Telle est la question …

En réalité … pas au sens où il le dit.
La vraie raison c’est que Gilbert Collard, a peut-être appris par cœur le code de procédure pénale mais certainement pas la notice de son iPhone ! La fameuse phrase : « Répétez ce que vous venez de dire » n’est vraisemblablement pas l’œuvre d’un pied nickelé qui s’adonnerait à l’espionnage politique, mais bien du programme Siri qui permet de lancer des recherches dans le téléphone grâce à la dictée vocale. On comprend qu’être suivi par un cabinet noir fasse peur à un député, du FN qui plus est. Mais que Gilbert Collard se rassure, il n’est pas dans ce cas précis victime d’écoutes en haut lieu. Après, libre à lui de porter plainte. Il pourrait aussi porter plainte contre son pouce qui a révélé au monde l’intégralité de ses mots de passe en postant sur le réseau social Twitter une capture d’écran de tous ses identifiants.

Pourtant les écoutes et les complots existent ?

Dire que les complots n’existent pas c’est un leurre, et d’une certaine façon Gilbert Collard a raison : car comme l’a révélé Edward Snowden, la NSA et les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) nous écoutent toute la journée. Même Radio Notre Dame nous écoute dans la nuit, c’est pour dire. Je suis sûr que certains sont en en train de lire cet article.
Mais c’est tellement plus romantique, kafkaïen d’être le type qui dérange plutôt que d’assumer qu’on a fait une bourde ou qu’on a dit une énormité.
Alors pour conclure, les cabinets noirs existent-ils ? Probablement. Il y a t’il des écoutes politiques ? Évidemment.
Après c’est pas parce qu’il y a des embouteillages, une météo pourrie ou plus de café dans la machine qu’il y a complot. C’est juste la dure loi de Murphy qui s’impose à chacun.
Ce qui serait bien c’est que nous soyons tous sur écoute, par les hommes politiques.

Les candidats au tableau !


Réécoutez : 

Difficile de s’y retrouver dans cette campagne présidentielle ?

Entre les affaires autours de Marine Le Pen, la mise en examen de François Fillon, la campagne d’Emmanuel Macron qui ressemble à s’y méprendre à une auberge espagnole, Jacques Cheminade qui est toujours en attente d’avoir ses 500 parrainages et qui nous promet la lune … les électeurs sont comme dirait Sophie Nouaille En Quête de sens. C’est navrant. Heureusement C8 la chaîne du groupe Bolloré est là pour nous permettre d’approfondir un petit peu la vie politique. Dimanche, elle va diffuser Présidentielle : candidats au tableau une émission où les candidats seront interrogés par les plus redoutables intervieweurs qui soit : des petits écoliers. Et c’est pas du gâteau.

Ce jeune électorat n’est pas une réserve de voix pourtant ?

Ce n’est absolument pas une réserve de voix puisqu’ils accompliront leur devoir civique pas avant minimum 10 ans. En même temps comme dans tous les cas, il n’y aura qu’un candidat ou qu’une candidate (Nathalie Arthaud a ses 500 parrainages) qui sortira vainqueur de cette élection, les autres ont raison de commencer à faire campagne très tôt pour cette réserve de voix de l’avenir ! Et puis à défaut d’être élu président de la république, ils pourront toujours tenté de se présenter pour l’élection du délégué de classe.

Quelles questions vont être posées ?

Des questions sur leurs préoccupations vous allez me dire. Allez vous rétablir les frites tous les midis à la cantine ? Êtes vous pour ou contre la détention du Journal de Mickey dans une salle de classe ? Est-ce que dire : »Haut les mains, peau de lapin, la maîtresse en maillot de bain » constitue un droit au blasphème ? Mais parfois l’actualité questionne de plus en plus nos charmants bambins.
A quand un revenu universel en Carambar ou en schokobons ? Un élève mis au coin peut-il être élu délégué de classe ? Manuel va t’il partager enfin son 4h avec Benoit ? Doit-on se rendre chez le proviseur quand on est première de la classe ? Il y a un extrait savoureux qui circule sur internet ou un enfant demande à Emmanuel Macron de lui expliquer quelle est la différence entre la droite et la gauche.
Réponse du candidat de En Marche ! :

https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2FC8TV%2Fvideos%2F10155191508694752%2F&show_text=0&width=400

C’est un jeu d’enfant. C’est bien parce que c’est pas du tout caricatural.
Voilà les enfants, maintenant que tout le monde a compris la différence entre la droite et la gauche, on va pouvoir sonner la fin de la récréation. Et n’oubliez pas de dire à vos parents d’aller voter.
Sacha Guitry disait :

« On parle beaucoup trop aux enfants du passé et pas assez de l’avenir. »

Cette émission, a beau être un énorme coup de com’, elle nous rappelle que dans cette campagne, les adultes sont logés à la même enseigne que les enfants. En fait cette émission elle est à l’image de cette élection : très primaire ou les cancres ont le dernier mot.

Critique du film « La Confession »

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Sous l’Occupation allemande, dans une petite ville française, l’arrivée d’un nouveau prêtre suscite l’intérêt de toutes les femmes… Barny, jeune femme communiste et athée, ne saurait cependant être plus indifférente. Poussée par la curiosité, la jeune sceptique se rend à l’église dans le but de défier cet abbé : Léon Morin. Habituellement si sûre d’elle, Barny va pourtant être déstabilisée par ce jeune prêtre, aussi séduisant qu’intelligent. Intriguée, elle se prend au jeu de leurs échanges, au point de remettre en question ses certitudes les plus profondes. Barny ne succomberait-elle pas au charme du jeune prêtre ?

