Carte Blanche 20/10/2016 #FIAC you very very much

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Aujourd’hui c’est le début de la FIAC, la foire internationale de l’art contemporain. Cette édition va t’elle retenir notre attention ?

Je l’espère beaucoup mais c’est pas gagné. Pourtant ce matin j’aimerais défendre l’art contemporain. Car oui, il est sujet à des moqueries indignes, comme peuvent l’être la syntaxe des footballeurs ou le scooter de François Hollande.
Comme la critique est facile mais l’art délicat, vous n’entendrez pas de ma part des critiques envers ceux qui essayent de rendre plus belle la vie.

Pourtant, on pourrait débattre de la qualité de certaines œuvres, non ?

Ne soyons pas des censeurs décidant de ce qui est beau ou non ! L’autre jour, une journaliste de la rédaction dont je tairai le nom s’est vu censurer en pleine création alors qu’elle voulait montrer la futilité et la fragilité de la vie en ornant le trottoir d’un mégot. Malheureusement, certaines personnes de la maréchaussée n’ont pas été sensibles a son travail et l’ont affublé d’une prune. Ce qui est totalement injuste, puisqu’elle exposait son œuvre gratuitement et entre-nous, ce sont qui eux qui auraient dû la payer pour sa performance. Certes, certaines mettent bien plus a l’épreuve les spectateurs que les artistes, mais de la à abattre le bâton de la censure, je m’insurge !

Finalement, beaucoup disent que l’art contemporain c’est juste une question de spéculation. Vous partagez ce point de vue ?

Je vais plutôt partager avec vous la vision de Jeff Koons. L’artiste, qui a réussi à vendre des ballons colorés pour la modique somme de 16 343 000 €, avait dit que quand il travaille il s’applique à ne pas altérer l’objet « physiquement et psychologiquement ». Attention, ne voyez aucune ironie dans son propos ou dans son œuvre puisque selon lui, “l’ironie cause trop de contemplation”. Voilà le fin mot de l’histoire, l’art est fait pour être acheté et non pour être contemplé. Vous vous rendez compte, un artiste arrivant à entrer dans l’inconscient d’un ballon de baudruche. C’est entre nous assez gonflé.

Comment apprécier l’art contemporain de nos jours ?

En fait pour apprécier l’art contemporain à sa juste valeur, il faut trois attitudes : D’abord ne pas contempler, ensuite entrer dans une analyse psychologique oedipienne et lacanienne d’un objet, et enfin l’acheter. Parce que oui si vous ne l’achetez pas, il n’a plus aucune valeur mais, ce n’est pas parce qu’une oeuvre n’a aucune valeur qu’elle n’a pas de prix.
On ne peut pas en vouloir aux Jeff Koons de ne pas vouloir faire du Van Gogh, Monet, Vermeer, Gauguin ou encore Modigliani, déjà parce qu’ils ont déjà existé, et surtout … parce qu’ils sont tous morts ruinés.

L’art est donc un marché ?

Quand Charles Aznavour dit que les artistes sont les pharmaciens de l’âme, il nous parle d’un temps que les moins de 70 ans ne peuvent pas connaître. Aujourd’hui certains artistes, pas tous bien évidemment, sont les banquiers de la sensibilité. Autre époque. Notre époque. Notre époque où justement on ne contemple plus mais on scanne, on analyse plus mais on engrange. Une époque où plutôt que de sonder l’âme humaine ou la beauté de la nature on préfère spéculer sur des objets sans valeurs, sans saveurs …

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