L’art des clips de campagne

Réécoutez ici

Depuis lundi nous sommes rentrés dans la campagne officielle. Les clips de campagne des 11 candidats sont connus. Qu’ont-ils en commun ?

Les clips officiels sont une tradition dans les campagnes présidentielles. Une image vaut 1000 mots et dans une vidéo, il y a 24 images par seconde. Inutile de vous dire combien ces images doivent être léchées. Ces clips ont un cahier des charges ultra précis. Comme en France on aime faire compliqué quand on peut faire simple, le CSA a mis en place 49 articles pour réglementer ces clips. Et après c’est l’Église qui est dogmatique… Pas de drapeau, pas d’hymne nationale, la durée maximale est de 3 minutes 30, c’est à dire une mission impossible pour François Asselineau dont les discours dépassent allègrement les 3h30.
Le candidat du Frexit annonce la couleur en disant :

« Moi je ne joue pas sur les émotions, je m’adresse à votre intelligence pour que vous compreniez les problèmes de la France. »

On peut clairement douter d’une telle affirmation car à l’écoute de sa récitation de la litanie des articles de la constitution, l’émotion est palpable. Cela dit, l’émotion n’est pas la seule arme pour réaliser un bon clip.
Quels sont les ingrédients pour réaliser un bon clip de campagne ?
Tout d’abord, il faut noircir le tableau. Expliquer que la France est dans un état déplorable et que c’est un scandale. Tout va mal et il est temps que ça change.
Deuxièmement, il faut expliquer que les autres candidats disent des absurdités.
C’est là que vient LE MOMENT important. Rappeler qu’on est candidat à l’élection présidentielle, mais attention pas pour flatter un ego, mais pour le pays.
Très important aussi : L’empathie. Dans son clip aux faux airs de United Colors of Benneton, Benoit Hamon dit :

 « Je vous comprends, je comprends vos inquiétudes, le sentiment de n’être pas écouté … »

Ne pas être écouté, il sait ce que c’est l’ancien frondeur, surtout en ce moment avec les sondages.
En parlant de fronde, Jacques Cheminade, s’est pris pour le roi David et a affirmé qu’être un petit candidat était un avantage et que les grands devraient se méfier de lui. Pourquoi ?

 « Car ils verront comment les David peuvent battre les Goliath ».

Tremblez philistins !

Quel est le but de ces clips ?

Pour être visible, pour être audible et dans le cas de Philippe Poutou en parodiant son passage dans l’émission de Laurent Ruquier On est pas couché, son but est manifestement d’être primé au prochain festival Juste Pour Rire.
Enfin il y a Jean-Luc Mélenchon. Finit le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas mais il se positionne comme le candidat de la paix. En revanche, il a assuré que si l’un de ses 4 principaux opposants était élu président, les français allaient cracher du sang. Heureusement qu’il finit par un peu de poésie.

 « Allez viennent les jours heureux et le goût du bonheur »

Qu’il est fleur bleu rouge ce Jean-Luc …

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