Quand j’ai appris qu’un film sortait sur le sujet, je n’ai pas hésité une seule seconde même si je dois confesser que j’avais des gros doutes sur le sujet d’un tel film.
Déjà une confession, c’est presque toujours pareil. Le pénitent entre dans un confessionnal, raconte ses péchés, demande pardon, promet de ne pas recommencer, le prêtre l’absout, lui donne une pénitence et emballé c’est pesé. En matière de suspens cinématographique, c’est pas dingue. Et puis si je m’étais fait un avis uniquement sur la bande annonce ou sur l’affiche, j’aurais pu me dire: Encore l’histoire d’un prêtre défroqué troublé par un amour impossible. Pas besoin d’en faire un film il suffit d’ouvrir les journaux à la rubrique fait divers.
Mais un film n’est pas qu’une bande annonce et celui-là est une vrai réussite.
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A l’heure où tout se sait, tout est dit sur la place publique du plus intime au plus sulfureux, le confessionnal est un lieu peu confortable où le secret est la règle et le déballage la condition.
Pour beaucoup la confession est une énième invention ou curiosité de l’Église catholique pour se donner bonne conscience. C’est ce que pense Barny interprété par Marine Vacht, cette jeune communiste belle et rebelle. Elle a beau être résistante, elle ne résistera pas longtemps au charme d’un prêtre solaire, joyeux, qui a l’esprit vif et qui en outre a la particularité d’embrasser très bien, d’embrasser pleinement … son sacerdoce. La rencontre a lieu. Elle est crédible. La caméra de Nicolas Boukhrief est sobre contrairement à nombres de films en période de guerre où les réalisateurs ne lésinent pas sur les explosions et le sang. Le réalisateur a dit à juste titre que pour ceux qui vivaient dans cette période, la guerre c’est d’abord un son. Peu ont vu des explosions mais beaucoup les ont entendues. La suggestion de la violence est beaucoup plus parlante. Parlant de son, la musique est magnifique et les dialogues ciselés accompagnent la narration.

Il faut aller voir ce film !

Dune part parce que c’est pas un film sur le célibat des prêtres mais sur la conversion d’un cœur. Finalement ce qu’on retient de ce film, c’est que c’est parfois notre conception de l’amour qui rend l’amour impossible.
Si certains veulent faire le mauvais procès en disant que c’est un remake. Ce n’est pas le cas. En revanche c’est une réadaptation du livre Léon Morin, prêtre de Beatrix Beck.
Quand j’étais petit, on m’expliquait au catéchisme, que je pouvais aller me confesser les yeux fermés, car les prêtres disposent de la fameuse grâce de l’oubli de la confession. Si je puis me permettre un conseil, allez voir La Confession les yeux grand ouverts car ce film est touché par la grâce, celle qu’ont ces films qu’on est pas prêt d’oublier.

Paris is not Paris ?

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La dernière sortie de Donald Trump : « Paris n’est plus Paris » a t’il dit. Provocation ?

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Discours de Trump devant les conservateurs : Paris n’est plus Paris

Effectivement cette dernière sortie du président américain a beaucoup fait réagir. Pour contextualiser : Donal Trump explique qu’un de ses amis proches, prénommé Jim, lui a dit qu’il ne retournait plus à Paris, puisque bien qu’aimant la ville Lumière et y allant tous les ans, il trouve que Paris n’est plus Paris.
Cette déclaration m’a stupéfiée ! Il m’a fallu du temps pour encaisser le choc. Que le président américain ose se moquer de la plus belle ville du monde, c’est un peu fort de café. Au début j’ai pensé qu’il voulait parler de Paris Hilton ou de la politique urbaine de Paris au Texas, qu’il s’était trompé d’enveloppes comme aux Oscars à Hollywood dimanche soir pour La La Land mais non il parlait bien de Paris, Île de France.

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Est-ce que Paris a changé ?

Pas besoin d’avoir lu Métronome de Lorànt Deutsch pour voir que Paris a changé de fond en comble entre Camulogène et Anne Hidalgo. Bon c’est vrai que l’urbanisme n’était pas la priorité de Camulogène. Mais c’est vrai que Paris a changé. Déjà, le PSG met des raclées à toutes les équipes qui se mettent sur sa route. C’est un bouleversement. Paris est devenu une No Go Zone pour toutes les équipes de Ligue 1. Une chose aussi qui a changé, c’est qu’avant comme disait Michel Audiard « Conduire dans Paris c’est une question de vocabulaire » et bien maintenant suite à la fermeture des voies sur berge marcher dans Paris sera aussi une question de vocabulaire et vous pourrez entendre dans ce lieu paisible les parisiens vous gratifier de « Avance he patate » et toutes ces expressions qui font le charme de l’agglomération parisienne.

Comment Paris va s’en remettre ?

Rassurez-vous nous avons au sommet de l’Etat un président qui ne se laisse pas faire et qui est toujours prompt à défendre la capitale. En déplacement à Disney Land le chef de l’Etat a fait une proposition qui montre que même si il a été le président le plus impopulaire de la Ve il sait incarner la France.

Inviter un américain à Disneyland il fallait y penser. Il devrait aussi inviter son hôte américain à goûter le restaurant gastronomique Mc Donalds. La seule manière pour faire aimer Paris aux américains et de leur donner ce qu’ils ont déjà chez eux. Pour conclure si Paris a changé c’est dans l’histoire qui l’a changé. Il y a 73 ans on disait

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mais depuis avant hier Paris est … trumpisé !